Théod. Gautier, op. cit. p
2. Abbé Sautereau, l'Ei'êché (fe Dijon et ses évêques, 1885, in-8*. M. de Vogué, d'abord agent du clergé, fut nommé évêque de Dijon en 1770, à l'âge de 33 ans. Il avait les qualités sociales et était aimé des gens du monde. En donnant des places dans son diocèse à des étrangers, il indisposa son clergé» qui supportait mal de se voir préférer des clercs venus d'ailleurs, des musiciens. Les plaintes éclatèrent, M. de Vogué en conçut un chagrin qui mina sa santé. Il se disposait à résider et à s'occuper de son diocèse quand il mourut dans sa famille à Aubenas, à l'âge de 47 ans. Les dettes qu'il eût sans doute payées s'il eût vécu, décidèrent le chapitre à ne point faire faire son oraison funèbre, pour ne pas exciter les créanciers.
que le siècle sur son déclin prend plaisir à voiler çà et là sous une parure d'amabilité et de grâce. Entre M. de Drouas ^, austère, sévère pour lui-même et pour les autres, toujours levé de grand matin, consacrant deux heures à la méditation et à la prière, d'une frugalité extrême, fuyant quelquefois, dans ses tournées de confirmation, la table trop bien servie du curé pour aller demander une omelette à un paysan, faisant lui-même chaque soir, dans la salle à manger, la prière à ses domestiques et h ses convives confondus pêle-mêle, entre cet évêque et son successeur à Toul, M. de Champorcin, gracieux et médiocre, occupé a décorer ses chanoines, du reste irréprochable dans sa vie privée, le choix n'est pas difficile h faire.
Parfois la même promotion d'évêques présentait de véritables contrastes. En 1776, Louis XVI nomma M. de Bonteville à Saint-Flour, celui-là même qui devait finir si tristement à Grenoble, et M. de Bonal à Clermont. Le premier se fit surtout remarquer à Saint-Flour par les saillies de son esprit et la distinction de ses manières ; le second vécut à Clermont en apôtre, édifiant son diocèse par l'austérité de sa vie et l'ardeur de son zèle. Si grande était à son égard la vénération de Louis XVI qu'il le consulta pendant la Révolution sur ses devoirs religieux. On prêta au roi un joli mot quand il signa la nomination des deux prélats, en 1776. «c Je viens, dit-il, d'cQvoyer le Saint-Esprit en Auvergne, le saint à Clermont et l'esprit à Saint-Flour^.» M. de Bonteville succédait à Saint-Flour à Paul de Ribeyre, grand évêque qui passa les trente années de son pontificat à instruire son peuple, à former, î< régler, à animer son clergé par les séminaires.
1. Évêque de Toul de 175'i à 1773. Son prédécesseur, MgrBégon, avait montré le même caractère et était connu sous le nom de saint évêque. Mathieu, op. cit., p. 150-152, 334.
2. Chaumeil, Essai sur l'/iisioire relii^ieuse du diocèse de Saini-Flour^ 1856, p. 20-21.
'80 BONS ÉVÈQUFS
les conférences, les retraites, les statuts synodaux, à embellir sa ville, à s'occuper des hôpitaux, des collèges, des écoles, laissant ainsi dans son pays une mémoire impérissable.
On le voit, il n'y a pas d'évêché en France qui, à côté de tel prélat moins recommandable, ne nous offre de grandes vertus au XVIIF siècle. En continuant ici notre enquête et en regardant presque au hasard, les annales des diocèses nous permettraient de multiplier les preuves et les exemples.
Saluons à Périgueux Grossoles de Flamarens, dont les contemporains^ se plaisaient h vanter la foi et la pureté de vie ; à Sarlat, Falcombelle de Ponte d'Albaret, que sa bonté, sa générosité rendaient populaire dans son diocèse, au point qu'il fut élu à l'unanimité maire de Sarlat, sa cité épiscopale ^ ; La Ferronays, que Saint-Brieuc, Rayonne et Lisieux virent appliqué h ses devoirs, d'une bonté communicative, d'une tendre compassion pour les malheureux ; Rafelis de Saint-Sauveur, évêque de Tulle, que toutes les bouches célèbrent à l'envi ^; M. de Chan-
