‹ L'an mille; drame en cinq actes, en versChapitre 44 sur 58 · LE COMTE DE RINGELHEIM · texte numérisé non relu

LE COMTE DE RINGELHEIM

Moi, Gondicar, comte de Ringelheim, A Nor, dit le Danois, sire de Thanesheim, J'apporte et laisse, avec le sceau qui l'accompagne, Ce mandement d'Othon, empereur d'Allemagne :

{Sensation . — Lisant. ) ^^

{( Ordonnons au dit Nor, par rescrit souverain, » De fléchir le genou devant son suzerain ; )) A défaut de ce faire endéans la semaine, )) Envoyons nos soudards ravager son domaine, » Démanteler sa tour et piller son trésor, )) Mettons au ban du Saint-Empire le dit Nor |J|

)) Et, faisant publier par nos hérauts la taxe, )) Sur sa tête octroyons cinq. cents livres de Saxe. » (// dépose le parchemin sur la table.— Toutes les

têtes se rapprochent et se penchent, examinant

le sceau.)

SWENO, furieux.

C'est l'aigle impériale.

LE SIRE DE REMICH. consterné.

Oui, c'est bien l'écusson.

LE SIRE DE BIEDBOURG Hum!

WINFRID Ce l'est.

L'AN MILLE l6l

SWENO, avec rage.

De quoi vient se mêler le Saxon?

{A Winfrid.) Croyez-vous qu'il...

WINFRID Le ton du rescrit est sévère.

LE SIRE DE DIEKIRCH C'est à couper la soif aux gens !

LE SIRE DE GREVENMACHEREN, blême.

Mauvaise affaire !

SWENO Et si nous résistions?...

WINFRID

Ah non ! ce serait fou !

LE SIRE DE REMICH Est-ce après tout si dur de plier le genou?

LE SIRE DE GREVENMACHEREN La paix !

l62 L'AN MILLE

FREGUS, au sire de Remich. Et le serment que l'on prête?

LE SIRE DE REMICH, bas.

On s'empresse De l'enfreindre, et l'on fait célébrer une messe.

LE SIRE DE BIEDBOURG La paix !

VOIX DIVERSES La paix !

SWENO Puisqu'il le faut, hélas !

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