DÉCLARATION DES IMMEUBLES DU COLLÈGE D'HARCOURT
SIS DANS LE DÉPARTEMENT DE PARIS 7 messidor an II (25 Juin 1994)
(Document inédit. Voir chapitre VII, p. 45!).)
Herenu annuel.
Maisons de Paris.
Rue de la Harpe en moulant à droite :
122 Maison louée à Cazeau, marchand
boursier 980 » »
120eM21 Maison louée à la Rouvillois . . 1200 » »
148et 119 Maison louée à d'àrdelon, limonadier 1 300 » »
117 Le Collège d'HAitcouRT, point de location
1 16et 1 15 Maison louée à Aubenet, cordonnier 1620 » »
114 Boutique louée à Chopart, épicier 650
113 Maison louée à Cauterelle, marchand mercier 950
112etlll Maison louée à Auger, marchand
quincaillier 1900
103 Deux corps de logis au fond d'une allée loués à Chaon, menuisier 860 »» »
A reporter. . . 9460
JffM l S. d.
Report. . . 9460 » »
Rue de la Harpe î\ gauche en montant :
484 Maison louée à Paristol, cordon- i
nier 1 700f » »
485 Maison louée à Robinot loSOl1» »
486 Maison louée à Jobey 1500] - »
Rue des Maçons :
6 Maison louée h la veuve Per-
deveaux 724 » »
7 Maison louée à Rollot 1 300 » »
Rue des Francs- Bourgeois :
127, 128 et 125 Maison louée en détail, déduction faite des gages du portier, lesquels sont de 150 livres . . . 4954 10 »
124 et 123 Maison louée à Tourillon, épicier 2240 » »
1 18et 117 Maison louée à Doseine, traiteur. 7000 » »
1 1 6 et 1 1 5 Maison louée, avec hangards, à
Leseigneur, entrepreneur. . . . 1700 » »
Rue Saint-Etienne-des-Gréz :
2 Maison louée à Thibault 250
Rue Bor dette :
44 Maison louée à Robinet, épicier. 900 » »
45 Maison louée à Dumont, limona-
dier 860 » »
46 Maison et une autre maison vis-
à-vis n° 3, louées à Monciiot,
boulanger 1 800 » >»
A reporter. . . 35718 10 »
1. Ces trois derniers numéros sont ceux de la 6ection, les anciens sont effacés.
Report. . . 35718 10 »
4 Une maison louée à Muller, tour-
neur, et à Dimanche (chacun
d'eux a son bail particulier) . . 1 230 » »
5 Deux maisons, l'une sur la rue,
l'autre dans une cour en face louées à Desmazures, marchand de fer 1 200 » »
6 Une maison louée à Fleurt ... 1 500 » »
Toutes les maisons susdites sont louées la somme de 39648 10
District du Bourg de l'Egalité :
1 Trois arpents de terre situés à
Cachan, territoire de Genully, loués à Romonet, laboureur audit Cachan, la somme de . . . 66 1.
2 Deux arpents et 1/4 de vignes et
terres labourables au terroir de Bagnedx loués à Chaillon, vigneron à FONTENAY-AUX-ROSES, la
somme de 60 1.
Ces deux articles ci-dessus montant par an à la somme de . . . 126 »
Certifié véritable par moi, Procureur du Collège d'IlARcourt, ce 7 Messidor an II de la République Française une et indivisible. Signé : Leseigneur.
1824. — Réclamation en faveur de MM. d'Harcourt pour obtenir que leur nom soit rappelé sur les murs du Collège royal de Saint-Louis {Mémoire de la comtesse d'Harcourt),
(Document inédit. Voir chapitre VIII, p. 480.)
Les premiers fondements du collège d'HARcouRT, le plus ancien de l'Université, forent jetés, en 1280, par Raoul d'Harcourt, chanoine de Paris, qui avait occupé les premières dignités ecclésiastiques dans plusieurs diocèses de la Normandie; il acheta quelques maisons et les fit disposer pour la commodité des écoliers ; mais surpris par la mort avant d'avoir achevé cette louable entreprise, il chargea, par son testament, son frère Robert, évêque de Coûta nces, de continuer son ouvrage et d'y mettre la dernière main.
Animé par les mêmes sentiments qui avaient dirigé Raoul, l'évêque de Coutances termina sa fondation qui n'était encore qu'ébauchée. Il acheta, sur les biens legs qu'il avait reçus, plusieurs autres maisons avec leurs dépendances ; il dota l'établissement d'une rente annuelle et perpétuelle, considérable pour le temps, il la donna, assigna, constitua et consacra, ainsi que les maisons et le terrain sur lequel elles étaient bâties (ce sont les termes de l'acte de fondation), pour l'usage, la nourriture et l'entretien de quarante jeunes gens pauvres, étudiant dans les arts et la théologie. Enfin, il dressa les statuts dudit collège, en 86 articles, et termina ainsi, le 7 septembre 1311, la fondatiou d'un établissement qui n'avait point encore de modèle.