1. Ces témoignages ont été recueillis par l'abbé Audiorne, qui fut pendant vingt ans vicaire général de Pévigueux.
2. Son administration comme maire et seigneur de Sarlat, fut très paternelle. Il était indulgent pour les chasseurs qui violaient sur ses terres les lois féodales ; il faisait l'abandon de tous les droits fiscaux qui lui revenaient comme seigneur cl baron de Sarlat. Il aimait les pauvres et se mêlait simplement à toutes les classes de la population. Après sa prise de possession, il consacra trois ans à la visite de son diocèse. Sa douceur, sa bonté le faisaient aimer de son clergé. En 1782, une épidémie dite la Siiette atteignit six cents personnes; quarante- sept périrent. M. d'Albaret visita presque tous les malades.
3. Un mémoire du temps dit de lui : « Il y vit (à Tulle) occupé de tout ce qui peut opérer le bien; il y est aimé et respecté. Ses mœurs, son bon-
nOXS ÉVÊQUES 81
terac, homme intègre, mortifié, initiateur de tous les progrès, le « bienfaiteur du pays », et qui clôt dignement la succession épiscopale de ce modeste siège d'Alet, lequel, au début du XVIIP siècle, avait été occupé par un saint K
La Rochelle a joui pendant trente-huit ans des bienfaits de Menou de Charnisay. Constamment infirme, ce prélat n'en a pas moins fourni une longue carrière. Il est mort à l'âge de quatre-vingt-six ans, instituant l'hôpital de la ville pour légataire universel, et laissant déborder dans un testament admirable les sentiments apostoliques qui avaient inspiré son pontificat. Son successeur, Crussol d'Uzès, continue ces traditions et fait admirer, durant les vingt-un ans qui précèdent la Révolution, son amour de la discipline ecclésiastique et sa fermeté épiscopale 2.
François Tristan de Cambon termine bien la série des évêques de Mirepoix. Il succédait à M. de Champflour, l'un des plus pieux et des plus charitables prélats de France. M. de Cambon marche sur ses traces. La paix,
néteté le rendent digne du sanctuaire; les agréments de son esprit, Id douceur de son caractère, sa gaieté décente font les délices des membrea de sa famille qu'il compte près de lui. Sa figure est noble, etc. » Un autre document, daté delà mort de M. de Saint-Sauveur,' en 1791, dit: « Des moeurs aimables, pures et vraiment épiscopales, une affection paternelle pour tous ses diocésains, une charité éclairée pour les pauvres, un zèle tendre pour la religion et l'Eglise, une fidélité scrupuleuse à tous les devoirs que ses incommodités habituelles lui permettaient de remplir, telles furent les vertus qui lui acquirent l'estime, l'amour, le respect de ceux que des passions haineuses n'irritent pas contre le mérite, et qui sauent pardonner à un caractère ('f/',mais loyal et juste, des défauts inséparables de l'humanité. » Cf. Poulbrière, Histoire du diocèse de Tulle, 1884, p. 330.
1, Charles Nicolas Taffoureau, évêque d'Alet de 1700-1708, a portait sur lui des cilices et des disciplines pour mortifier son corps. Il menait la vie d'un saint, consacrant un temps considérable à la prière dans le calme et la solitude... Dès qu'il eût rendu à Dieu sa belle âme, on vit les ecclésiastiques et tous les fidèles honorer ses restes comme des reliques. )) Cf. Lasserre, Recherches sur la ville d'Alet, 1877, in-S".
2. Briand, Histoire de l'Eglise Sanione et Aunisicnne, t. IIIj p. 392-397.
l'harmonie, la charité parfaite qu'il fait régner dans son clergé, l'hôpital de la ville rebâti à ses frais, des secours abondants envoyés périodiquement dans chaque presbytère pour le soulagement des pauvres, de grandes routes tracées sous son impulsion dans tout le pays, lui gagnent l'amour et la reconnaissance de ses diocésains. En 1782, une maladie contagieuse lui fournit l'occasion de faire éclater son dévouement et son couraore. Il se trouvait h Aix pour un procès relatif aux droits de son siège ; la sentence devait être portée le lendemain. Une lettre lui annonce que la suette ravage son diocèse. Il part aussitôt, prend, en passant à Montpellier, le célèbre médecin Fouquet, arrive à Mirepoix, et parcourt son diocèse avec le docteur qui parvient à arrêter le cours de l'épidémie. Apprenant que la population de Toulouse est victime du même fléau, il détermine Fouquet à se rendre avec lui dans cette ville, où avaient succombé, en l'espace de douze jours, plus de mille personnes. Là encore le mal fut vaincu par la science et le zèle apostolique ^.
