‹ L'anatomie philosophique et ses divisions, précédée d'un essai de classification méthodique des sciences anatomiques (volume 2)Chapitre 32 sur 46 · LA MATHESE DE JEAN MALFATTI DE MONTEREGGIO · texte numérisé non relu

LA MATHESE DE JEAN MALFATTI DE MONTEREGGIO

.)ean Malfatti de Montereggio n’est cité dans aucune bibliograpbie spéciale et cependant c’est à notre avis un des plus illustres

(1) Foy. Papus. Le Kabbale p. 18.

disciples d’Oken et un des représensants les plus curieux de l’école des philosophes de la nature.

Son ouvrage lui a demandé 36 ans de travail, dit-il, et a été successivement réduit aux seuls éléments synthétiques de la doctrine. Tout est étrange dans ce livre, depuis le titre jusqu’aux plus ultimes déductions. Aussi allons-nous en analyser de notre mieux les éléments principaux, tout en prévenant que l’analyse d’un ouvrage aussi teinté de métaphysique doit forcément être des plus imparfaites.

Voici d’abord le titre complet de la traduction française ;

ÉTÜDES sur la MATHESE OU ANARCHIE ET HIÉRARCHIE f/c Itt SCIENCE,

avec une application spéciale à la médecine du D‘ Jean Malfatti DE Montereggio, traduitcs par Clirestien Oslro7rski

Scienüa viUe, in vita scienliæ.

Paris, librairie A. f’ranck, 69, rue Richelieu 1849 —in-8" de 160 p., avec deux planches hors texte compreant 11 ligures.

L’ouvrage comprend cinq « Etudes ».

La première étude intitulée : La Ma,thèse (mathesis-disciplina scientiæ) comme hiérof/hiphc ou symbolique de la vie triple de V Univers, ou l’organon mystique des anciens Indiens, a pour but dq retrouver l’identité entre la mathématique et la métaphysique, dont la séparation a, d’après l'auteur, détruit l’âme môme de toute science. La mathèse est donc la synthèse absolue dans laquelle viennent se fondre et s’identilier les deux principes opposés, représentés en science par la mathématique et la métaphysique. C’était cette union, nous dit Malfatti, (pii faisait la grandeur de la science secrète des anciens Égyptiens.

« Le point de vue hiérarchique de la mathèse originelle jeta « les anciens peuples dans un tel étonnement qu’au rapport de » Socrateetde Platon, ils n’admettaient pas que cette science uni-

verselle fût d’invention humaine ; ils la regardaient comme étant « au-dessus de la portée de leur intelligence, et l’attribuaient à « quelque divinité qui la transmettait aux hommes. Les Egyp- <' tiens, par exemple, la faisaient descendre de Theut ou de « i/emè.s'l’Égytien ».

« Mais dans le cours de l’histoire de l’univers, c’est-à-dire dans 1 histoire de l’esprit humain, qu’est-il advenu de ce point de vue originel dé la science ? — A-t-il longtemps encore gardé sa haute signification ?

Nullement. — Du moment où le mauvais génie de la division et du démembrement de la science se fut emparé de lui il a été à jamais perdu. LaMathèse, brisée dans ses éléments substantiels, c’est-à-dire dédoublée en métaphysique et en mathématique, perdit alors le milieu vivant de l’imité sacrée.

Dans la première de ces sciences (^métaphysique), son esprit, privé de tout point d’appui, s’absorba dans des formes logiques purement idéales, et, dans la dernière (mathématique), elle ne laissa après elle (comme son mage corporelle) qu’un muet hiéroglyphe et des chiffres symboliques incompris, qui n’ont conservé qu’une pure signification quantitative. De là par cette désastreuse division de l’idéalisme et du réalisme qui, comme des éléments l’un a l’autre contraires, cherchent encore auourd’hui leur milieu, la mathèse cessa d’être la science universelle de la vie (1).

Nous avons tenu à donner ces deux extraits pour bien montrer que c’est à un philosophe que nous avons à faire, ce qui justifie notre classification.

Toute la suite de cette première étude est consacrée à l’analyse des nombres, conçus et symbolisés, comme des principes créateurs par les philosophes de l’Inde. Nous' ne nous attarderons donc pas sur ce sujet— (p. 5 à 54).

