LES ÉVÈQUES ET LE JANSÉ E
lourd pour le clergé à la fin de l'ancien régime. Si cette exigeance avait paru une tyrannie insupportable à une partie de l'Eglise de France, les cahiers de 1789, qui
dénoncent tous les abus, n'auraient pas manqué de faire entendre ici leurs revendications. Or, à peine trouvonsnous çà ct
quelques rares mentions du formulaire, ct encore seulement dans les cahiers! du tiers état où l'on sent qu'un avocat plume.
en 1789 que s, cette doctrine nombreux hommes de loi
nséniste tenait
Rien ne cette quest side au fond du
secuper les électeu
ré : s envoient aux Etats généraux, et trouvera aussi de l'écho dans une petite partie du clergé nférieur. Laissez la Constituante, une fois sortie des discussions orageuses qni marquent son début et du vote de ses grandes lois d'Etat, aborder li constitution c vile du clergé, l’inspiration janséniste va présider à l'organisation de la nouvelle Eglise. Camus triomphera de Louis XIV: le comité ecclésiastique vengera les cendres jansénistes qui ont tant nisation de la primitive e. le ramëneront en effet au martyre.
que les électior
de Port-Royal, et les législateu
: & l'or.
é de rendre au clergé l'orga
1: 4, Pour rendre libre l'entrée dans le ministère ecclésiastique et dans les Universités, toute adhésion à des formules introdui puis l'ordonnance d'Orléans sera supprim Tiers état de Paris intra muros.
Que le formulaire d'Alexandre VII soit abrogé, comme rendant susle ln foi des prètres qui répugnent d'attester un fait douteux sous religion du serment, comme propre à éloigner de l'état ecelésia 1 sujets qui pourraient s'y rendre utiles, enfin comme contraire à la loi du silence de 1754, et à l'arrêt du conseil de 1784, qui ln renonvelle avec énergie. » Tiers état d'Auxerre.
LES ÉVÈQUES ET L'INSTRUCTION PUBLIQUE al
sénéchanssée souffrait de la prépondérance de l'archevêque, Montazet, dans le bureau des collèges. L'habile prélat, de Paris où il résidait dans son abbaye de Saint-Victor, menait tout à son gré, sans paraître duns sa ville épiscopale. Le eonsula
le laissait à peu près maitre de composer son bureau à sa dévotion!. » La prépondérance des évèques, qui continuait ainsi à s'exercer malgré le peu de voix dont ils pouvaient disposer personnellement dans le bureau, avait pour motifs les bienfaits que l'enseignement secondaire leur devait dans le passé et continuait à en recevoir dans le présent.
L'évêque de Marseille pouvait invoquer le souvenir de Belsunce, fondateur dans cette ville d'un collège portant son nom et qui, en 1738, comptait six cents élèves ?. L'évèque de Pamiers, M. de Verthamon, en prenant sous sa protection puissante le collège de sa cité épiscopale, en lui assurant une dotation permanente, en lui élevant à ses frais une e église et une riche bibliothèque, en donnant, en un vie et des élèves
abun-
à cet établissement naguèr et où on accourut des contrées voisines sous l'impulsion de ce prélat, avait légué à ses successeurs le droit de parler haut dans les questions d'enseignement. En 1789. les trois ordres, frappés de la décadence de leur collège de
Pamiers depuis l'expulsion des Jésuites, s'adressent à l’évèque pour lui demander de traiter avec une congrégation *. L'évèque de Meaux pouvait s'autoriser d'un de ses prédécesseurs, le cardinal de Bissy, qui avait couvert son diocèse
Beuuvais avait, en 1789. de 250 à 300 élèves. — Les renseignements que nous doinonx sur le chiffre des élèves et des revenus des collèges en 1789. sont empruntés aux histoires locales et à l'Enguéte scolaire de 1791-1792 et de l'an IX. dont M. Allain a donné un long résumé, Revue des questions historiques. juillet, 1891 ; et à son Œuvre scolaire de la Revolution, 4891, in-8*, p.
2. Cf. A. Bonnel. Histoire de l'enseignement à Lyon avant la Révolution. in-8®. À. Clerc, Les collèges de la Trinité et de Noîre-Dame du Bun-Secours,
Bérengier, Héstoire de Mgr de Belsunce, à. WE. p. 118-496. En 1733, Belcontin aux Minimes le collège de la Ciotat.
4, Labondès. Annales de Pamiers, À. IL p. 315-319, 493. Voyez ibid. p.
321 el suivantes, le zèle déployé par Verthamon en faveur dex petites écoles,
si on n'a pas fait fausse route en établissant la quasi-gratuité de l’enseignement secondaire. Les évèques laissaient dire et continuaient à soutenir, à faire prospérer, à multiplier au besoin les collèges, dévouement d'autant plus remarquable qu'ils avaient en même temps à entretenir leurs petits et grands séminaires. Un écrivain de 1789 ! porte à 165 le nombre des séminaires répandus dans 9 diocèses. Les évèques, par ces établissements de tout genre, mettaient à la portée de toutes les clusses la culture intellectuelle qui alluma parfois la flamme du génie parmi les enfants du peuple L'élite de la nation passa d'âge en âge dans «ces établissements, dont les programmes, tout en maintenant à la base l'éducation classique, s'élargissaient avec les besoins des temps. Il faut bien convenir que, durant de longs siècles avant la Ré volution, 1 que figure dans le monde.
France, formée par de tels maîtres. a fait quel.
Lo Pour ce qu #. je remarque qu'il en existe 16 ux dans 9% » Ce relevé est pris de ln France reclcsiantique Question très importante: la suppression de la dime et du casuel elle avantageure à la nation 2 1789, p. 3. — À Cantres, M. de la Ruyéa 72,000 ivrex pour achever le séminaire commencé par M. de
re Burral.
Son séjour à Orange est une succession ininterrompue d'œuvres de charité. Une année, le feu prit au gerbier et la récolte était perdue. Il court sur le lieu du sinistre et, voyant de pauvres gens désolés, il leur dit : « Mes enfants, consolez-vous, la perte est pour moi. » Séance tenante, il nomme une commission, fait estimer le dommage et chacun est intégralement remboursé. On pourrait citer une foule de traits de ce genre. À défaut de documents écrits, dit son historien, le cœur de ses diocésains s’est chargé d'en transmettre le souvenir !.
M. de Rosset de Fleury, évèque de Chartres, pendant qu'on travaillait au grand chemin de Chartres à Tours, envoyait journellement des voitures chargées de pain, pour être distribué aux pauvres convoyeurs. « Le cœur de ce digne prélat, raconte son historien, fut un asile constamment ouvert aux malheureux. Point de contrée, point de ham
du diocèse qui n'ait éprouvé les secours de sa main libérale. Lorsqu'il fut mis en possession de l’abbaye de Saint-Père réunie à son évèché, il disait aux curés de la ville : Désormais je donnerai aux pauvres le double de ce que je leur donnais, parce que je vais devenir plus riche. » Il mourut subitement au moment où il se proposait de reconstruire en entier l'hôpital ?. Tel M. de Fleury avait été à Chartres, tel son frère Henri-Bernardin apparut sur les sièges de Tours et de Cambrai. Sa vie, dans ces deux diocèses, fut une série de bienfaits prodigués aux hospices, aux établissements de bienfaisance et à toutes les formes de la misère.
Le mème hommage est rendu à un contemporain de Rosset de Fleury, à Amédée de Broglie, évèque d'Angoulème. Sim-