Anat. des for
tive.
mes.
voir. Il y a,Vanatomie médicale QiVanatomie chirurgicale Aon{ \‘d fusion constitue l’anatomie médico-chirurgicale. C’est l’anatomie tout entière envisagée au point de vue de ses applications à la médecine, à la chirurgie, à l’hygiène ; en partie la plus spéciale est Vanatomie topographique ou des régions.
Il y a Vanatomie vétérinaire qui est l’anatomie médico-chirurgicale des animaux et plus spécialement des animaux domestiques.
Il y a Vanatomie des formes extérieures ou anatomie de peintres et des sculpteurs. ■
« Traité d'anatomie humaine, publié sous la direction de Paul Poirier. Paris, in-8 1892 t. I. »
Introduction par L. Manouvrier.
Résumé
En somme, si l’on compare entre elles ces diverses énumérations, on s’aperçoit que chaque auteur a suivi son inspiration sans s’attarder à la recherche d’un plan méthodique d’exposition.
L’ordre adopté est dilférent pour chaque auteur,la conception de l’anatomie philosophique diffère également pour beaucoup d’auteurs; enfin il est impossible de distinguer dans ces énumérations les sciences anatomiques principales d’avec leurs divisions secondaires. 11 est donc temps de songer à une classification métliodique.
^ 2 PltlîMIÈRE BASE ü’uNE CLASSIFICATION RAISONNÉE, par le professeur ^liAriiiks duval
C’est au professeur Mathias Duval qu’est due notre connaissance, la première classification raisonnée de sciences anotami-
Lors de sa leçon inaugurale, le professeur Mathias Duval, élevé à cette haute distinction, par l’iinanirnité du corps de's professeurs (1886), posait, avec cette profonde lucidité dont il est coutumier, les divisions fondamentales, à propos de l’anatomie générale.
Nous citerons in extenso les quelques pages suivantes extraites de la leçon du professeur M).
Des diverses dénominations qu’a reçues la science dont nous allons nous occuper, permettez-moi de ne retenir tout d’abord que celle d’anatomie générale ; les autres viendront successivement au fur et à mesure des développements dans lesquels nous allons entrer, et trouveront leur explication par l’indication même des ordres de fait qui ont successivement amené l’enploi de ces dénominations.
Qu’est-ce que Vanatomie générale ? Je ne répondrai pas à cette question par une définition pure et simple. En tout ce qui n’est pas sciences abstraites, il vaut mieux montrer une chose que la définir. 11 vaut donc mieux ici indiquer la série de notions dont l’ensemble constitue l’anatomie générale, [)réciser ses rapports avec les autres branches des sciences anatomiques, marquer ses limites exactes ; ce serait là, en réalité, définir le sujet (délinire), ce qui ne nous enipêchera pas d’énoncer, comme conclusion, cette définition en jjne formule courte et précise.
Au point de leurs études où en sont arrivés ceux qui abordent l’anatomie générale, plusieurs branches des sciences anatomiques leur sont déjà ou commencent à leur être familières. Tous, vous avez pris part aux exercices de dissection et suivi les leçons de. notre éminent maître le professeur Sappey. Là, vous avez appris à connaître les os, les muscles, les viscères, etc., vous vous ôtes familiarisés, le scalpel à la main, avec toute les notions qu’on
(1) L’anatomie générale et son histoire, parM. Mathias Duvat. (Leçon inaugurale, janvier 1880).
acquiert à l’œil nu sur la forme, le volume, la couleur de ces organes, leurs juxta positions, leurs connexions, leurs rapports ;
A. descriptive, en un mot,vous avez fait de Vanatomie descriptive.
Les connaissances ainsi acquises, vous savez qu’au point de vue des explications chirurgicales, il faut les reprendre à nouveau en étudiant une à une les régions du corps, au point de vue de la superposition de plan des aponévroses, des muscles, au point de vue des interstices entre lesquels vous devez apprendre à vous frayer un chemin sûr vers telle artère ou tel nerf profon- A.topogra- (Jément situés. Cette étude constitue Vanatomie typographique et se fait encore à l’œilnu, et simplement avec le scalpel.
