‹ L'ancien clergé de France (volume 3)Chapitre 7 sur 130 · I. Lettre du i6 janvier i-if^. (TiiEtSER, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Lettre du i6 janvier i-if^. (TiiEtSER, t. II, p

mains, et voulant peut-être excuser leur inaction ou leur maladresse, jugèrent, dit Baston, que ce labeur presque féminin ne convenait point à l'état dont nous étions décorés ; mais nos censeurs les plus prononcés furent les ecclésiastiques du pays, au moins pendant quelque temps. Ils criaient à la dégradation en voyant nos mains sanctifiées s'occuper d'un travail mécanique. « Et eux, quel délassement connaissaient-ils autre que la pipe, les cigarettes, la cruche de bière et le flacon de vin i ? »

Si les prêtres brodeurs, tricoteurs, produisaient ainsi quelque étonnement dans le public, qu'aurait-on dit des évoques occupés à une pareille besogne? Nous n'avons pas connaissance qu'ils se soient livrés nulle part, môme sous la pression de la misère, à un travail manuel. A Londres, M. de Grimaldi, évéquç de Noyon, des princes de Monaco, s'assure quelques ressources par son talent de miniaturiste. A Constance, un prélat français ne dédaigne pas de se mettre au dévidoir pour donner l'exemple. Dans une promenade, rarchevêque de Paris charge de chouxfleurs son charmant petit-neveu, tandis que la comtesse de Pont va elle-même acheter des fruits à la place, et les emporte ostensiblement pour encourager ceux qui n'ont pas les mêmes ressources 2. Mais c'était là effleurera peine du bout des doigts le travail des mains. Nous aurions, du reste, quelque peine à nous représenter ces grands seigneurs, les évêques de l'ancienne France, un Montmorency, un La Rochefoucauld, un Clermont-Tonnerre, occupés à broder, à tricoter, ou même à faire des tentes, comme saint Paul. Ils vont du moins imiter le grand apôtre dans l'exercice de sa charité, en organisant sur la plus vaste échelle des quêtes pour leurs malheureux prêtres.

En Suisse et dans le voisinage, à Constance, le travail

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