Au moment de la Révolution, l'Église de Montpellier était gouvernée par M. de Malide, qui avait déployé à Avranches ses vertus et son zèle apostolique. Marchant sur les traces de ses deux prédécesseurs, Renaud Je Villeneuve et Raymond de Durfort, fidèle observateur de la résidence, d'une charité inépuisable, plein de bonté et de douceur, attentif h encourager les études dans son clergé bien qu'il ne fût point lui-même prédicateur, il a laissé dans son diocèse un impérissable souvenir ^.
1. Cf. Salvan, Histoire générale de l'Eglise de Toulouse, 4 vol. in-8; IV, 518-520. — En 1782, l'épidémie de suette fit également des ravages dans le diocèse de Pamiers, où plus de 400 victimes succombèrent. Le clergé, l'évêque en tète, M. de Lévis-Léran, se multiplia. Cf. Lahondès, Annales de Pamiers, t. II, p. 341, 342,405-415.
2. La vie de l'abbé Coustou par l'abbé Coste cite «M. de Barrai, évêque de Castres, M. Je Fumel, évêque de Lodève, tous deux si étroitement unis à M. de Malide, évêque de Montpellier, par l'austérité de leur vie,
BONS KVÊQUES 83
A Castres, M^ de la Royère fait une belle fin à l'épiscopat de ce diocèse. « Ami des pauvres, doux, affable, conciliant, il obtint également, dit son historien, et l'estime et le respect des catholiques et des protestants. » Ces derniers furent admis plusieurs fois à sa table. Cet homme si bon pour les autres était sévère pour lui-même. Vivant très frugalement, se contentant pour son déjeûner d'un morceau de pain trempé dans de l'eau et du vin, levé à la première heure, toujours fidèle à l'exercice de l'oraison, il fit aimer ses vertus, la pureté de sa vie, et sut allier à la simplicité, la vigilance, la fermeté, le zèle et une grande dignité épiscopale. Ses écrits ont un accent de foi et de piété qui ne trompe pas. Sous la Révolution, Rouanet, vicaire épiscopal de l'Hérault, plus tard évêque constitutionnel de Montpellier, lui écrivait : « Si la sensibilité du dernier des prêtres pouvait être de quelque prix auprès d'un évêque, j'oserais vous dire, respectable prélat, que parmi les évêques de France qui, avant la Révolution, m'ont intéressé par leurs lumières et leurs vertus, et qui, depuis la Révolution, me sont devenus plus intéressants encore par leurs malheurs, vous avez toujours occupé une des premières places ^. »
Sur la fin de l'ancien régime, Perpignan s'édifie pendant quarante ans des admirables vertus de M. de Cardevac de Gouy d'Avrincourt (1743-1783), que les historiens du pays présentent comme un saint. Après lui, apparaît sur ce siège la douce et aimable figure de M. d'Agay, qui sut, à force de bonté et de bienfaits, trouver le cœur de ses prêtres. Pour affronter les orages de la Révolution, ce diocèse aura à sa tête un digne évêque, Mgr d'Esponchez, qu'on verra aussi fer.ne dans la tempête, aussi atta-
par la sympathie d'une prière fervente et par la conformité de leurs yœux pour le bonheur des peuples. »
1. Nayral, Biographie castraise, 1833, t. III, p. 3Ô$-S66. — Notice de M. Picot {Ami de la religion, 1829).
BONS EVEQIIES
ché à rortliodoxic qu'il s'était montré libéral et généreux en 1789 1.
C'est en latin qu'a été fait l'éloge deM.de Cortois de Quineey, évêque de Belley au moment de la Révolution. L'épitaphe ^ gravée sur sa tombe résume quarante ans d'un épiscopat apostolique et toute une vie de foi, de piété et de charité. C'est grâce au souvenir de ses vertus et à l'influence de son neveu, Mgr Cortois de Pressignj, ambassadeur à Rome, que Belley resta dans le concordat de 1817 le siège de l'évêché du département.
