STATISTIQUE ET VUE D'ENSEMBLE
Le 2 thermidor an IX (21 juillet 1801), six jours après la signature du Concordat, le fameux chimiste Chaptal, ministre de l'Intérieur, adressait une lettre à tous les préfets pour leur demander un état des prêtres de leur département qui, disait-il textuellement, « méritent la confiance du gouvernement et jouissent de l'estime publique». Le ministre recommandait à ses agents « célérité et discrétion ». Avant de mettre à exécution la convention qu'il venait de signer avec la cour romaine, le Premier Consul voulait connaître en détail quelle était, en ce moment, en France, la situation du culte et du personnel ecclésiastique.
Les Archives nationales nous ont conservé la réponse des préfets. Le moment était bien choisi pour faire une telle enquête. La nouvelle des négociations entre le Pape et Bonaparte avait certainement encouragé soit les rentrées du dehors, soit le zèle des prêtres du dedans. Mais on peut dire que ce traité de paix n'avait point encore produit ses effets, et que la situation, telle que la décrivent les préfets ou d'autres informations contemporaines, était bien celle de la France avant le Concordat. A défaut de Concordat, il eût suffi de la sécurité et de la liberté pour hâter le retour des retardataires et la reprise universelle du culte.
Le lecteur réfractaire à la statistique peut omettre la note de plusieurs pages que nous insérons ci-dessous ^ ;
I. Ce précieux document est conservé aux Archives nationales sous la cote F *9, 865 et 866. Il est fortilié par un autre document qui est également aux Archives nationales AF " lofô. C'est un résumé fait par le ministre de l'Intérieur de l'an IX au sujet de la situation et de l'esprit du clergé dans les départements. Nous citons ce document sous le nom de résumé.
Ain. — Le préfet donne 189 noms de prêtres. Il dit de 9 seulement qu'ils exercent publiquement. Cependant le résumé fait par le ministre en l'an IX dit de ce département : « Les cérémonies religieuses reprennent leur cours sans trouble et sans agitation. »
Aisne. — Le préfet ne cite que 59 présents qui, la plupart, sont dits exercer. Mais Pêcheur (Annales du diocèse de Soissons, 1893, in-S", t. IX, p. 594) dit : « Dès le mois de mars 1800, l'exercice de la religion avait repris de nouveau dans un grand nombre de paroisses, là où il se trouvait
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mais les chiffres sont la seule preuve convaincante et décisive, quand il s'agit d'établir dans quelle mesure était
un prêtre, mais sauf les cérémonies extérieures. » Le résumé du ministre dit que « le plus (^rand nombre » des prêtres de ce département avait refusé la promesse. Par suite, peu étaient portés comme exerçant publiquement.
Allier. — Préfet donne 252 noms en trois listes. Dans la première, il dit expressément de 97 prêtres qu'ils exercent. « J'aurais désiré, dit-il à Chaptal, vous envoyer le tableau général des prêtres existant dans toute rétendue du département. S'il ne m'a pas été possible d'atteindre tout à fait ce but, je crois du moins en être approché de très près. »
Alpes (Basses-). — Préfet cite iSg prêtres qui tous sont dits exercer, sauf 35.
Alpes (Hautes-). — Préfet cite 188 prêtres qui ont tous fait la promesse et exercent eu très grande majorité. « Voilà, ajoute le préfet, l'état de tous les prêtres connus. Si l'on considère que les insoumis se cachent pour Pexercice du culte, on ne sera pas surpris que les fonctionnaires publics n'aient pu les connaître en aussi grand nombre que celui des prêtres soumis. »
Ardèche. — Le préfet Cafarelli ne donne que 49 noms. Mais nous savons que le culte était rétabli presque partout dans ce département. Dans sou entrevue avec l'abbé Vernet, « le pi-éfet exprima sa surprise d'avoir vu, à son arrivée dans le département, presque partout les églises ouvertes ». M" d'Aviau, qui avait parcouru ce diocèse, célébrait, dans son mandement du 17 janA'ier 1801, la résurrection religieuse qui s'y opérait en tous lieux. (Lyonnet, Histoire de Mgr d'Aeiau, 1847, t. H, pp. i;8, 179, 261.) II avait confirmé dans le Vivarais et le Dauphiné 25,ooo fidèles.
