ACTE DEUXIÈME
MADAME BOIZEL.
Non... c'est le « Rendez-vous des Chauffeurs », ils s'arrêtent tous ici...
CLAUDE
S'ils s'y arrêtent tous de la même façon! Enfin, qu'est-ce que vous avez de chaud ?
MADAME BOIZEL.
Du café froid; je peux le mettre à réchauffer.
CLAUDE
Merci... nous serons repartis dans quelques minutes, (a jeannine.) Vous VOUS séchez un peu?... Ma pauvre chérie! Vous devez être trempée!
JEANNINE
Pas trop!.. J'avais votre manteau, c'est vous qui devez être transpercé '
CLAUDE
Non... J'avais des journaux .. ils ont huit pages, maintenant, c'est commode.. Du reste, nous ne tarderons pas à être en sûreté!
JEANNINE
Ah! que le ciel vous entende!...
CLAUDE
Vous êtes fatiguée, mon aimée?
JEANNINE
Un petit peu!... Après une journée pareille... cet enlèvement, cette fuite à toute vitesse !...
C'était exquis I... nous filions dans un tourbillon de poussière... Ça nous a même un peu sucré la gauffre, comme dit Emile. Vous n'avez pas trop souffert ?
G8 i/amotrette
JEANXINE.
La poussière, ça va encore. Le plus pénible, c'est les mouches qu'on avale... Tout de même, je préfère encore ça à la pluie !... Quelle ondéel.. Ma jolie robe neuve!... Elle est coquette!...
CLAUDE
L'eau, <;a ne tache pas!. . Vous avez des regrets?
JEANNINE, lui prenaDt la main.
Oh ! Pouvez-vous croire ça ! Mon Claude ! .. . Je vous répète ce que je vous disais ce matin à Nesle : « Avec vous les pires épreuves ne n)e font pas peur. » Et puis, c'est l'aventure, le roman! avec tout son imprévu '
CLAUDE
Le voilà bien, le charme de l'imprévu.
JEANNINE
Je ne suis inquiète que pour Soupir, il tremble, et il a le bout du nez tout chaud! C'est mauvais signe !
CLAUDE, indiffèrent.
Ah!
JEANNINE
Quand arriverons-nous ?
Bientôt... Voyons... Nous sommes partis de Nesle à midi et demi... Nou.>^ ne nous sommes pas arrêtés...
JEANNINE
Si... quatre fois... à cause des poules que vous avez écrasées...
CLAUDE
Ça ne compte pas... Nous avons dû faire environ cinq cents kilomètres!