‹ L'analyse psycho-sensorielle et ses applications a l'education integrale. --Chapitre 66 sur 83 · AU COURS (OU A LA SECTION) PREPARATOIRE (6 A 7 ANS · texte numérisé non relu

AU COURS (OU A LA SECTION) PREPARATOIRE (6 A 7 ANS

Le comportement masculin devient irrégulier selon les tests. En négligeant les résultats négatifs du second pour les raisons déjà données, la seule constante positive est fournie par le percept numérique. Celui-ci, faiblement amélioré par la vision dans le troisième test, avait gagné, par elle, 80 % environ au premier.

Le comportement féminin gagne, par contre, en régularité. L'appoint visuel est franchement positif dans les trois tests, pour la forme, le nombre et le relief. Une contradiction subsiste pour les dimensions et rapports qui sont aussi bien palpés que vus dans le premier test, alors qu'ils sont mieux perçus par l'œil dans le troisième. Bien que moins compliqué, le troisième objet a provoqué, semble-t-il, plus de synergies

1. Nous considérons, en effet, que la première notion des dimensions et rapports, est perceptive et non conceptuelle. L'enfant voit directement, non seulement ce qui est grand ou petit, long ou court, mais aussi ce qui l'est plus ou moins, par rapprochement et confrontation d'images, ainsi que Rasmussen l'a constaté.

Aussi, tout en admettant, avec Wundt, que la notion d'espace est due à une synergie où le tout joue un grand rôle, croyons-nous inutile son explication, d'essence métaphysique, de la « synthèse psychique ». (II, 30.)

psychiques que le premier, faute d'intervention possible d'images acquises (clichés ou gabarits).

A cet âge se manifeste une égalité de comportement avec ou sans vision pour les deux sexes quant aux nombres de particularités perçues. Cette unique constante intersexueîle mérite d'être retenue par la pédagogie psychogénique pour l'enseignement éducatif du calcul. Il s'agit, encore une fois, uniquement de nombres faibles, aisément visibles ou concrets.

3° Au COURS ÉLÉMENTAIRE (7 A 9 ANS)

Nou8 ne pouvons plus désormais nous appuyer que sur deux tests : le premier et le troisième, — puisque le second a été réservé aux enfants de moins de 7 ans, — afin de fournir un recoupement partiel pour le début de l'âge scolaire. Mais ces deux tests principaux semblent suffire à légitimer de prudentes hypothèses, toujours provisoires, comme toute science d'ailleurs.

Négative en général pour le comportement masculin, dans le premier test, la même influence synergique visuelle est cependant nettement favorable (60 % environ) toujours pour la reproduction des dimensions et rapports. C'est d'autant plus remarquable que, dans la même modalité d'activité perceptive, au troisième test, un maximum d'influence visuelle se révèle à cet âge. Il convient de ne retenir que ceci et d'avouer humblement notre impuissance actuelle à expliquer les variations de la même synergie, trois fois négative dans le premier test pour : la forme, la quantité, la stéréognornie; trois fois positive, au contraire, dans le troisième test, pour les mêmes modalités perceptives. Encore voit-on ici un maximum d'influence visuelle sur le percept quantitatif. On constate, une fois de plus, l'importance capitale du choix de l'objet à observer et reproduire.

Le rapprochement du comportement féminin du même âge aidera-t-il à élucider cette énigme? Ici les constantes sont nombreuses. Qu'il s'agisse de la forme, des dimensions et rapports ou du nombre de particularités, c'est positivement qu'agit

l'appoint visuel. Son intensité favorable varie de test à test. Mais le maximum synergique, pour le percept du nombre, semble devoir être retenu, avec la constante intersexuelle relative à celui des dimensions et rapports.

k° Au COURS MOYEN (9 A 12 ANS)

Le comportement masculin est conditionné favorablement, quoique faiblement parfois, pour tous les percepts, par la vision. Celle-ci agit surtout maintenant dans la stéréognomie (premier test). La perception des formes, ainsi que la stéréognomie restent, au contraire, insensibles à cette influence dans le troisième test. Encore une énigme à scruter par le rapprochement des résultats chez les filles.

Le comportement féminin confirme l'éclipsé de l'influence visuelle pour le percept formel, du moins dans le troisième test. Il accuse, par contre, cette influence dans les deux tests, pour les dimensions et rapports, ainsi que le nombre. Quant à la stéréognomie, positivement influencée d'abord, elle Test négativement après. En présence d'un négatif, d'un zéro et de deux résultats positifs, un pour chaque sexe, on ne peut que souhaiter une autre expérience, sur des bases nouvelles. II semble cependant que cet âge marque un perfectionnement conscient, par apport visuel, d'une première perceptivité stéréognomique d'origine subconsciente : KD. Ainsi L'évolution ontogénique se ferait-elle partiellement, fragmentairement. degrés complémentaires, à des époques bien marquées.

