GOLDONI
— Les amants se haïssent longtemps, lorsqu'ils ont été longtemps sans se dire qu'ils étaient las de s'aimer.
— C'est la coutume des femmes qui ont de la jalousie, de haïr presque également les amiints qui les abandonnent et celles pour qui elles sont abiindonnées. M"' de Scudéri.
•— Une fille qui hait Tamour avant de le connaître est en danger de ne pas le haïr longtemps. Deshahis.
— La haine a ses désirs comme l'amour; ou veut du bien à ce qu'on aime, on souhaite du mal à ce qu'on hait ; et l'on peut haïr parfois ce qu'on a bien aimé. M""' de Rieux.
— Rien ne sert tant auprès des femmes, qu'un début singulier. 11 éveille l'attention, excite Tintéièt, quelquefois pique la vanité. Ce sont de grandes avances prises sur le sentiment qu'on veut inspirer. Une femme est plu» près d'ai-
mer l'homme qu'elle hait, que celui qu'elle voit sans 7 faifs attention. Ghabakoh.
— Le mariage en soi n'est rien
C'est l'époux, non l'hymen, qui plaît ou qui déplaît, Quand on hait le mari, le mariage est laid^
— Pour bien haïr quelqu'un, il faut en aimer un autre: toute grande haine sert de contre-poids à un grand amour.
Théophile Gautier.
— Un peu de hardiesse réussit toujours aux amants. En toutes choses, il n'y a que les honteux qui perdent ; et je dirais ma passion à une déesse, moi, si j'en étais amoureux. Molièbe.
— On ne peut dire trop souvent ce qui ne peut jamais être assez bien su : Nunquam nimis dicitur, quod nunquam satis dicitur. , Séxèque.
-^ Une femme est perdue, lorsqu'elle autorise par son silence les premières hardiesses de son amant. Car l'amour est un usurpateur qui aspire toujours à de nouveaux progrès, et qui n'est satisfait que par les conquêtes qui éteignent ses désirs.
Ninon de l'Enclos.
— La plupart des hommes ne deviennent hardis auprès 46s femmes qu'à Tâge où la témérité n'est plus qu'un vice aggraré d'un ridicule. Adolphe Ricard.