Ardennes. — Le préfet cite 223 prêtres pour les arrondissements de Rocroy, Mézières, Sedan, Rethel. Les termes sont vagues au sujet de l'exercice du culte. Il est dit nettement d'une centaine seulement qu'ils exercent. Le résumé dit de beaucoup qu'ils « exercent clandestinement ».
Ariége. — Préfet ne cite que 37 prêtres lesquels exercent dans leur ancienne paroisse. Il ajoute que la liste pourrait être infiniment plus longue, mais le temps lui manque pour la dresser.
Aube. — Préfet écrit : « Le département de l'Aube contient plus de 400 prêtres; tous ont fait leur soumission de fidélité à la Constitution. Le nombre de prêtres constitutionnels ne s'élève pas au-dessus de 3o. »
Aude. — Le préfet, M. de Barante, ne donne que i5 noms, liste incomplète, car le préfet déclare avoir écarté, d'un côté, les intransigeants, de l'autre, beaucoup de constitutionnels qui ne jouissaient pas de l'estime publique.
Aveyron. — Le préfet, très hostile, ne donne que 40 noms. Mais il ajoute <jue les « catholiques purs... exercent en secret », que les constitutionnels « ont été abandonnés ». Le résumé dit par ailleurs : « Il est peu d'anciens réfractaires qui aient fait la promesse de fidélité ; ils n'en exercent pas avec moins de publicité et d'impunité. » Cela indique un grand mouvement religieux.
Bouches-du-Rhône. — Préfet résume ainsi la situation : « Sur 109 communes qui composent ce département, 38 n'ont pas de prêtres. » Préfet ne parle que des prêtres exerçant le culte public, dont il porte le nombre à 341. Ils se répartissent ainsi : 167 pour l'arrondissement de Marseille, 62 pour celui d'Arles, 122 pour celui d'Aix.
Calvados. — Préfet cite 458 prêtres sur lesquels 322 sont dits exercer le culte. Liste incomplète, car le préfet n'y a pas compris les prêtres « insoumis ou qui n'ont fait promesse de fidélité que pour terminer leur exil ». Le résumé dit ces derniers nombreux, turbulents et « seuls en considération ».
Cantal. — Préfet cite 326 prêtres, a passé sous silence ceux « des deux
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déjà opérée en France la restauration religieuse. En parcourant ces réponses des agents du pouvoir, il ne faut
partis qui se sont fait connaître par leur immoralité ou xine intolérance turbulente ». La grande majorité a la note insoumis. Le résumé dit de ces derniers qu'ils « exercent dans des maisons particalières et sont très suivis ». Un rapport signale sous le Consulat, dans le Cantal, 5oo réfrac-?taires, dont 3oo en surveillance- Les autres ont reparu sans aucune déclaration, sonnent les cloches,, rouvrent les églises ou se cachent dans le» bois, les cavernes. (Vandal, op. cit., p. 568.)
Charente. — Préfet ne cite que 3i prêtres sur lesquels 21 sont dits exercer. Nous avons heureusement d'autres sources d'information. L'abb«V Blanchet (Le Clergé charentais pendant la Révolution, 1898, in-S», p. 53a-54"3> donne une liste de 104 prêtres exerçant publiquement au moment du Concordat dans des églises paroissiales ou oratoires connus. 11 cite, ci> outre, 36 prêtres exerçant en secret ; il ne prétend pas donner une liste complète.
Charente-Inférieure. — Préfet donne 86 noms, dit la majorité exercer. Le résumé dit des anciens réfractaires qu'ils « célèbrent dans des maisons particulières ».