Mais, si vous avez ainsi appris à connaître et à désigner de son nom chaque muscle, chaque os, chaque artère, avec sa forme, ses rapports, ses connextions,cependant une notion plus générale a forcément commencé à s’imposer à votre esprit. Quand, sur la table de dissection, vous trouvez un fragment de muscle, d’os, de tendon, vous reconnaissez ce fragment comme ayant appartenu à un muscle, a un os, à un tendon ; vous ne pouvez plus chre : c’est tel muscle, car vous n’avez plus devant les yeux la forme, les insertions, les rapports de ce muscle ; mais vous reconnais.sez unemasse dont l’aspect général, la couleur, la consistance sont ceux de la substance que vous avez vue constituer tous les muscles, lorsque vous les étudiiez dans leur situation et leurs rapports naturels ; de même pour un fragment d’os, de tendon, d’aponé^ rose, de substance nerveuse, etc..
Eh bien, en constatant ainsi qu’une substance semblable forme les organes semblables, et que cette substance est toujours reconnaissable, indépendamment de la forme et du volume (|u’elle peut présenter selon les régions du corps, vous .avez acquis de la manière la plus élémentaire, il est vrai, la notion fondamentale de A. générale. qu’est Vanatomie générale, "laquelle en clfet a pour objet d’étu-
dier les parties similaires, de les comparer ensemble et de leur assigner les caractères qui leur conviennent.
Cette première notion est, je le répète,essentiellement grossière, élémentaire. Mais les besoins môme de l’anatomie descriptive vous forcent à en acquérir de plus délicates et dans le même ordre d’idées. Ainsi, à propos de l’étude de la cavité orbitraire et de ses muscles, vous vous trouvez en présence de membranes dont l’aspect à l’œil nu rappelle assez bien celui des aponévroses qui enveloppent et séparent les muscles dans les autres régions du corps; et cependant on vous enseigne (jue ces prétendues aponévroses sont bien plutôt des meml)ranes musculaires, c’est-à-dire qu’examinées non plus à l’œil nu, mais avec un mici\)SCope, réduites à leurs éléments composants, elles montrent dans leur constitution des libres identiques à celles qu’on trouve, avec lé microscope, dans certains muscles dits muscles lisses.
Les parties similaires sont donc caractérisées non seulement par une couleur, une consistance, un aspect général semblable, mais encore par une c;omposition élémentaire semlvlable, c’est-à-dire par la juxtaposition départies composantes identiques, mais toujours inILniment petites, et bien visibles seulement au microscope. Cette constitution élémentaire devient donc le caractère prédominant auquel vous reconnaissez les parties semblables, et puisque dès lors les notions d’anatomie générale sont acquises à l’aide du microscope, vous cojnprenez que l’anatomie générale puisse avoir reçu le nom d'anatomie microscopique.
En eiïet, alors mèmecpie vous vous trouvez en présence d’un fragment de substance trop petit pour qu’il soit possible de connaître sa couleur, sa consistance, son aspect général, vous pouvez, grâce au microscope, rechercher .si ce fragment est formé de.s. particules que vous avez appris à connaître comme constituant toujours soit les muscles, soit les os, soit les tendons, etc., c’est-à-dire que vous pouvez reconnaître si vous avez alïaire à un fragment d’os, de ten-
don ou de muscle, etc. Bien plus, vous pouvez vous trouver en présence de taches ini|)riniées sur un linge; si ces taches sont plus ou moins colorées en rouge, il vous sera |)Ossible de soupçonner qu’elles ont été produites par du sang ; mais elles peuvent aussi provenir de diverses matières colorantes ; si elles sont incolores, ou à peine jaunâtres, empesant le linge, vous ne sauriez par ces seuls caractères distinguer si elles ont étéproduitespardu sperme, du pus, de la sérosité, du lait, etc. Mais les liquides tels (pie le sang ou le sperme renferment des particules ou éléments anatomiques qui caractérisent chacun d’eux, tout comme la substance des muscles ou des tendons est caractérisée par ses parties composantes ; ces élément^ anatomiques, restés accolés par dessication sur le linge, s’y conservent et peuvent si bien y être reconnus à l’aide du microscope, cpie non seulement vous pourrez affirmer qu’une tache a été produite par du s])erme ou par du sang, mais que vous pourrez encore reconnaître si elle a été produite par du sang humain, du sang d’oiseau, ou du sang de batracien, parce que les éléments anatomiques spéciaux au sang sont diflérents selon les animaux.