( Ij Op.-cit. P 6.

La deuxième élude (p. 54 à 74 . est intitulée Seulemenl dans les procès — pas dans le Produit.

Procès est ici pris dans le sens de processus ou de principe — C’est la pliilosophie de la Médecine plus encore que la Philosophie de l’anatomie que l’auteur expose dans son style al)strait et si bizarre Témoin l’extrait suivant ;

« Comment se fait-il qu’au milieu de ces progrès im])ortants « de la pensée humaine, la médecine doive encourir le reproche « d’être restée de beaucoup en « arrière de ces découvertes ?

« A mon sens c’est seulement parce qu’on a étudié la vie de « l’homme dans la nature et la vie de la nature dans l’homme il dans son produit au lieu de la chercher dans son procès ; et cela « en soi comme hors de soi, dans la pensée aussi bien (jue dans « le corps, dans l’état sain comme dans l’étal malade.

« Une poursuite rigoureuse de notre grand principe, aussi dé- « terminé que décisif, pouvait cependant mettre des bornes à la « tendance de plus en plus funeste de « rechercher le feu dans « la cendre, le volcan dans la lave, l’homme dans le cadavre, « et nous mettre à même de ramener la diversité des procès à « V uni-triple « procès de la vie du monde et de reconnaître les « lois des premiers dans la loi originelle du second ».

La grande loi de Malfatli vient ici d’être exposée par lui sous le nom de uni-triple procès de la vie dans le monde.

Tout se réduit en eflet pour le philosophe viennois à une Trinité entérinée dans une Unité qui synthétise tout le système. Trois points enfermés dans un cercle indiqueraient approximativement cette idée que nous retrouverons sous des formes très diverses dans le cours de l’ouvrage.

Cette seconde étude comprend les paragraphes suivants.

Procès et Produit (Cause et Eflet;

Piocès du feu

Procès de la Vie en général

Procès individuel de la Vie Double procès de la Procréation Procès de la Fermentation

Procès de Forage (où l’auteur compare l’enlantement d’une {ensée à celle d’un être physicpie)

Conclusion.

Les membranes d’enveloppe de Vœiif

Le résultat le plus important de cette science (l’Embryologie) [)our notre recherche c’est que dans lé développement de Famnios l’on aperçoit d’abord son enveloppe triple, et comme le dit avec raison l’éminent Carus, nous y voyons dans une res/cw/e à trois membranes un œuf comme première forme de la vie.

C’est encore que la disparition successive des trois vésicules situées hors du fœtus savoir :

Celle de Purkinge.

L’ombilicale.

L’allantoïde.

a lieu dans le même ordre que le développement des trois enveloppes intérieures et cavités du fœtus, d’éveloppement pendant lequel la formation extérieure du placenta, du cordon ombilical et de l’enveloppe ovulaire augmente progressivement.

Dans le premier cas la vie fœtale se porte de préférence sur l’engendrement ou VinvoMion, de même que dans le dernier, vers la naissance extérieure ou révolution.

IHacenta

El d’abord si l’on considère anatomiquement la structure et la

nubsUince du placenta, on leur trouvera des analogies sur[)renantes avec celles du POUMON, du foie, et de la rate.

Si en outre l’on observe attentivement la place fixe qu’occupent ces organes, on verra s’accroître la présoinp tion d’une homogénéité entre eux.

-Mais le point le plus important consiste dans leurs fonctions correspondantes, comme orfianes de Vhématose, comme orijanex de Iransmmion et d'adoption, d'absorption, do. transformation et de répulsion.

Tous implantés en commun sur les limites du segment supérieur de l’enveloppe et de la cavité respectives de leur œuf.

La différence fondamentale qui existe entreeux c’est unit[uement que le placenta demeure toujours à l’état d'organe naissant, tandis que les autres parties intérieures sont des organes réellement nés, accomplis.

Le placenta comme organe est le principal représentant des anastomoses oii la connexion des cotylédons en parenchyme avait été reconnue déjà par Hobocken et par d’autres savants.

L’acte de parturition est le dernier pour l’organe placentaire. Ce qui a précédé la conception succède maintenant à la naissance.

