‹ L'ancien clergé de FranceChapitre 44 sur 110 · Cf. Moniteur du 23 août · texte numérisé non relu

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PLUS DE RELIGION d'ÉTAT 227

La cause des réformés était donc en faveur et ne pouvait que triompher. Le décret du 24 décembre 1789 proclama leur admissibilité à toutes les charges publiques. Les juifs, contre lesquels subsistait tant de haine, furent traités moins favorablement. Leurs intérêts furent plaides dans la séance du 23 décembre 1789. « Il n'y a pas de milieu possible, dit le comte de Glermont-Tonnerre : ou admettez une religion nationale, soumettez-lui toutes vos lois, armez-la du glaive temporel, écartez de votre société les hommes qui professent un autre culte, et alors effacez l'article de votre déclaration des droits. Ou bien permettez à chacun d'avoir son opinion religieuse. Voilà la justice, voilà la raison. » Maury, M. de la Fare, évêque de Nancy, les attaquèrent vivement. Ils ne furent pas compris dans le décret déclarant les citoyens admissibles à toutes les fonctions publiques ^.

La discussion sur la liberté des cultes n'eut point l'éclat et l'ampleur que comportaient la gravité et la grandeur du suj(ît. Le débat engagé comme par hasard, au sujet d'un article de la déclaration des droits de l'homme, se traîna dans des observations secondaires et des malentendus. Les évêques traitant la question en théologiens, Mirabeau la traitant en philosophe, ne pouvaient s'entendre. Pour les évêques, la religion catholique étant d'institution divine et la seule vraie, devait seule jouir d'un culte public. Pour Mirabeau, la religion

1. Le décret du 24 décembre 1789 porte : « Les non-catholiques pourront être électeurs et éligibles, pourront être élus dans tous les degrés d'administration, dans tous les emplois civils et militaires... Sans entendre rien innover relativement aux juifs, sur l'état desquels l'assemblée nationale se réserve de prononcer. Il ne pourra être opposé à l'éligibilité d'aucun citoyen, d'autres motifs d'exclusion que ceux qui résultent de décrets constitutionnels. » Ces derniers mots paraissaient en faveur des comédiens, des exécuteurs des hautes œuvres. -- Dans la séance du 28 janvier 1790, Grégoire contribua à faire décréter que les juifs portugais, espagnols, avignonais, continueraient à jouir des droits qu'ils possédaient. La cause des juifs allemands était ajournée.

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