Cher. — Préfet donne liste de iCig prêtres sur lesquels 81 sont dits exei-r cer. Préfet ajoute : « Tous ceux qui sont portés comme exerçant le culte n'ont pas fait leur soumission. » Le résumé dit de ceux-ci qu'ils « exercent dans des maisons particulières ». — « Les négociations (du Concordat) à peine entamées, une foule de prêtres s'étaient décidés à rentrer. » (Cf. Biu- MONT, op. cit.)
Corrèze. — Préfet cite 182 prêtres et ajoute : n II en est beaucoup d'autres : mais ceux-ci m'ont été indiqués comme les plus propres à mériter la confiance du gouvernement. » Le résumé dit : « Il y a beaucoup d'anciens prêtres réfractaires. » In rapport à Grégoire donne présents 900 réfractaires, 60 rétractants. Il y a 55 déportés, 20 mariés. Face, Le Diocèse do Tulle pendant la Révolution, 1890, p. 83. '
Côtes-du-Nord. — Le résumé dit : « Ils se tiennent tranquilles. Il paraît que l'on ne leur fait pas prêter précisément la promesse de fidélité, et que l'on se contente d'une promesse de ne pas troubler l'ordre. »
Côte-d'Or. — Préfet n'envoie que 5o noms. Il accuse l'évèque, ^L de Mérinville, d'avoir fait refuser la promesse de fidélité. II faut donc ajouter à ce chiffre celui des réfractaires qui, écrit le préfet, « disent la messe en chambre ».
Creuse. — Préfet donne « l'état nominatif des prêtres domiciliés dans le département », lequel comprend 347 noms.
Dordogne. — Préfet n'envoie que i3 noms. Nous lisons, d'autre part, dans le résumé : « Quelques-uns ont prêté la promesse ; ils exercent dans les églises ; d'autres l'ont refusée et célèbrent dans les maisons particulières. »
Doubs. — Préfet énumère 656 prêtres domiciliés dans le département, et dit formellement du très grand nombre qu'ils exercent. Il porte à 67 le nombre des prêtres habitant Besançon. Sauzay (Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Doubs, t. X, p. 720-777) donne un état détaillé et complet du clergé de ce département en 1801. C'est un des départements où le culte s'était le mieux reconstitué avant le Concordat.
Drôme. — Préfet énumère 274 prêtres, ne dit pas s'ils exercent, écrit cependant au sujet des 55 de l'arrondissement de Die : « Etat des prêtres connus pour s'occuper des fonctions de leur ministère ou pour avoir le désir de les reprendre. »
Eure. — Préfet énumère 5oo prêtres sur lesquels environ 3oo sont dits exercer. Préfet dit de tel : « Il a fait sa soumission pour exercer le culte » ; de tel autre : Il s'en va « caressant les partis tour à tour ».
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point oublier qu'il leur a demandé seulement les noms des prêtres qui « méritent la confiance du gouvernement et
Eure-et-Loir. — Préfet donne liste de 327 prêtres qui tous exercent à l'exception de 83. Outre ce nombre, préfet dit présents dans le département i5o autres prêtres qu'il a exclus de sa liste pour immoralité, incapacité, la plupart parce que, « sous le rapport de l'exagération des opinions politiques, il eût été dangereux de les employer ». C'est donc un total de 477 présents. Nous lisons dans les rapports des conseillers d'Etat en l'an IX qu'en Eure-et-Loir « à^eu près chaque village a son église et son ministre ; les temples sont ouverts et fréquentés dans les villes ».
