THÉRON
Deux prêtres de ce nom à Béziers : l'oncle et le neveu. Tous deux bénéficiers à Saint-Nazaire et ayant tous deux signé la lettre du chapitre à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790) ; tous deux aussi, pour refus du serment constitutionnel, déportés le même jour d'Agde à Nice (9 août 1792). La pension de l'oncle; 903 1. 12 s. 5 d.; la pension du neveu : 500 1. 17 s. Ce dernier doit être Jean-Jacques-KÂndré-^égis, succursaliste à Sérignant en 1807, avec pension de 266 fr. 67 centimes.
THOMASSIN (Etteftne),
né le s juillet 1747, curé des Angles, non assermenté. Le club des Angles se plaint de lui et de son vicaire, Astruc, à la Société populaire de Saint- Pons et demande appui contre les deux. Ils sont déportés (8 vendémiaire an VI, 29 septembre 1797).
En 1807, curé d'Olargues, décédé le 21 janvier 1827.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 bis; — Archives de l'Evêché. Reg. des T>txès.
TINDEL (Jacques),
prêtre, bénéficier à Saint-Nazaire, insermenté,. avait signé la lettre du chapitre à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790). Déporté d'Agde à Nice, le 5 août 1792. Rentré en France, il est obligé de repartir; il prend à Béziers un passe-port pour l'Espagne (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797). Au rétablissement du culte, il fut nommé curé des Matelles. Il se retira comme simple prêtre habitué sur la paroisse de la Madeleme, à Béziers, où il rendait des services au clergé de la paroisse.
TOND UT . (Jean-JacqueS'Marie),
né à Bessan, eût l'honneur, bien jeune encore, de manifester son attachement à la Foi catholique.
A l'âge de vingt ans, il terminait ses études chissiques, au séminaire d'Agde et n'avait pas encore reçu les ordres, lorsque survint la Révolu-
rV. Lts Martyrs et Confesseurs de la Foi.
tion. Il ne balança pas un instant et s'expatria courageusement. Il partit pour Rome, muni d'une lettre de recommandation et fut admis dans un couvent de Capucins. Il y prit l'habit de l'ordre, se distingua par sa grande vertu, et son amour pour la règle, termina ses études ecclésiastiques, reçut les saints ordres, émit les vœux ordinaires de religion et mérita d'être nommé gardien d'un des couvents des environs de Rome.
Après le Concordat, le nombre des prêtres destinés à desservir les paroisses étant insuffisant, nos évêques demandèrent au Souverain Pontife de délier les religieux français de leurs vœux claustraux qu'ils avaient émis pendant la déportation et de les renvoyer dans leurs diocèses respectifs, pour se mettre à la disposition de l'Autorité ecclésiastique. C'est dans ces conditions que le P. Tondut revint à Montpellier et reçut le titre de vicaire de l'abbé Massip, curé de Marseillan.
Au bout de deux ans d'un ministère fructueux, on le transféra à la paroisse de Cette, dont le curé Gourgon, son parent, n'était pas étranger à ce déplacement; il avait, en effet, tenu beaucoup à posséder auprès de lui le P. Tondut, auquel il portait le plus vif intérêt. Celui-ci, formé à la vie paroissiale par des hommes tels que les abbés Massip et Gcurgon reçut de. l'évêché de Montpellier le titre de curé de Marseilhan, et prit possession de cette paroisse, le 2 février 18 14, en la fête de la Purification de la Très-Sainte Vierge. Agé de 44 ans, et plein d'un saint zèle, le curé Tondut avait besoin de toute son activité pour desservir une population de 4,000 âmes ; à lui seul et sans vicaire, il avait à remplacer le curé Mares, décédé, et le P. Meau, nommé curé de Bessan. Pendant dix ans, il dut se contenter, pour le service paroissial de la chapelle de l'ancien couvent des Récollets, aujourd'hui chapelle des Dames de Saint-Maur.
Le 3 mai 1823, fête de l'Invention de la Sainte-Croix, il put enfin prendre possession d'une église plus vaste à laquelle, quelques années plus tard, il fit construire un clocher. Malgré ses nombreuses occupations, il savait trouver assez de temps pour s'intéresser aux entants,
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
donner à certains les premiers rudiments de la langue latine, pour les mettre en état d'entrer au petit séminaire ; ce qui lui permit de donner a l'Eglise des prêtres qui firent honneur au diocèse. De même, par ses soins, plusieurs jeunes filles entrèrent dans des maisons religieuses et y prirent le voile, puissamment aidé dans cette belle œuvre par les Dames de Saint-Maur qu'il avait appelées dans sa paroisse.
Il n'avait pas le don de la parole, mais il savait suppléer à son insuffisance en appelant des ouvriers évangéliques qui donnaient des sermons dans les grandes circonstances, des retraites et même des missions. C'est ainsi que le père Caumette et le père Soûlas donnèrent pendant l'hiver de 1860 une mission dont le souvenir est perpétué par l'érection d'une croix monumentale.
Mgr Thibault le nomma chanoine honoraire de sa cathédrale et lui en annonça lui-même la nouvelle. Le curé ne voulait point de cet honneur qui lui paraissait incompatible avec son ancien état de religieux franciscain. Le prélat lui répondit: « L'obéissance au Saint-Père vous a fait quitter le manteau de bure de Capucin ; l'obéissance à votre Evêque doit vous faire accepter le manteau de soie des chanoines».
Peu de temps après cette marque d'estime et de bienveillance de la part d*^ son supérieur, l'abbé Tondut, frappé d'une attaque d'apoplexie (vendredi, 26 février 1843) rendit sa belle âme à Dieu le surlendemain,, sans avoir repris connaissance. Il avait 73 ans et n'avait plus qu'a recevoir la récompense d'un bon et fidèle serviteur.
Cf. Renseignements dus à l'obligeance de M. Tabbé Faure, curé d'Alignan-du-Vent; — Arch. de FEvêché, T(^g. des Décès,
TOUCHY (Raymond),
né à Florensac le 18 octobre 1768, se fit remarquer dès son enfance par sa tendre piété. Après de bonnes études, il reçut les saints ordres et fut nommé vicaire à Vias, puis à Cette. Son zèle et sa ferveur lui attirèrent la confiance de tous et surtout des personnes pieuses.