‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 78 sur 228 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

Doiirt lear Ame ii*e8t point préparée par l*attente; on ne les bit point passer par l'espérance. M"* de Lambert.

— Tonte grande passion D*est qn^nne espérance prolongée.

Fbdchèbes.

— Quelle que soit ridée qu'on a de la verta d'une femme, % D*est certainement que l'espoir qui fait qu'on lui déclare l'imour qu'on a pour elle ; et l'on n'est Jamais malheureux iioaod on espère. Duclos.

— Le seul moyen de rendre l'amour une passion délicieuse, 'Si d'aimer une femme avec de vifs désirs, et d'y joindre une ODgue admiration sans espérance. Rétif de la Bretonne.

— L'amour procède par des élans de l'espérance, et plus ils soQt insensés, plus il y ajoute foL Balzac.

— Il y a quelque chose que j'ai bien admiré de la part de l'admiDistration des omnibus. — il devait être bien ennuyeux pour les conducteurs d'être interpellés tout le long de leur parcoon et d'être obligés de répondre deux cents fois par Jour. » Il 0*7 a plus de place. » Également il était irritant, pour un piélon fatigué ou menacé d'une averse, de courir après une voitue, et de ne savoir qu'il n'y avait pas de place qu'après un steeple-chase de sept ou huit minutes. Aujourd'hui , un grand écriteau relevé annonce, en même temps que l'on voit la voiture, qu'il n*y a pas à espérer d*y trouver une place. Con^pîet ! —On ne caresse pas une espérance décevante, on ne court pas après un désappointement : d'un même coup d'œil vous voyez qne cette Toiture n'existe pas pour vous... et vous en attendez Qoe autre...

Eh bien, il me semble qu'une honnête femme devrait imiter iei voitures à six sous. Aussitôt qu'un homme semble s'occuper d'elle, au lieu de laisser naître de trompeuses espérances, elle derrait imaginer quelque chose qui correspondrait à l'écriteau ^qjiAdutÀi: Complet. Alphonse Karr.

--En faveur de leurs beautés corporelles, nous excusons dans Itt femmes la^faiblesse de leur esprit ; mais je n'ai jamais vu <pi*eQ faveur de la beauté de notre esprit, une femme ait prêté ^ mtin à un corps d'homme tombant en décadence.

Montaigne.

;- L*esprît de la plupart des femmes sert plus à fortifier leur folieque leur raison. La Rochefoocauld.

— Une femme ne devient guère spirituelle qu'aux dépens de ■• vertu. M** db Lambert.

•— L'esprit ne saurait jouer longtemps le personnage coeur. La Rochefoucauld.

— L'homme le plus simple qui à de la passion perso mieui que le plus éloquent qui n'en a point.

La Rochefoucauld.

— Vous, dont le coeur est facile à séduire, Craignez Tamour quand il a trop d^esprit : Quand un amant pense à ce qu'il veut dire, Bien rarement il pense ce qu'il dit.

— Ne faites point de l'esprit avec ceux qui vous aiment toutes vos facultés, c'est celle d'aimer qu'ils préfèrent.

M"** du Deppant.

— Une dame de mes amies s'était choisi pour amant un je homme qui avait du mérite et de la figure. Mais on n'ao pas longtemps les femmes avec de l'esprit. Un jour donc ell( déclara nettement qu'il pouvait se retirer : — Je n'aime ajouta-t-elle, les gens qui parlent trop. M"* de Rirux.

— Très ordinairement, dans ces sortes de choses, Ceux qui parlent beaucoup savent prouver très peu.

Alfred de Musset.

