‹ L'anatomie philosophique et ses divisions, précédée d'un essai de classification méthodique des sciences anatomiques (volume 2)Chapitre 16 sur 46 · Homologie générale sériaire · texte numérisé non relu

Homologie générale sériaire

B. Répétitions homologiques.

transcendante s^^ront étudiées dans le § suivant).

^ 3 . - LES DIVISIONS DE l’aNATO.MIE PHILOSOPHIQUE

Le but de celui qui selivTeà l’étude de ranatoiuie philosophique est de déterminer des lois générales.

Or, ces lois, où peut-il les trouver ?

Partout si nous admettons la théorie de l’unité de plan.

La loi générale se trouvera aussi bien dans un organe dont le tupc abstrait servira de base analogique.

Que dans une cellule dont la loi de constitution et d’évolution généralisée par l’analogie,- pourra servir de point de départ.

Que dans un organisme considéré comme l’expression synthétique d’une loi d’organisation, etc., etc.

Aussi que de points de vue difl'érentç d’après les divers auteurs et les diverses écoles ! Que de moyens divers employés pour atteindre un même but.

Les uns vont tirer la loi générale uniquement des faits par induction analogique.— Le faitest tout, l’idée n’est que son esclave.

Ce sont là des anatomistes faisant de la philosophie et ils dépasseront rarement l’étude de l’homotopie.

Les autres, à l’inverse, ne considèrent les faits que comme une quantité négligeable, la détermination a priori a, pour eux, seulement quelque valeur. L’idée domine despotiquement les faits que l’école adverse les accusera d’inventer quand ils font défaut.

, Ce sont là des Philosophes faisant de l’anatomie. Ils font de l’anatomie aujourd’hui comme ils feront de la physiologie demain et comme ils ont fait de la Théogonie hier ; ce sont des Philosophes justiciables des écoles de lettres et que les médecins sont généralement assez étonnés de trouver mêlés à leurs études.

C’est pour avor voulu oublier que ces considérations ne formaient qu’une section de l’anatomie philosophique (l’analogie transcendante) qu’on en est arrivé à confondre les prudentes déductions de Sappey comparant les membres thoraciques et abdominaux avec les philosophiques abstractions d’Oken cherchant dans les os la représentation du règne minéral.

Anatomistes faisant de la philosophie (nous devrions dire de l’homologie) el philosophes faisant de l’anatomie, tels sont les auteurs que aous trouverons aux deux pôles de l’anatomie philosophique. L’école française se rattache généralement à la première classe et l’école allemande à la seconde ainsi que l’a fort loien déterminé M. Lereboullet (1).

« Nous pouvons dire que l’école française se caractérise par « un esprit poâtif et logique. Quelles que soient la spéculation « auxquelles ele pourra se livrer, ces spéculations, ces théories «auront toujoirsles « faits pourpoint de départ; l’observation, « seule, peut « lui donner droit de cité dans la science (Isid. Geol- « froy Saint-Hiaire).

« L’École allemande, au contraire, est toute d’imagination, « et, par suite, presque toujours arbitraire ; aussi n’a-t-elle « trouvé en Fraice aucun écho. »

Entre ces deix pôles extrêmes, il y a place pour toute une série de chercheurs et à la première classe répond l’homologie spéciale, la seconde à l’analogie transcendante, il nous suffira de nous reporter au talleau précédent pour voir que la classe intermédiaire se trouve naturellement classée dans les recherches portant sur l’homdogie générale et les répétitions homologiques. C’est ici que prendront place tous les partisans de la théorie des vertèbres céphaliques et des vertèbres du bassin ainsi que les défenseurs des membres céphaliques.

(I) Art. Anatomie philosophique du D''® Decharabre p.!r52.

Nous avons donc obtenu jusqu’à présent les divisions suivantes :

Le fait domine l’idée

1 “ Anatomistes faisant de la ( Homologie spéciale et ho-

philosophie (École française) | motypie.

L’idée domine le fait

2° Philosophes faisant de l’anatomie i .

(École allemande). ( .4nalogietranscendante

Le fait égale Vidée ou Vidée égale le fait

3" Chercheurs se rattachant à une classe ) Homologie généintermédiaire entre ces deux extrêmes. \ répétitions

) homologiques.

Il nous faut maintenant entrer dans le détail de la question. Lorsqu’on jette un coup d’œil sur les définitions proposées par divers auteurs pour VAnatomie philosophique on constate combien il semble diflicile de distinguer cette science d’avec Fanàtomie comparée ou môme d’avec la physiologie générale.

Ainsi MM. Beaunis et Bouchard disent ; « L’anatomie philosophique est plutôt une branche de la physiologie générale » (1).

M. Manouvrier (Anatomie de Paul Poirier) dit « L’anatomie philosophique n'est autre chose qu’une partie de l’anatomie comparée ou comparative comprenant les recherches et les données qui ont le plus d’étendue et de portée. »

A quoi tiennent donc toutes ces confusions.

X ce fait que Vanatomie philosophique constitue surtout une science d’application ayant comme préface presque indispensable l’étude d’une des sciences anatomiques de détail. C’est la syn-

(l) Heauniset Bouchard. Traité d’anatomie.

thèse successive des diverses analyses analoiniques et là gît le iweud de la difficulté.

C’est ainsi que l’étude de l’hoinologie spéciale et de l’iiomotypie doit avoir pour [iréface l’étude de Vanalomie comparée.

L’homologie peut être considérée en effet comme ne « comprenant que les recherches et les données qui ont le plus d’étendue et de portée » dans l’anatomie comparative, pour expliquer, s’il le faut, la définition de M. Manouvrier.