Il nous a sufTi de prendre des noms presque au hasard dans l'ancien épiscopat pour trouver des vertus. Nous pouvons maintenant embrasser d'un regard des provinces ecclésiastiques tout entières, assurés de rencontrer à la tête de chaque diocèse de bons évêques. Au premier rang marche la catholique Bretagne ^. Les neuf évêchés de ce
1. Cf. l'important ouvrage de M. l'abbé Torreilles, Histoire du clergé dans le département des Pyrénées-Orientales pendant la Révolution, 1890, in-8o, p. 12, 13, 294, 295. — Ua historien peu suspect, le constitutionnel Mathieu, a rendu ce témoignag-e à Mgr de Gouy d'Avrincourt : Il s'acquittait « de tous les devoirs de la bienfaisance, sans admettre les dames dans son palais et sans être faible envers les autorités, La nuit, il se rendait à la chapelle du S. Sacrement, seul, éclairé par sa lanterne. »I1 y passait souvent toute la nuit. Ses largesses le mettaient fréquemment dans la détresse, et on le vit vendre jusqu'à son mobilier pour soulager les pauvres.
2. Ditiores ecclesias semel iterumque recusavit, suse fidelissimus sponsœ. In cujus cultum, ornamentum, dolationem, pauperumque curam redditus ambarum abbatiarum fere totos impendebat; cleri, populique sibi commissi fidem, mores, pietatem, constanti studio, felicique successu fovit, aluit, augit; omnium forma et exemplar, omnibus carus, omnibus flebilis. — Depery, Hagiographie du diocèse de Belley, p. 361-362.
3. Voy. pour la Bretagne: Tresvaux, L'Eglise de Bretagne, 1839, in-8o ; — Guillotin de Gorson, Fouillé historique de l'archevêché de Rennes, 6 vol. in-8o. — Tresvaux dans un autre ouvrage, Histoire de la persécu»
fiONS ÉVEQUEâ 8d
pays offrent de dignes prélats et parfois de vrais saints. Tel se montra sur les sièges de Tréguier et de Nantes M. Fretatde Sarra, dontlesvcrtus, la piété angéliqiie, ont laissé dansées deux villes un impérissable souvenir. Il n'avait eu qu'à suivre à Nantes les exemples de M. de Sanzay, un de ces prélats dont la mémoire est bénie par plusieurs générations. Son successeur, M. de la Laurancie, fut un évêque irréprocbable. Saint-Pol de Léon nous présente M. d'Andigné de la Chasse, qui donna sa démission en 1772, emportant les regrets universels. Il fut remplacé par M. de la Marche ^, pontife au cœur d'apôtre pendant son épiscopat, la providence des émigrés pendant la Révolution.
Les trois derniers évêques de Saint-Malo, la Bastie, desLaurents et Gortois de Pressigny, se firent remarquer par leur piété et leur zèle. Ce dernier avait été élevé sous les yeux de son oncle, Gortois de Quincey, évêque de Belley. Quimper compte également une suite de dignes pontifes qui se termine par Farcy de Guillé ~, Grossoles
iion religieuse en Bretagne, résuoie en ces termes son jugement sur l'épiscopat de Bretagne en 1789: «La Bretagne possédait des évoques dignes de toute estime et de toute confiance. A Rennes, c'était M. de Girac, habile administrateur ; à Nantes, M. de La Laurancie, aimé de son troupeau, surtout à cause de ses abondantes aumônes. M. de Saint-Luc, à Quimper, et M. de Hercé à Dol, avaient acquis, à juste titre, la réputation de saints prélats, et sous ce rapport, M. de la Marche, à Saint-Pol de Léon, et M. Le ]$Iintier à Tréguier, ne leur cédaient guère. M. Amelot, à Vannes, et M. de Bellescize, à Saint-Brieuc, honoraient l'épiscopat par leur conduite ; et M. G(>rtois de Pressigny, placé depuis peu d'années sur le siège de Saint-Malo, marchait sur les traces de ses vénérables prédécesseurs, MM. de la Bastie et des Laurents. »
1, Ce prélat faisait chaque année sa visite pastorale présidait les retraites ecclésiastiques et répandait d'abondantes aumônes. Il menait en quelque sorte dans son palais la vie de communauté, sans cesser d'être accessible pour tout le monde, surtout pour son clergé. Il observait une stricte résidence.
