‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 184 sur 355 · Bib. ML, F · texte numérisé non relu

Bib. ML, F

3. Ch. Jourdain, Hisi. de l'Unie., t. II. p. 6. 1. On entendait par li le droit que revendiquait le roi de France,

pendant la vacance d'un siège épiacopal, de purceioir les retenus du

déjà en germe dans les six articles présentés, en 1663, à Louis XIV, par la faculté de théologie. Bossuet, qui fut le rédacteur des articles de 1682, voulut éviter un plus grand mal en donnant satisfaction au roi sur la question de l'indépendance du pouvoir temporel à l'égard de la papauté, mais il ne s'aperçut pas qu'il ramenait sur les autres points l'Église aqx plus mauvais jours du Grand Schisme, en érigeant, en matière de foi, l'autorité des conciles généraux au-dessus de celle du Saint-Siège. Louis XIV avait obtenu ce qu'il désirait et, pour assurer l'abaissement de la puissance spirituelle du pape, il prescrivit par un édit spécial l'enseignement des quatre articles dans tous les collèges dépendant de chaque Université. Le collège d'HARCouRT eut alors comme les autres son professeur des quatre articles, pour ses boursiers théologiens, et si nous en jugeons d'après les dispositions favorables aux prétentions royales que nous avons constatées chez le proviseur Fortin, en 1663, on dut lui faire bon accueil. Ce n'était plus le temps où le boursier Tanquerel exaltait la suprématie du Saint-Siège au collège d'HARcouRT et s'attirait les condamnations de la Cour et du Parlement. Mais l'Université de Paris ne voulut point se laisser imposer une doctrine que tous ses docteurs n'acceptaient pas. Il y eut des résistances au sein de la Faculté de théologie- et plusieurs opposants furent exilés. Le roi songeait, pour assurer son triomphe, à en appeler à un concile général, quand il comprit que c'était ouvrir la porle au schisme avec ses désastreuses conséquences. Il s'arrêta au moment de la franchir et retira son édit en 1693.

L'Université était à peine remise du trouble causé dans les esprits par les discussions qu'avait provoquées la Déclaration de 1682, quand elle eut à prendre parti dans les querelles

diocèse et de nommer aux bénéfices qui en dépendaient. Ce droit toléré par l'Église pour les anciennes provinces de France était interdit dans plusieurs diocèses du midi. Louis XIV voulut leur en faire l'application et n'hésita pas à recourir aux mesures les plus vexatoires et les plus violentes envers les èvêques récalcitrants, tels que ceux d'ÀLETH et de Pamiers.

soulevées par la philosophie de Descartes. Celle-ci commençait à pénétrer dans les écoles et à y détrôner le vieux péripatétisme d'Aristote. Aussi en 1685, son enseignement est-il de nouveau interdit dans les collèges, et en 1691, onze propositions tirées des leçons faites dans ces maisons sont-elles l'objet de défenses spéciales, comme contenant le venin du cartésianisme. Mais en réalité elles renfermaient plus de jansénisme que de cartésianisme. C'est pourquoi les professeurs de philosophie n'eurent pas de peine à prendre l'engagement de ne point les enseigner. Parmi les signataires de cet acte nous voyons figurer Roussel et Le Melorel, tous deux professeurs de philosophie au collège d'HARcouRT*. Ils avaient si peu l'intention de renoncer à l'enseignement du cartésianisme, qu'en dépit des défenses et des formulaires, ces régents ont contribué, au xvue siècle, à le propager dans les écoles. D'ailleurs, tout le monde faisait alors campagne en sa faveur, les poètes eux-mêmes prenaient parti avec le public contre Aristote. Nous le voyons dans les leçons que Molière fait donner par le docteur Pancrace h Sganarelle, dans le dialogue de Thomas Diafoirus avec Angélique, dans l'arrêt burlesque deBoileau contre une inconnue, nommée la raison, qui « aurait entrepris d'entrer par force dans les écoles de « l'Université et, pour cet effet, à l'aide de certains quidams « factieux, gassendistes, cartésiens, malebranchisles et pour- « chotistes, gens sans aveu, se serait mis en état d'en expulser « Aristote, ancien et paisible possesseur desdites écoles1. »

Pendant ce temps, le collège cÎ'Harcocrt continuait à prospérer entre les mains du proviseur Jean Le François. Nous en avons la preuve dans la bonne situation financière qu'il accuse à ce moment.

L'état des fondations du collège mentionne en effet, à la date de 1682, l'acquisition faite par les boursiers cTHarcourt « (Tune place dans les fossés de la ville attenante le collège,

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