Cet exemple vous fait entrevoir combien peuvent être précieuses pour le médecin les notions d’anatomie générale acquises à l’aide du microscope. Mais, revenons à des cas plus en rapport avec les simples études d’anatomie descriptive. Ici, après avoir étudié le squelette, les ligaments qui rattachent ses diverses parties, les muscles qui les meuvent, vous abordez une étude plus délicate, celle des viscères contenus dans les cavités du tronc ; que vous examiniez ainsi l’estomac, le tube intestinal, la vessie ou l’utérus, vous avez d’abord à vous rendre compte de la forme, du volume, des rapports, etc., de ces organes ; ces organes S(înt creux, vous examinez donc leur surface intérieure et extérieure et enfin leurs parois. L’épaisseur relative de ces parois, leur consistance, leur élasticité, leur couleur, etc., fixent successivement votre atten-
— lo¬
tion ; mais bientôt vous vous apercevez (|ue ces parois sont toujours formées de membranes superposées et plus ou moins intimement accolées : ohacime de ces membranes elles-mêmes ditfère quant à la couleur, la consistance, l’aspect général, tels que vous pouvez les étudier en les incisant avec le scalpel, en les décollant avec les pinces et les doigts, et par ces diverses manœuvres, vous arrivez k reconnaître aussi bien sur la vessie que sur l’estomac, la présence d’une membrane interne dite muqueuse, d’une membrane externe dite séreuse, et de couches intermédiaires dont l’une notamment est musculaire. Or, par comparaison, vous reconnaissez des caractères essentiels communs à toute muqueuse, qu’elle appartienne à l’estomac à l’intestin ou à la vessie, de même pour toute séreuse, etc., et l’examen microscopique montre que ces caractères communs correspondent k une composition élémentaire semblable. L’esprit de généralisation, même le plus rudimentaire, vous force k rap[)rocher, dans une étude générale, les diverses muqueuses, les diverses séreuses, les diverses tuniques musculaires, pour les comparer ensemble, et leur assigner des caractères qui conviennent k toutes. De même que l’ensemble des os, des muscles, forme ce que l’anatomie générale appelle le système osseux, le système musculaire, etc, nous nous trouvons ici en présence d’ensemble qui prennent le nom de système muqueux, système séreux, système des muscles viscéraux (ou k libres lisses). Et c’est pourquoi l’anatomie générale, dite anatomie microscopique, prend aussi le nom d'anatomie des systèmes organiques,en désignant sous le nom de système l’ensemble des parties semblables.
Tout ceci est assez simple imur qu’il n’y ait pas lieu d’insister davantage; mais quelques comparaisons nous permettent de pousser plus loin l’indication des ordres de notions que cojuporte l’anatomie générale et de ses rapports avec l’anatomie descriptive, en même temps que de comprendre déjk combien son étude est
importante pour le médecin. Que penseriez-vous d’un ingénieur mécanicien qui aurait étudié toutes les machines d’un atelier, toutes les pièces, tous les engrenages des machines,sans avoir appris à connaître les propriétés des matières diverses qui composent chacune de ces pièces, sans s’être rendu compte de la résistance si différente des roues en acier, des colonnes et charpentes en fonte, des poutres en bois, des courroies de transmission en cuir ? Renseigné sur l’action réciproque que ces parties doivent exercer les unes sur les autres pendant un fonctionnement normal, il ne saurait ni comprendre, ni prévoir, ni prévenir les troubles de fonctionnement, qui sont fatalement liés à l’inégale sensibilité que présente chacune de ces matières j)reniières à l’action de la chaleur, ou de rhumidité, ou de tel autre agent physique, ou chimique,du mécanique. Comparable à cet ingénieur serait le médecin (pii, se contentant des notions fournies par l’anatomie descriptive, serait resté étranger à l’étude de la composition et des propriétés de la subtance môme des organes, en un mot à l’étude des systèmes auxquels appartient chacune des jiarties constituantes d’un organe ou d’un appareil.