De môme l’étude de l’homologie générale doit être, pour devenir fructueuse, précédée de l’étude de Vanalomie du développement et les deux extraits suivants de l’excellent ouvrage de Lancereaux (l’anatomie pathologique), suffiront pour bien expliquer la nécessité de cette considération.

« La structure des organes est généralement peu compliquée. Les uns.comme le corps vitré,ne sont composés que d’un seul tissu ; les autres, formés sur un modèle commun, renferment un tissu propre, en quelque sorte spécifique, et un appareil vaso-nutritif consistant en une charpente conjonctive des vaisseaux et des nerfs. Cette composition de la plupart des viscères est importante à connaître, car, en nous montrant des éléments communs dans des organes distincts, elle nous permet de comprendre comment ces organes sont susceptibles, sous l’influence d’iine môme cause, de subir des lésions identiques. »

« Le groupement régulier et la métamorphose des cellules constituent les tissus et ceux-ci, suivant qu’ils proviennent du feuillet moyen ou des deux autres feuillets, se divisent en deux grands groupes : lestissus végétatifs elles tissus animaux, destinés, les premiers aux fonctions de la vie de nutrition ou végétative, les seconds aux fonctions de la vie sensorielle ou animale (f ). »

(1) Lancereaux. Anat. path., p..54. 1" vol.

Atiatomie philosophique et anatomie comparée

11 ne faut donc jamais confondre l’anatomie philosophique et l’anatomie comparée et tous les auteurs compétents ont insisté sur l’importance de cette distinction. Témoins les extraits suivants ;

L’Anatomie philosophique est donc :

Uélude de toutes les questions générales que peut soulever la comparaison des diverses parties du corps, soit de l'homme, soit de l'animal.

L’anatomie comparée s’affirme exclusivement sur les faits,dont la vérification est possible ; l’anatomie philosophique s’appuie à la fois sur les faits et sur le raisonnement: l’une est l’analyse : l’autre la synthèse ; la première établit les faits ; la seconde les compare, montre les rapports qu’ils peuvent avoir entre eux et cherche à déduire de ces rapports les lois générales de l’organisation.

LEREBOULLET

L’anatomie philosophique, qu’on pourrait peut-être mieux définir par la dénomination d’aiiatomie transcendante... généralise tout, s’élève des faits aux abstractions c’est-à-dire du posteriori au priori et descend de celui-ci à celui-là.

D. BlAIN VILLE

1“ L’anatomie philosophique est l’étude comparative chez un

animal de certaines classes d’organes envisagées comme appartenant au même type fondamental.

2° Elle s’occupe principalement des organes osseux qui constituent le squelette et s’applique à démontrer leur similitude d’ori- «lAE souvent marquées par la différence de leur fonction.

3° C’est en même temps l’étude de la charpente, du plan général de l’individu. L’anatomie comparée étudie les différences; l’anatomie philosophique les ressemblances.

4" La première est une analyse, la seconde une synthèse.

Cablier

L'anatomie philosophique Thèse de Paris.

Avant donc d’aborder le détail des divisions de l'anatomie philo, sophique nous insistons encore sur ce point que cette science étant surtout une science synthétique doit être précédée de l’étude des sciences analytiques et que la recherche des homologies spéciales doit être précédée de la connaissance de l’anatomie comparée qui est, en quelque sorte, la philosophie de l’anatomie descriptive, de même que la recherche des homologies générales doit être précédée de la connaissance de l’anatomie du développement qui est en quelque sorte la philosophie de l’anatomie cellulaire ou histologie.

Et nous irons plus loin.

L’analogie transcendante, chère à l’école allemande, touche de si loin à l’anatomie proprement dite que c’est l’étude de la philosophie de la nature (déterminée par Schelling) qui doit servir de préface à la recherche de ces analogies.

Avant d’aller plus loin résumons ce que nous avons dit :

Préface A l’étude des homologies spéciales : L'anatomie comparée.

Préface a e’étudedes homologies générales ; L'anatomie du développement.

Préface a l’étude de l’analogie transcendante : La phiiosophie de la Nature.

Les deux distinctions d’anatomistes faisant de la philosophie et de philosophes faisant de l’anatomie se trouvent confirmées encore par ces nouvelles constatations.

Nous venons d’apercevoir les rapports intimes qui unissent l’anatomie philosophique aux autres sciences anatomiques. Souvenons-nous que nous avons adopté pour la classification de ces sciences l’étude successive.

1“ De l'état des organes ou des cellules ou description.

2® De l'assemblage des organes ou des cellules ou topographie.

3“ De révolution des organes ondes cellules ou développement.

Divisions générales de l'anatomie philosophique

Nous appellerons descriptive la partie de l’anatomie philosophique correspondant à l’étude analogique de l’état des organes, c’est-à-dire des homologies spéciales.

Nous appellerons comparative ou sériaire la partie de l’anatomie philosophique correspondant à l’étude des lois d’assemblage et de transformation des organes, c’est-à diredes homologies générales.

Enfin nous appellerons transcendante la partie de l’anatomie philosophique s’occupant principalement des analogies générales.

. . ( Descriptive (homol. spéciale).

Anatomie \ /u i ^ i ^

,{ Comparative (homol. generale),

P 1 osop ique l(analogies pures).

Telles sont les divisions générales de la science qui nous intéresse.

DE l'.^natomie philosophique descriptive

Cette section ayant comme préface l’étude de l’anatomie comparée comprendra les travaux des anatomistes faisant de la philosophie et renfermera les recherches dans lesquelles/e/rtii domine Vidée.

Nous la subdiviserons de la manière suivante :

Préface : L’Ami, comparée

Page 1