Bib. Sorb., U. 132, n° 1, p. 26; n° 2, p
3. Il ne fut pas le seul docteur normand qui y ait figuré : Simon Vigor, recteur de l'Université et plus tard archevêque de Narbonne, s'y rencontra avec lui.
4. Les secrétaires du comte de Lune, ambassadeur du roi d'Espagne, avaient demandé que l'on ne donnât la parole à un docteur français avant un docteur espagnol qu'à l'ancienneté, c'est-à-dire qu'autant que le Français aurait été gradué avant l'Espagnol. De là l'embarras de Nicolas Maillard, qui ne s'attendait pas à parler sitôt.
« l'occasion de nommer le pape, lui donnait les titres de Pas- « teur, de Recteur et de Gouverneur suprême de l'Église ro~ « maine, c'est-à-dire universelle* . »
On sait que le concile de Trente accomplit au xvi" siècle la plus grande œuvre de réforme religieuse et morale qu'ait vue le monde depuis rétablissement du christianisme. Il s'agissait de formuler plus explicitement certains points du dogme catholique et de restaurer la discipline ecclésiastique, attaqués et altérés par les erreurs et les abus qui troublaient depuis longtemps la société chrétienne. Il ne faut donc pas s'étonner que le concile de Trente, souvent interrompu par les événements politiques, ait mis près de vingt ans à s'acquitter de sa tâche (1545-1563). Quoique les docteurs de Paris n'aient pas exercé à Trente la même influence qu'ils avaient eue sur les délibérations du concile de Constance, nous voyons cependant qu'ils y ont pris une part honorable quand ils furent appelés à y paraître. L'historien du concile nous dit que Maillard fut écouté dans des conditions bien défectueuses, puisqu'il fut pris à Timproviste et obligé de lire ses notes à la lueur gênante d'un flambeau.
Nous ne savons pas quel fut le rôle de Nicolas Maillard dans les infructueuses tentatives faites par l'ambassadeur de France, Arnaud du Ferrier, auprès des Pères du concile pour obtenir leur adhésion aux trente-quatre articles de réformes proposées par Charles IX*, mais nous voyons que, dans son discours sur les malheurs de la France, il ressaisit l'attention de ses auditeurs. Est-ce parce qu'il parlait des luttes religieuses dont elle souffrait, et qui devaient, à huit reprises consécutives, ensanglanter notre patrie, en déchaînant sur elle une guerre de Trente ans française (1563-1593), non moins sauvage que ne le fut la guerre de Trente ans allemande? Nullement, ces malheurs n'étaient pas, hélas! particuliers à la France depuis l'apparition du protestantisme. Ce qui frappa
1. Pallavicini, Hisu du Concile de Trente, t. III, liv. XX, ch. n. — Éd. Migne, p. 152.