Finistère. — Préfet n'envoie que i3 noms. Évidemment, c'est un chiffre dérisoire, comme le prouve le passage suivant du résumé relatif à ce département : « Les prêtres soumis ne peuvent à présent sans danger rester dans les campagnes. Les prêtres insoumis dominent et pervertissent l'esprit public. Ils persécutent les paysans qui ont acheté des domaines nationaux. »
Forets. — Le préfet porte à 1,000 le nombre des prêtres de ce département, qui comprenait le duché de Luxembourg. 11 ajoute : « Ils n'ont pas cessé d'exercer le culte, mais clandestinement », pour les 722 qui n'ont pas fait la promesse.
Gard. — Le préfet n'envoie que 32 noms. Mais les Archives du Gard (l)uRAM), op. cit., 3o.5-3o6) signalent i33 prêtres exerçant publiquement, et 202 soumissionnaires au moment de la signature du Concordat.
Haute-Garonne. — Préfet donne liste de 181 prêtres qui, tous, exercent, sauf 71. Nous lisons dans le résumé : « Partout, les prêtres émigrés et déportés se trouvent en opposition avec les prêtres constitutionnels. Il y a des troubles et discussions domestiques, souvent des voies de fait. » Nous lisons dans VHistoire des évèques et^archevèques de Toulouse, par l'abbé (]ayke, 1873, in-8'>, p. 46<>, que l'intrépide vicaire général du Bourg plaça 400 prêtres dans ce diocèse pendant la Révolution.
Gers. — Le rapport du préfet, très détaillé et très important, donne une liste de 6i3 prêtres présents qui, pour la plupart, sont dits exercer. Il y est dit, en particulier, de l'arrondissement de Lectoure : « La plus grande partie des prêtres sont rentrés en France à la faveur des autorisations qu'ils ont reçues. Us se sont rendus dans les communes où ils exercent. »
Gironde. — Le préfet ne cite que i5o prêtres, dont la plupart exercent ; mais il ajoute : « Il y a beaucoup de prêtres dans ce département ; ils y sont répandus sur tous les points. » Le commissaire général de la police à Bordeaux écrit de son côté (Arch. nat., F " 866), le i5 thermidor an IX, que les prêtres romains desservent quatre églises à Bordeaux, outre celles occupées par les constitutionnels. Les « prêtres non soumissionnaires exercent le culte dans des lieux cachés, dans des chambres, dans de petits oratoires. Le nombre en était prodigieux..., il a diminué depuis l'ouverture des quatre églises. »
Hérault. — Préfet énumère 296 prêtres, sur lesquels 118 sont portés comme constitutionnels. La presque totalité exerce le culte. Il a exclu de sa liste tous ceux qui ont refusé le serment de fidélité. Ils étaient fort nombreux. Le résumé dit : « Les anciens prêtres réfractaires ont tous refusé la promesse et continuent l'exercice clandestin de leur culte. » Après le coup d'Etat du 18 fructidor, nous comptons dans le département de l'Hérault 55^ prêtres sujets à la déportation et à la réclusion. C'est ce qui faisait dire, le 6 juillet 1797, à la Commission du pouvoir exécutif pour ce département : « Les préjugés ont pris un tel empire, tant de prêtres réfractaires sont rentrés à la fois sur le sol de la République ; ils ont été accueillis et protégés par un si grand nombre de citoyens fanatisés, surtout dans les campagnes ; enfin, la versatilité des lois rendues sur cette matière délicate par nos diverses Assemblées nationales a si fort
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jouissent de l'estime publique ». Les préfets ont presque toujoui's soin de transcrire en tête de leur liste cette for-
accru l'espérance d'une législation nouvelle, phis favorable aux prêtre» insermentés, que tous nos efforts ont été inutiles pour maintenir l'exécution des lois actuelles. » (Cf. Saukel, op, cit., t. III, pièc. just., p. .5i ; t. IV, pièc. just., p. i-ii.) On y cite les 55j noms de prêtres.