Dans un autre ordre d’idées, qui se rapporte à une autre forme de l’industrie humaine, empruntons une comparaison aux vêtements, aux tissus dont l’homme se couvre, et, potir éviter toute trivialité, laissons de côté nos habits modernes, ])Our [lenser aux vêtements des anciens Romains, ou aux enveloppes plus primitives des Egyptiens et môme des hommes préhistoriques ; des uns et des autres nous pouvons connaître la forme et les dimensions, grâce à ce qui nous en est resté sous les cendres de Pompéi, dans Tes tombeaux, dans les ruines et débris des habitations lacustres préhistoriques ; cette étude est comme l’anatomie descriptive du vêtement primitif. Mais ce n’est pas là le point capital de cette étude si digne d’exciter l’intérêt de l’archéologue et de l’anthropologiste. La question palfiitante au point de vue de l’évolution de
l’industrie humaine, c’est de reconnaître la matière dont étaient faits ces vêtements :aprôs l’usage des peaux de bêtes, nous voyons l’homme se fabriquer des enveloppes protectrices en assemblant artiticiellement des subtances textiles empruntées aux animaux ou aux végétaux ; et nous voyons ainsi de grossiers tissus de jonc être successivement remplacés par l’emploi de fines fibres végétales,de brins de laine, de brins de soie, la sul)stancepremière varie et aussi son mode d’assemblage, car à de grossiers et rudes feutrages et entrelacements, succèdent les tissages proprement dits, donnant des tissus fins et souples, dont la trame ne peut être bien reconnue qu’à l’aide de la loupe et du microscope, ces instruments devenant alors indispensables aussi bien pour reconnaître la nature des fils du tissu que pour débrouiller leur mode d’assemblage.
Or, si la détermination de la forme, de la force, de l’étendue de ces vêtements primitifs constitue une étude absolument comparable à celle de l’anatomie descriptive, l’étude de leur tissu,c’està-dire de la nature de leurs éléments et de l’assemblage de ces éléments, est entièrement comparable à celle de l’anatomie générale. En effet, la plupart des parties que nous avons jusqu’ici appelées substances semblables, sont de véritables tissus, et les membranes semblables ({ue nous avons dites membranes muqueuses ou séreuses, sont de véritables étofles organiques, qui s’accolent et se juxtaposent, comme dans nos vêtements, se superposent, par exemple, le drap et la doublure ; comme pour les étoffes de l’industrie humaine, il y a dans ces tissus organiques, à examiner, d’une part, le mode d’agencement, de feutrage, d’enlacement, de tissage, selon lesquels sont disposés ces éléments : l’anatomie générale étudie donc les tissus organiques,c’est pourquoi elle est encore appelée histologie ('îatoç, tissu); et on dit que l’histologie s’occupe de la structure des tissus, c’est-à-dire de la nature des libres ou éléments composants quelconques, et delà texture des tissus, c’est-à-dire du mode d’agencement et de la
proportion relative selon laquelle telles espèces d’éléments anatomiques prennent part à la formation de ses tissus.
La recherche de l’élément anatomique est donc aujourd’hui lebut essentiel de l’anatomie générale ou histologie. Comme recherche scientifique pure, son intérêt n’est pas à démontrer; comme utihté au point de vue de la science médicale, l’intérêt de cette étude est peut-être plus important encore. Quelques mots suffiront pour le démontrer. En pathologie, les notions d’anatomie descriptive suffisent pour comprendre et traiter une fracture osseuse; mais dans les maladies qui atteignent la substance même des os, comment se rendre compte du processus morbide, sans connaître la nature de la substance du tissu dont les éléments anatomiques sont le siège intime du travail morbide, sans avoir étudié en un mot la structure et la texture de l’os, de la moelle osseuse, du périoste? De même, pour faire la ligature d’une artère, l’étude de l’anatomie topographique, donnera les connaissances suffisantes pour trouver le vaisseau, l’isoler et l’étreindre dans une anse de fil; mais les effets mécaniques de la constriction produite par ce fil, qui brise certaines tuniques et amène la soudure des autres, avec oblitération cicatricielle de la lumière du vaisseau, tout cela relève directement des notions fournies par l’étude de la structure et de la texture de ces tuniques, de même pour comprendre les divers processus pathologiques qui atteignent les parois du vaisseau.
