‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 95 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

:1 ne savait pas toujours être maître. Nommé vicaire à Bouzigues, avec des pou^^oirs restreints, il occupa peu après une hebdomade au chapitre cathédral de sa ville natale et la conserva jusqu'au moment où on lui demanda le serment constitutionnel, qu'il refusa de prêter. Sa pension lui assurait une somme de 1127 1. 17 s. 6 d. Il avait alors 42 ans et était devenu, au dire de Tabbé de Gohin, « sujet à des dérangements de raison, qui coïncidaient avec les changements de lune w.

Sur l'avis de sa famille, il avait d'abord résolu de se tenir caché ; mais, comme cette vie d'immobilité ne cadrait nullement avec son caractère remuant et ses habitudes errantes, ses parents l'engagèrent à formuler une pétition pour être dispensé de la loi de la déportation, à laquelle il était sujet à raison de son âge. On l'enferma néanmoins à la maison de justice, à Montpellier, puis dans la maison de réclusion, et mis à part à cause de son état de démence. L'Administration centrale donna ordre au District de Béziers de vendre ses meubles et immeubles, si ce n'était déjà foit (19 prairial an II, 7 juin 1794J.

Sur une pétition de sa mère, âgée de 80 ans, le représentant du peuple Girot-Pouzol décréta qu'il serait rendu à sa famille, sous la surveillance de la municipalité d'Agde., et que les effets lui appartenant, dans la maison de réclusion, lui seraient rendus (26 germinal an III, 15 avril 1795).

Aubin prêta à Agde [2 brumaire an IV, 24 octobre 1795) et à Bessan (le 1 1 brumaire, 2 novembre) le serment par lequel il reconnaissait l'universalité des citoyens français comme souverain, et promit soumission et obéissance aux lois de la République. Il obtint certains pouvoirs spirituels de l'abbé de Gohin, son ancien compagnon de captivité, administrateur apostolique du diocèse d'Agde ; mais à cause de son état mental, ces pouvoirs lui furent bientôt retirés. Accusé d'avoir exercé les fonctions religieuses dans des maisons particulières, il fut arrêté, à 9 heures du soir, comme il se promenait dans la rue, devant son propre domicile (ij messidor an VII, 3 juillet 1799), et enfermé dans la prison

;j L'ANaSN CLERGÉ DU DIOCESE DE MONTPELLIER.

d'Agde. La Municipalité de cette ville soumit le cas à l'Adminisiration centrale. Celle-ci ordonna d'envoyer le réfractaire dans la Maison de Réclusion de Montpellier « à cause de la fiiiblesse de son esprit » (5 thermidor an Vn, 23 juillet 1795V

Instruit du fait, le ministre de la Police demanda si cette mesure avait été prise d'après le rapport des officiers de santé (19 thermidor an VII, 6 août 1797I. L'Administration du Département répondit au ministre qu'on ne Pavait pas jugé nécessaire, attendu que le prêtre Aubin était « dans l'état de démence reconnu ». On le soumit cependant alors à la visite du professeur Dumas, médecin chargé du service des ecclésiastiques (25 fructidor an VII, 11 septembre 1799), et on le maintint dans la Maison de Réclusion, après Tavoir fiiit passer par la Maison d'Arrêt et par la Maison de Justice. Cest dans cette demeure que le pauvre prisonnier fit la promesse de fidélité et obtint sa mise en liberté (4 pluviôse an VIII, 24 janvier i8oo\Mais bientôt, par ordre du ministre de la Police, on le replaça sous les verrous (6 ventôse an VIII, 25 février 1800. A la restauration du culte, il vivait sans emploi, à Agde.. On lui permit de biner pour dire une messe à la Charité et une autre à rOratoire champêtre de Caillau (23 septembre 1807).

Cf. Ms. de l'abbé de Gohinj, p. 109 ; — Archives du département de THérault, L/h M/4, n"s 4 j2 et 443 ; — Pioch-vethaux de V^isscwblcc adminhlrative ; — Arch. de rHvcché.

AUGE {"Bernard),

curé de Poilhes, embarqué à Agde pour Nice, le 9 août 1792, à l'âge de 40 ans. Pension, 1200. En 1803, succursaliste à Saint-Hilaire.

AUGERQcmi:),

curé de Vie, près Montpellier, né à Montpellier, vers 1760, dénoncé comme « tenant une conduite contraire à la loi et tendant à fanatiser les esprits. » Le Département décide son arrestation (19 février 1793),

Page 1