De même que le premier acte de conception a été l’enfantement intérieur féminin pendant lequel l’amnios (comme ingérant, fonctionnant du dehors au dedans) s’est porté de préférence sur le triple embryon.

\)e môme l'enfantement extérieur est au contraire un acte viril (comme évolutionnant, expulsant) et s’exécute particulièrement du côté de l’organe triple plaçentaire.

Ce qui réunit les embryons et les placentas, c'est leur système de circulation au moyen de tubes vasculaires.

Ainsi le cerveau est en rapport avec ses satellites placentaires, les yeux et les oreilles, au moyen de la cii’culation animique des nerfs du sentiment et du mouvement : comme le camr avec les

poumons èt les reins au moyen de la circulation ignée du sang par les artères et les veines ; comme finalement l’abdomen avec le foie et la rate par l’intermédiaire de le circulation plastique des vaisseaux lymphatiques, absorbants et résorbants.

L’architectonique du corps humain est par ce moyen sa conformation organique exprimée, en rapportant à sa décade, comme les nombres symboliques à celle de la mathèse.

Embryons de trois soi’tes.

Organes placentaires de trois sortes.

Systèmes vasculaires de trois sortes.

Tous égaux au trinôme ternaire au cliifïre numérique 9.

Considérations métapliijsifjiies

Dans le nombre 10, comme conclusion de l'unité devenue organique, cette unité procède en partie hors d’elle dans la création, en partie en elle dans la régénération spontanée ; tandis que l’amnios originel qui l’enveloppe dans la eutanéalion (production cutanée) de sa périphérie extérieure et intérieure dans l’ossitication du squelette et dans l’achèvement de la musculation ta conserve et la protège dans l’ellipsoïde corporel.

Aussi dans l’organon de l’architectonique humaine trouve-t-on le premier ternaire.

Comme enveloppe animique, comme cerveau, comme ci-dess.us IIrah.ma (actio).

Le second ternaire.

Comme enveloppe comme cœur, comme Wiscunou avec

son cercle de feu (functio).

Le troisième.

Comme enveloppe corporelle, estomac, de même que plus haut SciiiwA, dans la création et la destruction (factio).

De iiiènie qirà chaque point et à chaque moment de sa vie, le commencement et la Un, la naissance et la mort, le devenir et le finir se reproduisent sans cesse dans le fiwrer; de môme aussi l’individu humain ne cesse point de vivre entre le fœtus et le vieillard. Môme à l’état de virilité et de mobilité où il est. le plus éloigné du fœtus et du vieillard, il procède à la reproduction- du fœtus hors de lui.

Le fluide de ce procès (procès de la vie ignée) se manifeste d’un côté comme fluide nerveux, sani/ et lymphe et le solide ; de l’autre (;ôté comme système cutané, muacles et os; celui-là comme une première et commençante formation,celui-ci comme suprême et complet développement organique.

Les trois fluides susdits ont déjà été aperçus par les anciens dans l’œuf non encore développé, et cela, dans ïalbumen ovi, (|ui correspond à la lymphe, de môme que dans son vitellum analogue du sang, et dans les fluides gazéiformes de l’ovule, image du fluide nerveux.

Dans l’embryovologie devenue aujourd’hui triple, le fœtus correspond à l’œuf abdominal (albumen, lymphe), l’adolescence à l’(cuf thoracique (vitellum, sang) et la virilité à Tœuf cérébral (yaz, fluide nerveux).

A partir de ce dernier âge, où la révolution de la vie commence à faire cesser son évolution, l’embryovologie change aussi, l’homme va par la musculation à l’ossilication ; la coque calcaire de l’œuf subit une métamorphose intérieure prédominante, et le vieillard finit dans la rate, comme le fœtus avait commencé dans le foie.

PHILOSOPIUE ANATOMIQ,UE DE MAI.l'AïTI

La troisième étude est celle qui nous intéresse particulièrement.

- no -

Elle est intitulée ;

■Sur l’architectonique de Vorganiftme humain ou la triple vie clans l’œuf et l’œuf triple dans la vie.

Elle s’étend delà page 74 à la page 116 et comprend les i)aragraphes suivants :

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