D’autre part, les notions expérimentales acquises sur l’action des poisons et des médicaments poursuivent aujourd’hui l’analyse de cette action jusque sur les éléments anatomiques des tissus. Claude Bernard s’est justement attaché à démontrer qu’en disant . que telle substance toxique agit sur l’homme, sur le chien, sur l’oiseau, on- n’exprime ainsi qu’un résultat grossier et extérieur ■ dont on ne peut comprendre la nature qu’en recherchant non seulement quel organe,mais encore et surtout quel
tomique de cet organe est atteint par la substance active. Nous savons,par exemple, aujourd’hui, que telle série de composés chimiques sont des poisons musculaires ; ils n’amènent la mort de l’individu que parce qu’ils tuent ses fibres musculaires et arrêtent ainsi des fonctions essentielles, comme la respiration et la circulation, où la contraction musculaire joue un rôle primordial ; tels autres sont des poisons du système nerveux, et parmi eux on peut même distinguer ceux qui agissent jilus spécialement sur les cellules nerveuses sensibles ou motrices.
Clüssilicalion de M. Ch. Deiuerre
, En 1888 M. Ch. Üebierre également dans une leçon inau¬
gurale (1), reprenait la même étude et, sans connaîresans doute le travail précédent, arrivait, peut-être moins brillamment, aux mêmes conclusions dont détendait encore la portée. Nous donnerons également les parties principales du travail de M. Debierre.
Si vous fréquentez assidûment les salles de dissection incessamment à la recherche d’un muscle ou à la poursuite d’un nerf, vous A.descriptive. fcrezde Vamitomie anali/tique, en d’autres termes de ranatomie descriptive, objet spécial de nos travaux journaliers.
Connaître les organes et les appareils envisagés en eux-mêmes ne suffit plus au chirurgien ; il lui faut encore les envisager dans leursrapports réciproques. Si vous examinez ainsi tout l’organisme ou seulement un régime vous faites de l'anatomie des régions, A.topogra- amitomie topographique ou chirurgicale.
Phique.
(1) L’Anatomie, son passé, son importance, et son rôle dans les sciences biologiques par M. Ch. Debierre. — Paris iŒuvres Scientifiques) 188, p. 8 suiv. iB. T. 213 a).
Mais si l’anatomie descriptive et l’anatomie topographique sont la base de la médecine et de la chirurgie, elles ne sont cependant pas sidfisantes pour l’esprit ardent à arracher à la nature ses plus intimes secrets. L’esprit des penseurs n’est pas satisfait de la description pure ; il lui faut aller plus avant dans la nature des choses.
Remarquant que, dans nombre d’organes d//feVe/ite, il existe des A.généraie parües Semblables, les comparez-vous entre elles, vous vous élevez à la connaissance des parties similaires et vous faites de l'anatomie (jénérale, science des systèmes organiques, où s’est illustré l’immortel Bichat.
Si vous ajoutez à la connaissance des systèmes organiques la structure intime des éléments de leur texture, vous êtes amenés à Histologie, notion nouvelle des tissus et vous faites deVhktolofiie, autrement dit vous apprenez à connaître les éléments anatomiques, les humeurs et les |)rincipes immédiats, science qui j)rit naissance en France avec Dutrochet et Raspail en anatomie végétale, mais qui depuis nous est revenue rajeunie et agrandie d’Allemagne, avec Schleiden et Schuann.
