‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 236 sur 355 · V. Dezobry, Dict. général d'Hist. et de Géographie · texte numérisé non relu

V. Dezobry, Dict. général d'Hist. et de Géographie

rattachait par sa famille aux fameux typographes de ce nom. Après de bonnes études au collège, il apprit le droit, puis il entra dans l'armée, en 1790, sur la proposition de La Fayette, devint colonel, et, en 1804, fut nommé par le ministre Portalis directeur de la librairie. En 1819, il soumit à l'examen du chancelier Dambray un projet de code sur 1» librairie et l'imprimerie, projet dont il était l'auteur.

Firmin Didot, son camarade à Harcourt, fut le père du célèbre Àmbroise Firmin Didot, qui s'est fait dans la typographie un nom recommandable par ses belles éditions françaises, grecques et latines et ses travaux philologiques.

Nicolas Louvel eut pour successeur au collège (THarcourt Pierre Duval (1780-1791). Les biographes le font naître en 1730, dans la Seine-Inférieure, les uns à Brèauté, les autres à là Mailleraye, près de Caudebec. En tout cas, il est du diocèse de Rouen, comme le mentionnent les listes officielles des proviseurs d'HARcouRT4. C'est aussi dans ce collège qu'il fit ses études et avec un tel succès qu'à vingt-deux ans il y obtint une chaire de philosophie. Il entra ensuite dans les ordres et fut nommé bibliothécaire du collège Logis-le-Grand, quand on y établit la bibliothèque de l'Université. Nous le voyons ensuite élevé deux fois à la dignité de Recteur, en 1776 et en 1780. Nous savons par l'histoire, que sous le provisorat de Pierre Duval, il y eut dans l'Université de longues contestations, au sujet de quoi ? Toujours les droits et les privilèges ! Duval, avant d'être élu proviseur d'HARcouRT, était bibliothécaire de V Université; il avait quitté cette charge, qui passa au sous-bibliothécaire Heltor, et il s'agissait de remplacer ce dernier. Or, le nouveau Recteur, Binet, revendiquait le droit dénommera ce poste, et les procureurs des Nations de France et de Normandie le lui disputaient. La querelle dura deux ans et ne prit fin que sous le successeur de Binet, qui fut ce même Duval, proviseur d'HARcouRT, lequel avait

1. Le Moreri normand. — Lebreton, Biographie normande. — Oursel, Nouvelle Bio-bibliog. normande. — Quérard, La France littéraire.

déjà exercé avec succès les fonctions rectorales en 1776. Celte affaire faillit même tourner mal pour la Nation de Normandie. Sa conduite au sujet de l'agrégation avait déjà fort indisposé le roi contre elle; les obstacles qu'elle opposait à la nomination du sous-bibliothécaire de l'Université firent éclater son mécontentement. Elle reçut une lettre de cachet qui lui enjoignait de cesser toute obstruction, et ordre fut donné au ministre Saint-Florentin de biffer sur les registres de la Nation les avis contraires. 11 était aussi prescrit à la Nation de tenir ses assemblées au collège Locjis-le-Grand, in aula academica, comme les autres Nations, parce qu'on avait remarqué qu'elle continuait à se réunir à Harcourt. La Nation normande tenait à ses traditions; elle ne se rendit pas tout de suite à ces injonctions. Tout en faisant parvenir au roi l'expression de sa fidélité et de son amour pour sa personne, elle continua son opposition, réclamant la liberté de s'assembler où elle voudrait, comme elle l'avait eue jusqu'en 1763, et faisant valoir, en faveur d'HARcouRT, les services religieux qui l'y appelaient et l'impossibilité pour un certain nombre de ses membres d'assister à la réunion de la Nation avant leur classe, s'ils étaient obligés de se rendre à Locis-le Grand1. Mais elle dut céder à la volonté du roi.

L'abbé Duval, dit un biographe*, remplissait ses fonctions de Recteur avec une sollicitude toute paternelle, mais aussi avec une indépendance de caractère qui ne souffrait pas que l'on portât atteinte à aucune des prérogatives que lui donnait son titre de chef du corps enseignant. On raconte, à ce sujet, qu'un jour de Chandeleur, où il venait d'officier à la chapelle de Versailles, il voulut, selon l'usage, suivi des quatre Facultés traditionnelles, présenter ses hommages au roi et à la reine. Comme l'huissier de service n'ouvrait qu'un seul battant de la porte du salon de réception pour introduire le Recteur et sa suite, Duval, faisant allusion au titre de Fille aînée du roi attribué de tout temps à l'Université, dit assez

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