‹ L'ancien clergé de FranceChapitre 35 sur 110 · Séance du 23 octobre · texte numérisé non relu

Séance du 23 octobre

LES ÉVEQUES FONCf IONNAIRÉS SALARIES l99

morale, avec son crédit et sa naissance, » j'aurais pu vous dire, s'écrie Mirabeau: « Croyez-vous que si le clergé n^était pas propriétaire, la religion fût moins sainte, la morale publique moins pure et les mœurs du clergé moins sévères? » Croyez-vous que le peuple aurait pour les prêtres moins de respect et de coiifiance, a s'il n'était pas forcé de comparer leur opulence avec sa misère, leur superflu avec ses besoins, et ses travaux avec la rapidité de sa fortune? * »

Les intentions de Mirabeau étaient donc pures comme son âme. Quelques jours auparavant, Garât avait été plus franc. Il avait dit: « Il importe que les fonctionnaires ne soient payés que par la nation. S'ils peuvent êtî^e propriétaires, ils pein>ent être indépendants; s'ils sont indépendants, ils attacheront cette indépendance à l'exercice de leurs fonctions 2. »

Voilà le but poursuivi par les meneurs ; il s'agissait d'atteindre le clergé dans son indépendance en le réduisant au salaire. Devant ce calcul devaient échouer les protestations timides des modérés et les plus vives répugnances de l'Eglise. Malouet, dans la séance du 13 octobre 1789, avait essayé de faire entendre la voix de la raison. « Pouvons-nous, disait-il, réduire les évèques, les curés à la qualité de pensionnaires ! La dignité éminente des premiers, le ministère vénérable des pasteurs, n'exigent-ils pas de leur conserver, et à tous les ministres des autels, les droits et les signes distinctifs des citoyens, au nombre desquels est essentiellement la propriété? »

Les évêques, les orateurs du clergé à la Constituante multiplient sur ce point leurs réclamations. « Ne vous étonnez pas, s'écrie à la tribune M. de Boisgelin le 31 octobre 1789, que nous réunissions toutes nos forces

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