Comparez-vous l’organisation de l’homme à celle des animaux ou celle des organes et appareils dans la série des êtres, vous vous A. . omparée. élovez à la iiotion d'anatomie comparée, source la plus féconde de la biologie générale.
l’aide de l'anatomie comparative, l’anatomiste poursuit, dans la série animale, le plan fondamental d’un organe dans ses diverses transformations « au travers des additions qui le perfectionnent ou des soustractions qui le dégradent. »
L’utilité de l’anatomie comparée reste donc incontestable. Elle nous montre la série animale sous forme d’un « tableau dont toutes les parties se tiennent par des liens harmoniques, » tableau aussi
saisissant par sa diversité que par son unité. Isolé du reste du inonde animal, l’homme reste un grand inconnu.
L'étude du deiieZoppemeni fournit aussi à l’anatomie son précieux contingent, lorsqu’on envisage, au point de vue comparatif, les diverses périodes de l’évolution et de la croissance.
Avant d’arriver à leur état définitif, les appareils et les organes traversent, dans leur développement, une succession de phases transitoires qui donnent aux animaux supérieurs, et à l’homme lui-même, une analogie plus ou moins marquée avec les animaux appartenant à des classes moins élevées. Ce qui, chez l’homme et le mammifère, ne constitue que les stades de son évolution, se retrouve à l’état permanent et définitif chez un certain nombre d’autres animaux, à tel point que Serres a pu dire que « l^anatomie comparée est une embyogénie permanente ».
Enfin, si au lieu de se borner à établir des différences, l’anatomiste recherclie les ressemblances ou les analogies, s’il établit les rapports qui lient entre eux les dillérents organismes et s’il en déduit des aperçus généraux, des principes ou des lois, il fait de f anato77iie philosophique ou transcendante, science conjecturale d’origine toute française et dont les vrais pères sont Pierre lielon, Huffon, Daubenton, Vicq d’Azir, Cuvier, E. Geolfroy Saint-Hilaire, de Blainville ; mais, qu’au-delà du llhin Okcn, Carus, Spix, .Vleckel, Hojanus, Autenrieth cultivèrent avec ardeur. Seulement alors que l’école allemande subordonnait les faits aux idées, l’école française partait do ce principe : combiner les obser\ ations, généraliser les faits et les lier ensemble par la fopce des analogies (Buffon) tout en n’oubliant pas que les faits sont au service des idées (I. Geoffroy Saint-Hilaire).
Ch. Debieure.
l’el est, à notre connaissance, le travail le plus complet publié jusqu’à ce jour sur cette question. — Sauf l’anatomie artistique et l’anatomie pathologique , M. Debierre aborde parfaitement l’exposé du problème. Mais ce problème est-il résolu ? Nous ne le pensons pas. Il s’agit maintenant de préciser davantage les divisions générales en reprenant la méthode que nous indique le I"' Mathias Du val.
§3. - ESSAI DE CLASSIFICATION MÉTHODiyiJE DES
Nous avons adopté comme définition de l’anatomie ; La science de Vorganisation
Le premier but que se projjosera l’anatomiste sera donc de connaître l’organisme en partant de l’étude des formes extérieures qu’on décrira pour parvenir à la détermination de l’élément le plus simple que pourra fournir une minutieuse analyse. C’est dire que l’anatomiste réduit à son rôle primordial d’analyste étudiera successivement l’anatomie des formes (An. artistique), l'An, descriptive pour aboutir à l'Histologie qui lui fouruira les moyens les plus délicats d’analyse. C’est là l’étude du général au particulier que nous pouvons figurer ainsi ;
I An. artistique . . . Formes extérieures.
An. descriptive . . Organes.
Histologie.Cellules.
On passera successivement en revue les formes extérieures, les organes et on arrivera aux cellules.
Il est inutile d’insister sur ces premières déductions fort bien mises à jour dans l’exposé du P" Mathias Duval.
Reprenons maintenant notre analyse en insistant tout particulièrement sur la ])hrase suivante qui a été le point de départ de toutes nos déductions.
