‹ L'amourette; pièce en trois actesChapitre 8 sur 89 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

EMILE, MARTHE, puis CLAUDE.

Nous arrivons de trop bonne heure...

MARTHE

Mais non, je vous assure.

EMILE

Si, Si !... C'est la faute de Claude qui conduisait. Il mène toujours un train d'enfer, nous sommes venus en trois quarts d'heure.

MARTHE

Il conduit bien, M. Liancourt.

EMILE

Il conduit en casse-cou ; ce n'est pas sa voiture, qu'est-ce qu'il risque ?

MARTHE

Son cou.

EMILE

Il risque le mien aussi ; mais rien ne l'arrête, il a un toupet de chien.

MARTHE

Il est très brave !

KMILE.

Je crois bien 1 II n'a rien à perdre ; il va droit devant lui, sans regarder. Avec ça, il a une assurance, on dirait que tout lui appartient; il parle en maître ! Ça >uffit.

14 I/AMOl'RETTE

MARTHE

On l'écoute !

EMILE

Tout le monde l'écoute; tandis que moi... on ne m'écoute guère !

MARTHE

Ça tient peut-être à ce que vous ne parlez pas 1

EMILE

Tiens I Vous avez raison ! C'est vrai I Je suis d'une timidité ridicule. Il n'y a qu'avec vous que j'ose parler.

MARTHE

Moi... je compte si peu!

EMILE

Justement!... Ohl pardon!...

MARTHE

Allez! Allez! Ne vous gênez pas!...

EMILE

Tandis que Claude 1... Il ne se laisse jamais déconcerter I... (Un temps.) Je crois qu'on l'apprécie beaucoup ici?

MARTHE

lieu ! Couci-Couça !

EMILE, anxieux.

Pourtant il m'avait semblé que mademoiselle votre sœur l'écoutait volontiers.

MARTHE

Il a tant de charme!...

EMILE

Il a du bagout! Naturellement, les femmes s'y

Page 1