Chapitre IL — La Question de liberté et d'égalité
I. Les controverses politiques qui vont se poursuivre jusqu'au Concordat posent la question de l'Etat moderne. — Comment les
leçons du passé éclairent le présent. — Le serment de liberté et d'égalité imposé par la Législative. — Liberté, égalité, mots magiques. — Danger de se mettre en travers du courant et de repousser en bloc la Révolution. — La Constituante avait posé les bases de la société moderne. — Le clergé avait adhéré. — Désillusion produite par la marche de la Révolution. — IL Grande discussion soulevée au sujet de ce serment. — Les Evèqiies opposants. — Etranges explications qu'ils imposent aux confesseurs delà foi. — MM. de Bausset, de La Luzerne, Emery, partisans du serment. — Comment la liberté, l'égalité, sont légitimes. — Les évêques avaient travaillé pour elles aux Etats Généraux. — Combien le clergé de l'intérieur tient à ne pas paraître ennemi de la Constitution, accusation qu'on lui lance en plein massacre des Carmes. — Un refus achèverait la déportation de tout le clergé.
— Ce serait le premier non possunniit en matière politique. — IIL Silence du Pape. — Proportion des adhérents et des adversaires du serment. — Il est prêté à Paris et dans plusieurs diocèses. — Attitude des évêques du dehors. — La grande majorité d'entre eux est contre. — Divisions très vives. — Devant l'opposition que rencontre ce serment, M. Emery, abreuvé de tribulations, est presque au regret de l'avoir prêté 2j4
I. La Convention apporte un nouveau serment. — Elle a voulu détruire tout culte en France, mais la réaction de Thermidor l'oblige à proclamer la liberté religieuse. — Sous la pression du clergé constitutionnel, et par suite d'imprudences politiques du clergé lidèle, la Convention impose le serment de soamLssion aux lois de la République, et fait jurer que l'universalité des citoyens français est le souverain. — IL Attitude des évêques. — Quoi ! on se rallierait à la République qui a commis tant de crimes ; on abandonnerait la monarchie ! — M. de Bausset adjure les prêtres de ne pas faire de politique, de chercher le bien supérieur de la religion.
— Longue discussion sur l'origine des gouvernements. — A quel moment une puissance usurpatrice au début devient légitime. — L'évêque d'Alais dit légitime la constitution de l'an IIL — Grand débat sur la soumission aux lois de la République, qui consacrent, par exemple, le divorce. — Se soumettre n'est pas approuver. — Distinction entre les lois obligatoires et les lois facultatives ou permissives. — III. Discussion sur la souveraineté du peuple. — Les évêques de la Constituante l'avaient acceptée. — Maintenant ils la combattent comme ouvrant la porte à toutes les usurpation^. — M. Emery lui est défavorable. — IV. La lettre de Pie VI au Directoire sur la soumission aux puissances établies semble donner raison aux .soumissionnaires. — Les évêques du dehors en contestent, mais en vain, l'authenticité. — V. Ardeur de leurs déclarations royalistes. — Anathème de l'évêque de Castres à la Révolution. — L'archevêque de Reims, M. de Ïalleyrand-Périgord, interdit la soumission sous peine de suspense, et déclare que, si le Pape l'ordonnait, ses diocésains « aimeraient mieux .devenir schismatiques que républicains ». — VI. Prélats plus modérés : Clermont-Tonnerre, Mercy, Boisgelin. — Les deux camps se disputent M. de Juigné. — Béchetistes et Dampierristes à Paris. — C'était un schisme politique ajouté au schisme religieux. — Chiffre des soumissionnaires 295
TABLE DES MATiÈaiES 565
Chapitre IV. — Grand débat à la tribune sur V attitude du clergé. — La haine à la royauté.
I. Une motion au Conseil des Cinq-Cents de supprimer tout serment pour le clergé. — Discussion solennelle où Camille Jordan, Royer-Collard, Boulay delà Meurthe, Merlin de Thionville, parlant pour ou contre, discutent la renaissance religieuse, la situation de l'Eglise de France et Tattitude du clergé à l'égard de la République. — Fructidor coupe court à ces discussions et rouvre la persécution. — II. Serment de haine à la royauté. — Ceux qui le prêtent. — Le futur archevêque de Paris, M" de Belloy, est du nombre. — Louis XVIII l'autorise pour les laïcs. — M" de I^ Marche et M" de Talleyrand-Périgord rappellent le roi à son devoir. — Mais voici Bonaparte 33o
Chapitre V. — Le Clergé placé entre la soumission à la République ou la ruine du culte.
I. Le Consulat place les évéques en face d'un nouveau serment.
— La promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIII. — Prestige du nouveau gouvernement. — Le clergé va-t-il le reconnaître.
— Grand obstacle : la lidélité monarchique. — Déclarations royalistes toutes récentes faites à Londres par les archevêques d'Aix et de Narbonne. — Mais, répond J'évêque d'Alais, les intérêts religieux ? — IL C'est l'éternelle question de l'attitude de l'Eglise en face des pouvoirs humains. — Combien il en coûte au clergé d'abandonner cette royauté qui a fait la France et a protégé l'Eglise pendant des siècles. — Et l'abandonner pour la République ! — Quelles colères vont soulever les premiers soumissionnaires ! — Et puis le clergé essentiellement conservateur n'aime pas le changement. — III. Il faut suivre l'ardeur de la lutte dans les diocèses, comme à Angoulême. — Le dilemme qui se pose : ou se soumettre à la Constitution, ou renoncer au culte public. — Les prélats qui préfèrent renoncer au culte public. — Tel archevêque interdit ceux qui se soumettent. — Cris d'angoisse de M. Emery. — IV. Argumentation des modérés. — Danger de laisser un peuple sans culte public. — Intervention de La Luzerne. — l'n évêque, partisan de la soumission, abandonné par ses grands vicaires et traité de schismatique. — V. Efforts des deux partis pour gagner des adhérents. — M. Emery s'assure de M^^ de Juigné. — M. Emery loué et vilipendé. — Lutte entre les évêques de La Rochelle et de Luçon.
— 5l. de Mercy se plaint des « fureurs » de M. de Coucy. — VI. Attaques contre les évêques du dedans. — Intervention des femmes contre la soumission. — Exaltation des « théologiennes ».
— Psychologie des intransigeants ' 342