« Or, si la détermination de la forme, de la force de l’étendiu'
« de ces vêtements primitifs constitue une étude absolument « comparable à celle de Yanalomie dascriplive, l’étude de leur « tissu, c’est-à-dire de la nature, de leurs éléments et de l’assemblage « de ces éléments est entièrement comparable à celle deVanalomie « uénérale » 1 j.
Ce qui ressort de cette phrase c’est la distinction qu’ilfaut établir dès le principe entre l’étude purement descriptive et l’étude des assemblages comme base de la division entre les deux espèces d’anatomie descriptive et générale.
Or quels sont les éléments déterminés par notre [nemière analyse ; 1" Des formes, 2" des organes, d" des cellules.
Nous allons donc étudier ces éléments ;
1" Au point de vue purement descriptif.
2" Au point de vue de leur assemblage.
Si l’étude descriptive nous a conduit à une analyse de plus en plus minutieuse, l’étude des assemblages va nous conduire à une synthèse de plus en plus générale. C’est dire que dans le premier cas nous sommes partis du général pour aboutir au ])articiüier ; nous partirons ici du particulier pour aboutir au général, -et nous dirons;
Assemblage des formes :Anal. pldlosophujue.
1 Assemblage des organes ; Anat. topographique.
Assemblage des cellules ; Anat. générale.
(1) Malhias Uuval op. cit. p. 9.
et le sens de notre flèche indiquera qu’il faut commencer la lecture par le bas (analyse) pour remonter j'usqu’à la question générale (synthèse).
Réservant pour, plus tard l’anatomie philosophique, deux éléments nous restent à considérer.
1" Des organes.
l"Des cellules.
résultats d’analyses plus oii moins complètes.
Or, nous savons qu’outre la question de leur constitution et de leur assemblage, les éléments anatomiques se présentent à nous sous un autre aspect et l’un des plus importants : celui de leur développement.
Nous allons donc avoir à rechercher les phases diverses de ce développement des éléments organiques.
1“ Dans les cellules.
2“ Dans les organes.
A l’étude du développement des cellules correspond ranatomie embryologique qui doit être considérée sous deux aspects.
, A. — Développement normal des cellules i •
< ou embryologie
B. — Développement anormal des cellules \ ou anatomie ! patliologiijue.
Ces divisions portant sur l’étude des éléments cellulaires sont assez classiques pour qu’il nous soit inutile d’insister. Mais comment trouver maintenant les sciences qui s’occupent des mêmes faits par rapport aux organes ?
Ne savons-nous pas qu’il existe une véritable embryoloyie permanente des organes ainsi décrite par M. Debierre (1).
(1) Op. cit. p. 11.
« Avant d’arriver à leur état définitif, les appareils et « les or- « i/anes traversent dans leur développement, une suocession de « phases transitoires qui donnent aux animaux supérieurs et à « l’homme lui-même une analogie plus ou moins marquée avec « les animaux appartenant à des classes moins élevées. Ce qui, « chez l’homme et le mammifère, ne constitue que les stades, de « son évolution, se retrouve à l’état permanent et définitif chez « un certain nombre d’autres animaux, à tel point ipie Serres a « pu dire que « VAnatomie comparée est une embryogénie perma- « nente ».
Voilà donc le caractère de rafiatomie comparée déterminé de telle sorte que nous connaissons maintenant ce qui correspond [)Our les organesà ce qu’est l’embryologie pour les cellules.
Jjt cela est d’autant plus vrai qu’il existera sous le nom de Tératologie une véritable anatomie pathologique des org ânes et que nous pourrons dire ;
A. — Développement normal des organes.
Anatomie
comparée
B. — Développement anormal des organes.[ Tératologie
Nous pourrons dire que dans le premier cas il y a Évolution et, dans le second cas^ Involution .
Analyse
Assemblage
Développement
ou
Evolution
des organes et des
cellules
telles sont les questions que nous avons traitées jusqu’à présent. Nous avons pu voir qu’une des divisions de l’anatomie répond à
chacme des études que nous ayons rapideineni esquissées. Nous avons fait de l’analyse, il est temps d’assembler les éléments encore tpars.
Reprenons donc successivement les organes et les cellules sous leurs livers aspects. Nous obtiendrons ;