— La beauté de l'esprit donne de l'admiration, celle de V donne de l'estime, et celle du corps de Tamour. L'estin l'admiration sont assez tranquilles, il n'y a que l'amour qui impétueux. Je ne sais si l'esprit cause des passions, ma sais bien qu'il met le corps en état d'en faire naître sai secours de la beauté. Il lui donne l'agrément qui lui manq £t ce qui en est une preuve, c'est qu'il faut que le corps so la partie, et fournisse toujours quelque chose, c'est-à-dire au moins de la jeunesse; car s'il ne s'aide point du tout, prit lui est absolument inutile. Fonteiœlle

•— Il faut être bien dénué d'esprit, si l'amour n'en fait trouver. La Bruyère

— Personne n'a plus d'esprit que les jolies femmes, q elles en ont un peu. Les hommes ne savent plus alors 11 leur de ce qu'elles disent; en les écoutant parler, ils les n dent, et ce qu'elles disent profite de ce qu'ils voient.

Mariyauj

— L'esprit est toujours la dupe du cœur.

La Rochefoucauld

— Il faut plus d'esprit pour faire l'amour que pour con( une armée. Ninon de Lenclo!

< — La beauté ne fait pas toujours naître l'amour, et

D>iciter qa*ane admiration froide ; Vesprit, Joint & ane figure piquante, est toujours sûr de son effet. Dcclos.

— Aimer est un besoin du cœur ; faire Tamour est une occupation de l*esprit. Ghampfort.

—L'esprit ne sert aux femmes qu*à couvrir les faiblesses de leur cœur. La Beauhelle.

— Une femme aime moins son amant pour Tesprit qu'il a, que pour l'esprit qu'on lui trouve ou qu'on lui suppose.

Champfort.

— Dans une belle femme on n'a qu'une belle femme ; dans BBe femme spirituelle, on a plusieurs femmes aimables en une.

La Beaumelle.

— Il est peu de femmes spirituelles qui n'aient une raison tecrète poar préférer un sot à un homme d'esprit. Labouisse.

— Rien au monde ne donne tant d'esprit , même où il n'y <!oa pas naturellement, que l'amour. Zihmermann.

— Il y a, de l'esprit d'une femme à celui d'un homme, la ^érence du rose au rouge. Sainte-Foix.

— On n'a de l'esprit et du courage envers ce qu'on aime (pi*en Taimant moins. Stendhal.

~ Les femmes seraient plus heureuses si elles prenaient de leur esprit tout le soin qu'elles prennent de leur figure.

M"* Cécile Fée.

— Les femmes n'ont jamais tant de ressources dans l'esprit que quand leurs passions sont en jeu. Lévis.

~ Rien n'est plus rare en France qu'une femme tout à fait

sotte. M"* DE GiRARDÎN.

— Sur cent hommes, vous en trouverez deux spirituef^ ; sur centfemiiRs, vous en trouverez une bète. Voilà la proportion.

La même.

— En France, excepté les bas-bleus, toutes les femmes ont defesprit. La même.

— A moins d'une grande passion, prise peu à peu dans la PKfflière Jeunesse, une femme d'esprit n'aime pas longtemps QD homme commun. Stendhal.

— En général, et les femmes le savent bien, un homme qui IMrie d'amour avec esprit est médiocrement amoureux.

• George Sand.

— Le cœur abjure une vaine science, Et quand il parle, il parle toujours bien.

— Souvent un homme d'esprit, en faisant la cour à une Icnmie, n'a fait que la faire penser h l'amour et attendrir son ^. EHe reçoit bien cet homme d'esprit qui lui donne ce

plaisir. Il prend des espérances. Maison beau jour, cette rencontre an fat qui lui fait sentir ce qoe rhomme dN décrit, et dès ce moment celui-ci n'est plus qu'un sot.

STENDHi

— A un homme d'esprit il ne faut qu'une femme d( c'est trop de deux esprits dans une maison. Boni

— La femme la plus niaise, si elle n'est pas amoar< toujours plus d'esprit que l'homme qui l'aime. Stae

— Si l'amour donne de l'esprit aux bétes , c'est san celui qu'il 6te aux gens d'esprit. Alphonse Kai

— En amour, toutes les femmes ont de l'esprit. Une trouve vingt expédients plus courts et mieux imaginés que les autres, dans une circonstance critique ou vingt i n'en trouveraient pas un seul. Balzji

— L'amour donne à la femme l'esprit qui lui manqu dis qu'il fait perdre à l'homme celui qu'il a. Desç

— Une jeune femme se moquait d'un jeune homme i vait su que balbutier des mots inintelligibles en se jeta genoux. — Madame, lui dit un poëte :

Un pauvre amant dit ce qu'il pense, Sans trop penser à ce qu'il dit ; Le désordre est son éloquence :

Quand le cœur parle, adieu l'esprit.

