‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 158 sur 324 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

prêtre, né à La Val de Ress, près Castelnau, au diocèse de Fréjus, étudia et prit ses grades à Toulouse, aidé par un oncle, chanoine de la métropole d*Auch. De Toulouse, il passa à Notre-Dame-de-Galézeau, maison occupée par des prêtres missionnaires. Leur genre de vie lui plut beaucoup. Il était déjà prêtre et commençait à exercer le ministère de la parole lorsque cette congrégation, de même que le chapitre d'Auch, fut supprimée.

Résolu à refuser le serment et à passer en Italie, il partit sur une barque et suivit le canal du Midi qui le conduisit à Agde. Il n'eût plus assez d'argent pour continuer son voyage. Le grand-vicaire d'Agde, l'abbé de Gohin, regarda l'arrivée de ce jeune prêtre comme un effet de la miséricorde de Dieu en faveur des catholiques. Il lui fit accepter tous les pouvoirs pour la ville et le diocèse. On connut bientôt et on apprécia le zèle infotigable de Tabbé David. Souvent appelé dans le diocèse de Béziers et dans celui de Montpellier, il ne pouvait exécuter ses déplace-

ments qu'à la faveur des ténèbres et souvent, dans une seule nuit, il avait trois ou quatre lieues à faire. Il couchait parfois en rase campagne, ou sur le bord de la mer, et le résultat de ses grandes fatigues fut tel que ses jambes enflées ne lui permettaient plus ces excès de zèle. Surpris une nuit, comme il passait d'une maison à une autre, il fut «déféré» au Département et enfermé^ avec des malfaiteurs, dans la prison du Palais, où on le laissa pendant plus de dix mois sans s'occuper de lui. Il étai^ tombé malade et eut la consolation d'être soigné par des personnes charitables.

Ce fut à cette époque qu'il eut l'occasion d'exercer son zèle à l'égard d'un émigré. Il entendit sa confession <rt le disposa par ses touchantes exhortations à porter courageusement sa tête sur l'échafaud.

Enfin, après un séjour d'un an, ou peu s'en faut, dans les prisons du Département, il parut devant ses juges. On lui reprocha de n'avoir pas obéi à la loi qui lui prescrivait de quitter h sol de la République, puisqu'il avait refusé le serment. Il répondit qu'il était parti dans ce but, mais que les ressources pécuniaires lui ayant fait complètement défaut, il avait dû s'arrêter à Agde. On le condamna à être reconduit, la chaîne au cou et de brigade en brigade, jusqu'à la prison de Fréjus, où on le laissa sans secours et ignoré même de sa famille. Tiré enfin de ce triste abandon par un représentant du peuple en mission, il put se rendre auprès de ses vieux parents.

Tandis qu'il faisait espérer, à Agde, son prochain retour, un grandvicaire de Mgr de Bausset, évéque de Fréjus, le rétint pour l'envoyer exercer son zèle à Castelnau; mais il se mit lui-même dans l'impossibilité de remplir cette honorable mission, ayant par délicatesse de conscience, refusé de souscrire à la promesse de fidélité. Pendant le carême de 18or, l'abbé David était encore confiné dans sa famille, à La-Valde-Ress.

Cf. Ms. de Tabbé de GoHiNS, p . 127.

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