2. Cet évêque était plein de zèle et très ferme sur la discipline; il préftidait les retraites, les missions et passait de longues heures au confessionnal. On admirait aussi son esprit, son activité infatigable, sa charité inépuisable. Son successeur, Grossoles de Flamarens, fut transféré à Périsrueux.
86 BONS ÉVÉQUES
de Flamarcns et M. de Saint-Luc, lequel menait la vie d'un saint K
Sur le siège de Rennes, M. de Girac faisait apprécier avec les talents d'un administrateur souple, conciliant et habile, sa charité, son zèle, sa sollicitude pour toutes les branches de l'instruction publique. Un de ses contemporains, le cardinal de la Tare, nous le montre se distinguant « dans ses premières études, autant par ses succès brillants que par la piété tendre et l'esprit de conduite qu'il conserva toujours. » Il se plaît à vanter en lui la (( finesse de l'esprit, la rectitude du jugement, la profondeur des vues, l'étendue des idées, une instruction presque universelle, » un cœur ouvert à toutes les infortunes, une mémoire qui n'ayant rien oublié, lui permettait de faire encore, dans un âge très avancé, le charme de la société la plus choisie. Son souvenir «honorera longtemps l'Eglise gallicane, dont il fut jusqu'à son dernier jour la tradition vivante et un véritable oracle. ^ »
A Vannes, Amelot était plein de modération et de sages-
1. M. de Saint-Luc, nommé en 1773 évèque de Quimper, en remplacement de Grossoles de Flamarens, appelé au siège de Périg-ueux, donna l'exemple de toutes les vertus épiscopales. Tonsuré dès l'âge de sept ans, il montra dès cette époque une piété qui ne se démentit jamais. Elevé a l'épiscopat malgré lui, il résida constamment dans son diocèse, et s'acquit une véritable réputation de sainteté. Levé de grand matin, donnant de longues heures aux exercices de piété, il menait dans son palais là vie d'un religieux. Chaque fois qu'il allait aux Etats de Bretagne, il avait coutume de s'arrêter, au retour, à la chartreuse d'Auray pour y passer quelques jours dans le recueillement et la retraite. Plein de bonté et d'affection pour ses prêtres, attentif à visiter son diocèse, d'une générosité inépuisable pour les pauvres, il fit bénir son nom et se montra le modèle de son troupeau. La Révolution le trouva inébranlable dans ses principes. Il mourut en 1790, au moment où la persécution commençait à se faire sentir dans les provinces.
2. Cardinal La Fare, Notice sur M. François Bureau de Girac, évêque de Rennes, 1821. Bonaparte voulut nommer à un évèché M. de Girao ; il refusa et n'accepta qu'un canonicat à Saint-Denys. 11 vécut à Paris en-» touré de la considération que lui méritaient ses vertus, ses lumières et la sagesse d« ses conseils. Il mourut en 1820, âgé de quatre-vingt huit ans.
se, strict observateur de la résidence, attentif à tous les détails de l'administration, plein d'affectueuse bonté pour son clergé. Dufort, comte de Cheverny^, dit qu'il fut « l'un des hommes les plus vertueux du royaume. » Nous aurions à faire le même éloge de M. Le Mintier, que la Révolution trouva évêque de Tréguier ^. Le dernier des évêques de Saint-Brieuc, où ne figurent qne de bons prélats dans tout le cours du dix-huitième siècle, Regnault de Bellescize eut la joie de convertir La Harpe dans les prisons de la Convention. Le spectacle des vertus du prélat, supportant avec un calme admirable et une force toute chrétienne de violentes douleurs de goutte et les tristesses de la détention, firent autant d'impression que ses discours sur l'illustre littérateur.
Nommons enfin, M. de Hercé, évêque de Dol. Durant les vingt-deux ans d'épiscopat qui précédèrent la Révolution, il fournit une carrière pleine de foi, de zèle, d'ardeur apostolique ; couronnée par une lin tragique, elle a rendu son nom populaire et vénéré dans toute la Bretagne 3. La prison, l'exil, l'échafaud, le martyre apportent