— Un premier amour donne de l'esprit aux fiUet ; 1 homme est moins bète au second. J. Petit-Si

, ESTZm.

— Les femmes et les jeunes gens ne séparent pas I time de leurs goûts. Vautenargii

— L'amour est privé de son plus grand charme quan nèteté l'abandonne ; pour en sentir tout le prix, il fau cœur s'y complaise, et qu'il nous élève en élevant l'objc Otez l'idée de la perfection, vous ôtez l'enthousiasai l'estime, et l'amour n'est plus rien. J.-J. Rou»

~ La femme qui s'estime plus pour les qualités de et de son esprit, que pour sa beauté, est supérieure à s< Celle qui s'estime plus pour sa beauté , que pous son e pour les qualités de son âme, est de son sexe. Mais < s'estime plus pour sa naissance ou pour son rang, que beauté, est hors de son sexe, et au-dessus de son sexe.

Champf

— L'amour ne dépend pas de l'estime, mais, dans 1 occasions, l'estime dépend de l'amour. Duc

— Les hommes n'aimeot pas toujours ce qu*ils estiment; le» femmes au contraire n'estiment que ce qu'elles aiment.

Sanul Dubat.

— La plupart des femmes n*estiment les hommes que par leur force phyéiqne et leur faiblesse morale. Charles Lemeslb.

— Les femmes aiment mieux inspirer de l'amour que de Testime ; peut-être même ont-elles une secrète aversion pour ceux qui n'ont que de Testime pour elles. Beauchênb.

— La passion yeut que tout soit éternel , mais la nature TCQt que tout finisse. DmERor.

— Dans les nouveaux amants rien n'est plus ordinaire Que le vœu solennel d'éternelles amours. Cependant, comme on voit, rien n'est si téméraire

Que cet espoir d'aimer toujours.

Heureux celui dont l'étoile bénigne,

De cette faveur le rend digne !

Quand l'astre en décide autrement.

Il faut s'y soumettre et se taire :

C'est un caprice involontaire.

Qui ne consulte pas les désirs d'un amant.

Saint-Évrehori^:

— Aimer éternellement est une expression poétique h l'usage des tmoureux, mais elle est vraie à l'égard de beaucoup de femmes. Près d'elles un amant remplace l'autre, et l'éternité iQbsiste, puisqu'il n'y a de changement que dans l'objet.

Marivaux.

— L'amour est une fièvre ardente dont l'attribut est de tout changer, et sa folie de se croire éternelle. M"* Cottin.

— Une jeune fille qui n'était plus qu'un ange déchu , exi- Setit de son vainqueur le serment d'un amour éternel. — Je t'aimerai toujours, Fanny, répondit l'amant heureux...; mais, ^moi, ma toute belle, lyouta-t-il après un moment de silence, fuel Jour de la semaine prochaine finira l'éternité? A. R^

— Pourquoi faut-il, disait hier Zulma, Qu'amant heureux devienne amant volage?

Le mien me fuit : l'amour qui l'enflamma S'en est allé, plus léger qu'un nuage.

De son bonheur quand l'ingrat fut certain, A ses regards je cessai d'être belle : U me Jurait une ardeur éternelle...

L'éternité ne dura qu'un matin. Millevotb.

— Nous portons avec nous un ennemi qui nous suit partout: c*est notre cœur. Je parle ici des honnêtes femmes, cai les autres n*en ont point. Et j*eniends par honnêtes femmes, celles qui n*ont point manqué k leurs devoirs; celles qui, séduites par leur propre cœur et par leurs amants , n*ont cédé qu'à la force de Tascendant; qui ont surtout aimé de bonne foi, et qui, mécontentes d*un premier engagement, n'en ont pas Ibrmé un second pour s*étourdir du premier. Car d'ordinaire, les étourdissements mènent loin. 11*^" de Bucx.