Ille-et- Vilaine. — Préfet envoie le « tableau indicatif des prêtres assermentés soumis et insoumis existant actuellement dans le département ». 11 donne 3Î3 noms. Le résumé dit : « Il est rentré beaucoup de prêtres réfractaires. Ils ont fait la promesse de fidélité. Tous ces prêtres officient publiquement ou clandestinement. »
Indre. — Le préfet n'envoie que a5 noms de prêtres qui, tous, exercent, sauf 2. Le résumé si(?nale « quelques prêtres cachés ».
Indre-et-Loire. — Le préfet assez hostile au clergé écrit : « Le tiers de ce département est sans ministres du culte et ne s'en porte pas plus mal. » Dans son énumération, il ne donne que 88 noms.
Isère. — Le « tableau général des prêtres soumis et insoumis » comprend 33i prêtres sur lesquels près de Sk» exercent, bon nombre secrètement, dans des granges, en chambre, etc. La liste des 33i est incomplète, cyr préfet a trouvé « inutile de parler de cette foule de prêtres rétractés ou insermentés qui travaillent le peuple secrètement, ainsi que des sermentés qui déshonorent leur caractère par leur mauvaise conduite ».
Jura. — Liste de 235 prêtres, sur lesquels no sont dits exercer, et la plupart des autre« ne pas exercer. Le rapport est muet sur un certain nombre. Le résumé dit : « Le plus grand nombre des communes est livré à des prêtres qui, refusant toute soumission, oflicient publiquement. »
Landes. — Le préfet envoie une liste de 299 prêtres. Il ne dit pa^ formellement s'ils exercent et plusieurs n'exercent pas. On peut inférer que le grand nombre exerce de cette information très fréquente : « Ancien curé de la commune, ancien curé de la paroisse. »
Loir-et-Cher. — Liste incomplète de 19 noms. « Je n'ai pas cru nécessaire, dit le préfet, d'entretenir le gouvernement de gens médiocres, etc. » Le résumé dit des prêtres du département : « Ils ne sont point en général amis du gouvernement, ils cherchent à égarer les esprits. »
Loire. — Préfet donne liste de 71 prêtres dont la plupart sont dits exercer. Le résumé dit qu'un certain nombre de prêtres ont « refusé toute espèce de promesse. Ils officient clandestinement dans les campagnes. »
Haute-Loire. — La liste de 92 noms donnée par le préfet est très incomplète. Le préfet écrit ailleurs, en l'an IX, que, dans cette contrée peuplée de montagnards rudes, mais bons, peu de prêtres ont quitté le pays. « La presque totalité a trouvé dans les habitations écartées, dans les bois, dans le flanc des montagnes, sûreté, hospitalité, dévouement, discrétion. » {Arch. nat., F " 328.) Le préfet parle longuement dans sa lettre de la force que la question religieuse a donnée aux opposants et de la pacification qu'il a obtenue dans le département au moyen des prêtres pour lesquels il s'est montré conciliant.
Loire-Inférieure. — Liste de 268 prêtres sur lesquels i59 sont portes comme exerçants.
Loiret. — Préfet ne cite que prêtres soumis dont le chiffre est de 20O. Je ne propose pas, ajoute-t-il, les prêtres insoumis « dont je n'ai, d'ailleurs, pu savoir exactement le nombre parce qu'ils changent souvent de domicile ». -^ Nous lisons dans le rapport des conseillers d'Etat en mission pour l'an IX que, dans le Loiret, « les églises sont fréquentées par la multitude avec presque autant d'assiduité qu'en 1788. Un sixième des communes (seulement) n'a ni culte ni ministres, et, dans ces communes, on désire vivement l'un et l'autre. »
Lot. — Préfet donne liste de 122 noms de prêtres qui tous exercent.
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mule limitative. C'était en exclure le plus souvent une foule de prêtres réfractaires, rentrés en France, mais qui,
sauf 4. Mais cette liste, ne comprenant que ceux qui méritent la confiance du gouvernement, est incomplète. Le résumé signale les t réfractaires obstinés qui n'ont encore fait aucune soumission et n'en exercent pas moins publiquement sous la protection des autorités locales ».
