Chapitre V. Le serment
I. La constitution civile était déplorable. — Le décret du 27 novemibre, qui va obliger le clergé à prêter serment sous peine de démission, va achever de tout perdre. — L'opposition grandissante pousse l'assemblée à précipiter les coups. — Elle ne doute pas qu'un clergé dépouillé, placé sous sa main par le salaire, ne se soumette. — On la supplie d'attendre la réponse du pape. — Quoi ! une assemblée souveraine serait arrêtée devant un ueto ultramontain. — II. Les évêques se plaignent amèrement qu'on place le clergé entre le déshonneur et la misère, qu'on scrute jusqu'aux opinions et aux consciences. — Et vous nous appeliez à vous au nom du Dieu de paix ! — Les prélats se réclament de la liberté des cultes. — Puisqu'on invoque le salaire pour violenter le clergé, « que la loi, dit M. de Boisgelin, nous laisse la liberté et qu'elle retire ses salaires. » — Les meneurs restent sourds à ces cris. Ils précipitent la sanction royale du décret et provoquent la séance mémorable du 4 janvier 1791, pour la prestation du serment par les ecclésiastiques de l'assemblée. — III. Beau spectacle. — Immortelles paroles des évêques d'Agen et de Poitiers. — Volte-face des événements. — G'est la première victoire du clergé. Immense retentissement de cette séance au dehors. — Son influence sur l'attitude du clergé dans toute la France. — IV. Le serment dans les diocèses. — Les quatre prélats constitutionnels. — .Gomment- l'évêque de Rodez faillit prêter le serment. — Une affirmation de Grégoire au sujet d'autres prélats, — Belle attitude de la généralité de l'épiscopat. — Quelques paroles sublimes 416