Si l'on jette un regard d'ensemble sur ce qui vient d'être relevé, on vérifie, en effet, tout ce que l'enfant a su acquérir subconsciemment et par la synergie KD, avant son arrivée à l'école. Il perçoit intuitivement par syncrétisme global, mais très imparfait, les caractères essentiels des objets. La dactylésie existe déjà partiellement dès qu'il entre à l'école maternelle. Là, on fait intervenir la vue, en synergie constamment provoquée. Celle-ci agit d'abord sur le percept des dimensions et rapports, puis sur le percept du nombre. Après 7 ans, elle affirme le percept de la forme, qui redevient rapidement sub-

conscient et complète celui du nombre. Enfin, de 9 à 12 ans, se perfectionne, peut-être, grâce à elle, la stéréognomie. Nous ne sommes pas tout à fait de l'avis de Wundt (op. cit. II, 181) qui, après avoir étudié le stéréoscope, croit que « deux yeux au repos apprécient immédiatement le degré de profondeur des points ». C'est évident pour l'adulte. Mais est-ce exact pour l'enfant? Nous persistons à considérer le sens du relief comme un effet de l'activité synergique VKD. D'ailleurs, Wundt ne néglige point K dans le mouvement d'adaptation binoculaire. Ne prépare-i-il pas notre explication analytique lorsqu'il écrit (i84) : « Les sensations rétiniennes se fusionnent avec les sensations tactiles et de mouvement, et constituent alors des complexus inséparables. »

Sous l'aspect ontogénique, il est permis de concevoir un premier âge dactylésique préscolaire qui disparaît dès 6 ans pour les garçons, mais subsiste jusqu'à 7 ans pour les filles. Celles-ci deviennent ensuite régulièrement et définitivement visuelles jusqu'à l'adolescence, tandis que les garçons accusent un ralentissement (7 ans), puis un arrêt net (9 ans) dans la même évolution de la synergie visuelle, et au bénéfice de la dactylésie. Ceci suffirait à justifier la distinction et l'étude de cette activité physio-psychique spécifiquement humaine, dans une psychogénie scolaire.

L'optimum général est bien au cours préparatoire Dour les deux sexes. Les irrégularités de la courbe féminine, dans le test dactylésique, ont été corrigées grâce à l'influence de la vision, toujours prédominante chez les filles.

Ce recoupement montre fort bien l'époque de la formation complète de la synergie VD. C'est une frontière psychogénique intéressante qui marque le seuil de la période d'aptitude à la perception globale et consciente des figures, dimensions et, partant, des premiers rapports numériques. Mais cette synergie, encore incomplète, borne la perception puérile au cercle étroit de l'investigation dactylésique ou manuelle. Cette investigation gagne en puissance et profondeur grâce au nouveau facteur kinesthésique, essentiellement dynamique par sa nature même. La synergie nouvelle, maintenant triple (VDK) permet la perception complète du monde sensible des peintres, des sculpteurs et des géomètres. D'après ce que nous avons dit de la stéréognomie qui la révèle, elle paraît formée

vers 9 ans. N'oublions pas que, chez l'écolier normal, presque toujours, une autre activité synergique : l'audition, avec son réflexe naturel : la parole, vient s'y ajouter afin de permettre l'influence accélératrice de l'éducation qui fait bénéficier l'enfant de l'expérience des milieux successifs. Elle permet aussi un premier schématisme conceptuel indispensable.

Mais, pour revenir à l'étude spéciale du moment, les premiers percepts humains, qui serviront de socle aux connaissances scolaires, se révèlent nettement dactylésiques et kinesthésiques. Après eux, et sur eux, viennent se greffer, pour ainsi dire, en synergie de plus en plus complète et puissante, les percepts visuels. Ainsi, dans le cycle primitif, dont le foyer serait le dynamisme cénesthésique essentiel, ces premiers percepts, de leurs points discontinus, esquissent les premières notions isolées que les concepts associent et ordonnent dans ce premier cadre spatial que la dactylésie aide tant à acquérir. Nous revenons, en partie, à la théorie de Bain, que Wundt critique mais accepte, dans son principe essentiel, après les observations de Wardrop surtout1.

Dans la grotte préhistorique de Gargas, au seuil des montagnes du Gomminges, des mains, encadrées de points, sont gravées, depuis des milliers d'années, parmi des dessins d'animaux disparus. C'est en les observant, certain jour, que nous avons cru voir là le signe ancestral et mystérieux de « l'Homo sapiens ».

Afin de compléter les analyses antérieures des phénomènes attentionnels, on avait chronométré assez exactement, grâce à deux observateurs bien entendus au préalable, la durée des temps d'observation et d'exécution d'objets dans les trois tests précédents. Ces temps sont relevés dans le tableau suivant (n° 53) :

1. Wundt (II, 201) conclut, par des pages critiques très documentées et serrées, son 13me chapitre par cette phrase typique : « Ces observations sont des pièces justificatives instructives qui témoignent que les perceptions visuelles se sont perfectionnées, d'une façon relativement lente, sous l'influence des impressions extérieures. » Il entend par là le sens tactile, bien entendu.

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