Lot-et-Garonne. — Préfet énumère i83 prêtres qui tous exercent, sauf 39. En dehors de cette liste, le résumé signale « les réfractaii-es qui causent de justes inquiétudes aux bons citoyens ».
Lozère. — Le préfet n'envoie que 34 noms de prêtres tous soumissionnaires et exerçant. Nombreux étaient les non-soumissionnaires dont le résumé dit : « Ils bravent les autorités constituées et officient publiquement », etc.
Ljrs (la). — Le préfet de ce département, qui comprenait la partie occidentale de la Flandre, aujourd'hui Belgique, ne donne que 10 noms. Or, Fourcroy, dans son rapport (Cf. Rocquain, op. cit., p. aaS), compte 100 prêtres soumis et 700 à 800 prêtres insoumis. « Ceux-ci exercent un culte clandestin. En le tolérant, il n'y a eu aucun trouble depuis l'au VIIL » Cette statistique prouve que les chiffres donnés par les préfets sont souvent bien incomplets et au-dessous de la vérité.
Maine-et-Loire. — Le préfet ne donne que 17 noms parmi lesquels figui*e l'abbé Bernier. Heureusement nous avons la liste complète des paroisses desservies, ainsi que le nom de 384 desservants avant le Concordat. C«^ document est donné in e.vtenso, par l'abbé Uzureau, dans la Semaine religieuse d'Angers, 7 mai 1899.
Manche. — Le préfet, nouvel arrivé dans le département, ne donne que io3 noms de prêtres qui presque tous exei-cent. 11 avait dû se montrer prudent dans ses choix et rester incomplet, car on lit dans le résumé fait par le ministère en l'an IX : « Soutenus par le préfet (qui fut remplacé), ils prêchent publiquement contre la République, damnent les acquéreurs de biens nationaux, annoncent le retour de la monarchie. »
Marne. — Liste de 170 prêtres qui tous exercent, sauf 9. Préfet ajoute : « Il est beaucoup d'autres ecclésiastiques existants de ce département qui peuvent avoir droit d'y être portés, mais sur lesquels je n'ai pas de renseignements assez précis. Il en est d'autres qui sollicitent en ce moment l'autorisation de rentrer en France ou qui attendent la pacification religieuse pour le faire. » Préfet compte envoyer des états complémentaires.
Marne (Haute-). — Le rapport du préfet manque. Le résumé dit des prêtres : « Ils ont tous fait leur promesse de soumission et sont à peu près tranquilles. »
Mayenne. — Le prélet écrit à Chaptal qu'il lui envoie cinq tableaux, lesquels « vous présenteront plus de 400 ecclésiastiques exerçant le culte dans le département ». Le total est de 417-
Meurthe. — Préfet envoie liste de 172 prêtres avec les « lieux où ils résident et exercent ». Il a exclu de sa liste « les prêtres turbulents » et les prêtres immoraux qui ont renoncé au célibat.
Meuse. — Le préfet ne donne que 63 noms. Le résumé constate que tout «st tranquille ; « mais on craint que la rentrée des prêtres déportés ne soit un sujet de trouble et de dissension ».
Mont-Blanc (Savoie). — Le préfet compte 83 prêtres résidants dans l'arrondissement de Maurienne, et dans l'arrondissement d'Annecy 83 prêtres insoumis, mais qui pourraient être placés, après avoir fait la promesse, «nfin, 16 prêtres qui ont fait la promesse dans l'arrondissement de Chambéry. Le résumé dit : « Ils exercent publiquement dans presque toutes les communes, refusent la promesse prescrite, etc. » (Consulter abbé Lavanchv, le Diocèse de Genève pendant la Révolution, 1894, 2 vol. in-8'' ; SciouT, IV, 78>)-786.) — Dans un autre document (F. VII, 78-5), le préfet