— En amour, ce n'est pas la plus jolie qui attire, c'est la plus étourdie. M*"* de Genlis.

— Lorsqu'une femme étourdie cesse tout à coup de Tètre, soyez sûr qu'elle a quelque chose à cacher. LÂténa.

— L*excès de Tamoar peut seul en faire excuser les faiblesses. M"* DE SOMMERT.

— En amour, il ne faut se permettre d'excès qu'avec les gens qu'on veut quitter bientôt. Laclos.

— Lorsqu'on est trop tourmenté par les caprices de IV mour, ou travaille à se détacher, et l'on devient indifférent. Quand on est trop fatigué par les exercices de la galanterie, oo prend le parti de se reposer, et Ton devient sobre. — L'einès fait dégénérer l'amour en jalousie, et la galanterie en libertinage. Dans le premier cas, on est sujet à se troubler la cervelle; dans le jecond, on est en danger de perdre sa santé.

L'abbé Girako.

•— ^ Les hommes sont gouvernés par leurs sens avant de con naître leur cœur ; mais la plupart des femmes ont besoii d'aimer, et seraient rarement séduites par les plaisirs si elle n'étaient entraînées par l'exemple. Dcclos.

— L'exemple nous enlratue plus que les paroles, dit Séné que : Magis movent exempta quam verba; et d'après saint Bec nard, c'est le meilleur des sermons : Sermo vivus et efficck ^xemplum operis est :

— Mère écrevisse un jour à sa fille disait : — Comme tu vas, bon Dieu!... ne peux-tu marcher droit -^Et comme vous allez vous-même I dit la fille;

Pois-Je autremeqt marcher que ne fait ma famille? Veut-OD que J'aille droit quand on y va toriu ?

La Fohtaink.

— Ctttta refert castœ genitricis fUia moreSf Lascivœ ntmquam filia casta fuit.

— Tant qu*on est de sang-froid , ou du moins tant qu'une putioD n*est pas encore parvenue au dernier degré de hardiesse, tout paraît grave : l*espérance de la moindre faveur est HD crime pour celui qui la sollicite; il ne se permet qu'en tremblaot la caresse la plus innocente. D'abord un amant ne demande rien ou si peu de chose, qu'une femme se croit en consdence obligée de lui savoir gré de son désintéressement. Pour obtenir ce rien, cette bagatelle, il proteste de ne jamais exiger davantage; et cependant, tout eu faisant ces protestations, il iTance, il se familiarise, il baise une main... On le souffrirait d'an autre homme pourvu qu'on le vit familièrement; mais eo fin de compte , ce qui avait si peu de conséquence oujourd'bai, rapproché de ce qui fut accordé hier, se trouve très considérable en comparaison de ce qu'on avait obtenu le premier joor> Une femme, rassurée par la sagesse et la discrétion de son aioant, ne voit pas la gradation imperceptible de ses faiblesses. Us petites faveurs qu'il exige lui paraissent si faciles à refuser, <ia'elle compte se trouver la même force quand il osera lui demander davantage. Elle se fie tellement à sa vertu, qu'elle appelle le danger par des agaceries; elle essaie ses forces, et quelquefois même elle veut savoir jusqu'où de petites complaisances pearront la conduire... Imprudentes que nous sommes! C'est ainsi que nous attisons le feu qui doit nous brûler, car, Je i^âi déjà dit, on ne badine pas impunément avec l'amour.

Ninon de Lebclos.

— L'amour veut tout obtenir, et après il désire encore. Vous ne sauriez lui accorder si peu de chose, que bientôt il ne faille lui en accorder davantage ; et d'ordinaire, les amants prennent toujours plus qu'on oe leur doone. Fontenelle.

— Les femmes, comme les princes, exigent de ceux qui les cultivent une extrême reconnaissance pour les moindres faveurs, et un entier oubli des plus mauvais traitements.

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