Quelque temps après, en 1336, un troisième frère, Guy de Harcourt, évêque de Lisieux, marchant sur les traces de ses atnés, contribua à la fondation du collège de Lisieux, en donnant mille livres parisis pour 2/i pauvres étudiants, à la nomination de ses successeurs à l'évêché de Lisieux : en outre, cent livres parisis pour le logement. Ce collège n'existe plus, mais en parcourant l'histoire de cette époque, on ne peut s'empêcher d'admirer le zèle et le désintéressement de ces trois estimables ecclésiastiques et de plusieurs autres membres de la même famille, lesquels, s'occupant à l'envi des intérêts de l'Etat et de l'éducation publique, dans un temps où elle était encore si négligée, n'ont laissé à leurs parents que le droit de voir le premier collège de l'Université porter un nom qui rappelle de si honorables souvenirs. Redemander ce nom, le solliciter de la bonté, on oserait presque dire de la justice du roi et du gouvernement, n'est-ce pas un devoir pour les neveux, pour les descendants de ces hommes qui ont tant honoré leur famille par des établissements utiles à l'État? Ne serait-ce pas une dette, en
quelque sorte nationale, que de reconnaître de si grands services en rendant au collège d'HARCOURT le nom qu'il a porté cinq siècles? qu'il portait encore il y a peu d'années 1 qui a même survécu aux désastres de la dévolution 1 Et si on lui en a donné un tellement auguste qu'il ne soit presque pas possible de le changer, ne pourrait-on pas ajouter au nom de saint Louis celui de Harcourt, qui a été si célèbre sous le règne de tant de rois? Cette alliance concilierait les anciens et les nouveaux souvenirs, et, sans doute, le saint roi lui-même, sous l'arbre de Vincennes, l'eût ordonné, s'il eût permis toutefois que son nom fût substitué à celui de l'un de ses sujets. Mais les annales de l'Université, en nous apprenant que la chapelle du collège de Harcourt, fut une des premières érigées en l'honneur de saint Louis, rendent ce rapprochement aussi naturel que convenable. Et dans un temps où les fondations du genre de celle du collège de Harcourt seraient si salutaires, si utiles à la société, qui pourrait encourager les fondateurs à suivre l'exemple des prélats dont nous avons parlé, si leur famille ne pouvait obtenir la restitution d'un nom qui était un de ses plus précieux héritages?
On pourrait objecter que cette réclamation aurait dû être faite plus tôt : diverses circonstances ne l'ont pas permis; mais le collège de Harcourt comptant bien plus de siècles que le collège de Saint-Louis ne compte d'années, la prescription est toute entière en sa faveur.
On peut dire encore que le gouvernement ayant fait tous les frais de ce nouveau collège, il était naturel qu'il le nommât lui-même ; que d'ailleurs un nouvel usage voulait que les collèges royaux portassent des noms de rois.
Nous répondrons d'abord à cet argument que, le gouvernement s'étant emparé à l'époque de la Révolution de tous les biens appartenant au collège oVHarcourt, des bâtiments qu'il a fait abattre lui-même, et dont il a joui trente ans, sans aucun avantage pour le bien de l'éducation publique, il fallait bien qu'il reconstruisit ce qu'il avait détruit. Que la reconstruction ait été faite sur un plan ou sur un autre, cette circonstance ne change rien à l'état des choses ; il n'en est pas moins certain que si Raoul et Robert de Harcourt n'avaient pas donné le terrain et fait toute la fondation, on n'y aurait pas établi un collège aujourd'hui : l'emplacement du nouveau collège est exactement le même que celui de l'ancien, une portion des premiers bâtiments subsiste même encore ; la façade sur la rue de la Harpe n'a point été changée, et la porte extérieure sur laquelle on voyait les armes de Harcourt et l'inscription Colle gium Harcurianum, reconstruite en 1675, est encore un monument assez remarquable de la bizarre architecture de ce siècle.
Quant à l'usage tout nouveau de donner des noms de rois aux collèges royaux, nous répondrons qu'on n'en a point donné au collège de Versailles ; et que le collège de Harcourt étant le seul ancien collège qui ait été rétabli, et pour lequel on puisse faire cette réclamation, la demande de la famille ne peut tirer à conséquence
que pour le bien de l'État, en encourageant les établissements qui pourraient avoir lieu à l'avenir.
Enfin, un religieux souvenir fournit encore à la famille d'Harcourt l'objet d'une demande relative au premier fondateur du collège: le 17* article des statuts dressés, en 1311, par Robert de Harcourt, porte ce qui suit :
« Deux fois par an, l'on fera, dans la maison, un service pour << notre frère, Raoul de Harcourt, le vendredi d'avant les Cen- * dres, et le vendredi d'après l'Exaltation de la Sainte Croix, » et les sages précautions du fondateur ajoutent cet article : « Tous les » écoliers seront tenus d'assister en personne aux susdits offices, 'i sous peine d'un denier d'amende; avec cette réserve pourtant « que nous n'entendons pas obliger ceux qui étudient dans les arts « à assister à la messe les jours de leçons. »
Pourrait-on ne pas souscrire encore aujourd'hui à cette antique ordonnance d'un frère, si bien, si clairement, si sagement exprimée ; et le rétablissement de ces messes dans la chapelle du collège, lesquelles, d'après les statuts mêmes du pieux évéque de Coutances, ne doivent déranger en aucune manière l'ordre de la maison, n'est-ce pas encore une dette et de l'État et de la famille?