XVIII PRÉFACE
pétrie de malice^ de naïveté^ de bravoure et d'insouciance superbe ! — A coup sûr, ces premières oeuvres sont celles qui nous émeuvent le plus profondément , elles sont certes moins mûries au soleil de la réflexion que les cadettes f mais elles saillent tout d^un jet du coeur et de la tête comme us frais bourgeons duveteux qui se hâtent imprudemment de se montrer sur les arbres aux premières tiédeurs des beaux jours de mars,
VdfHe de Cladel chantait alors des hymnes à V amour en s'épanouissant à la vie^ et sous le vaillant forgeron de prose sonore^ sous les brutalités et les emportements du romancier que Vôn connaît, un poète, un doux
rimeur, un fin madrigalier, un sonneur d'amoureux sonnets se dissimula longtemps.
On ne sait guère de lui quun petit chef-d'œuvre : mon Ane. fe veux donner ici deux sonnets inédits que je choisis parmi nombre d^ autres. OycTi; — celui-ci est daté de i8jp:
Nous irons, chère, où tu voudras, Là-bas, au loin, sous les vieux chênes, L'herbe nous servira de draps.
Nous boirons aux sources prochaines.