Chapitre IV. Que penser de V ancien épiscopat
I. Ce qui nous frappe tout d'abord dans l'ancien épiscopat c'est qa'il est partout. — Les siècles l'ont mêlé à toutes les branches de l'organisation administrative et politique. — Sa compétence et ses services en matière profane. — Combien ces évêques sont français et portent à travers l'histoire l'empreinte de leur siècle. — Si l'action de l'Eglise est limitée au spirituel. — A cette ubiquité des évoques s'allie \xn grand prestige. — Grands noms, grand train de l'épiscopat. — Inconvénients du choix exclusif des évêques dans la noblesse. — Le bas clergé et le peuple s'en plaignent. — Ces prélats trop au-dessus de leur clergé et de leurs fidèles. — IL Ce qui se dégage de celte situation complexe, c'est que ces évêques avaient au plus haut degré les vertus sociales. — Ils avaient aussi les vertus prirées, malgré la tache imprimée à ce grand corps par la vie peu édifiante d'une dizaine de prélats. — Quant aux vertus episcopales, on peut reprocher à la minorité le manque de résidence et la rareté des visites diocésaines. — Difficulté de porter le poids de l'épiscopat au milieu d'une existence de grand seigneur.
— Attraction de la cour. — Cependant la majorité des prélats fidèle à ses devoirs épiscopaux. — Causes de la défaite religieuse des évêques au XV^III»^ siècle. — L'enchevêtrement de l'Eglise dans l'Etat est pour elle une faiblesse. — Les vieux cadres sont usés.
— Jeunesse et décrépitude du siècle. — L'édifice va craquer. — Séduction de ces évêques que nous quittons à regret. — Jugement de Burke, de Tocqueville. — Ces prélats vont montrer dans l'épreuve de la Révolution ce qu'ils avaient au fond de l'âme de vertus, de courage et de foi .... . 101