‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 220 sur 354 · Collection ecclésiastique^ XII, p. 30 et suiv · texte numérisé non relu

Collection ecclésiastique^ XII, p. 30 et suiv

ET LA COiSSTITUTION CIVILE DU CLERGE 459

maîtres du jour, ptis aussi sans doute d'un secret désir dès honneurs, hésite, tergiverse, consulte les amis politiques intéressés à le pousser en avant, refuse la nomination que viennent de faire de lui les électeurs, presse de nouveau M. de Dur fort de céder, s'enfuit à la capitale, mais en arrive peu a peu à se faire à l'idée d'une promotion qui l'avait d'abord épouvanté, finit enfin par accepter l'évêché du Doubs, tout en faisant longtemps attendre son arrivée à Besançon et la prise de possession solennelle de son siège. Cette pénible élaboration d'un évêque constitutionnel, est par la nature des lettres et des sentiments échangés entre le prélat légitime et l'usurpateur% un iutéressant épisode du schisme dont nous retraçons l'histoire. ' ,

1. Citons seulement ces paroles de M. deDurfort à l'usurpateur: «Puisque le ciel vous parle, je me tais. Puisse-t-il achever son ouvrage, et vous rendre cette paix de l'âme dont vous êtes si digne par vos vertus ! C'est dans cet espoir que je suis avec une estime distinguée et un sincère et respectueux attachement, etc..» Sauzay, I, 372, 373, 390, 391. — Le cardinal de Bernis écrivait à l'intrus Gausserand : « vous, qui par la place que j'avais cru pouvoir vous confier, comme promoteur de mon diocèse, pour veiller à la garde du sanctuaire et au maintien des règles ecclésiastiques, vous sur qui je me reposais pour dénoncer à mon zèle le prêtre coupable qui aurait oublié la sainteté de son ministère, eomm.ent n'avez-vous pas craint de donner vous-même par votre apostasie et par votre intrusion schismatique, un scandale que nous voudrions couvrir en vain de tous les voiles de la charité chrétienne? Quoi! sans mission.., vous ne frémissez pas d'entrer dans le bercail de Jésus-Christ, pour en être le loup ravisseur..., pour profaner cette chaire épiscopale, établie dès les premiers temps du christianisme par les successeurs des apôtres et illustrée par la sainteté des pontifes qui l'ont occupée, saint Clair, saint Diogénien, saint Salvj. » Le cardinal de Bernis, p. 501.

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