‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 57 sur 355 · Qnicherat, Hist. de Sainte-Barbe, t. I, p · texte numérisé non relu

Qnicherat, Hist. de Sainte-Barbe, t. I, p

2. Godefroi, Hist. de Charles VI, t. II, p. 839. V. aussi Ftlibien, Hist. de Paris, t. II, ch. xv; Coville, Les Cabochiens, p. 357.

de Coutances, en 4414, à la mort de Gilles Deschamps. i

Ursin avait un compétiteur, l'Armagnac Jean de Marie', ;

et, pour l'emporter sur lui, il lui fallait l'appui de l'Université. Le Recteur Campan le lui refusa dans rassemblée des facultés. Il s'ensuivit une altercation assez vive entre eux, c'est-à-dire entre la Nation de Francs qui avait pris parti pour Campan, un de ses membres, et la Nation de Normandie, qui soutenait son tributaire Talvende. Des injures les deux partis en vinrent aux coups, et, dans la bagarre, le Recteur fut fort maltraité. Celui-ci demanda réparation dans une assemblée générale de l'Université. On fit une enquête, et deux des principaux coupables furent mis en prison. Toutefois la querelle ne prit fin que par l'intervention du Cardinal de Bar, cousin du roi, qui obtint la grâce des prisonniers, et réconcilia les parties. Si on n'avait eu égard à son mérite, et à la satisfaction qu'il donna au Recteur, Talvende aurait été chassé de l'Université. En tout cas, il y perdit sa mitre; mais il put s'en consoler, en remplissant au concile de Constance le rôle de député de la Nation de Normandie pour l'extinction du Grand Schisme.

L'historien du Comté d'Évreux nous apprend que Talvende se signala dans le concile en soutenant deux propositions importantes : la première au sujet du droit de suffrage, et la seconde louchant l'abolition des Annates*. Sur le premier point il combattit avec son évèque, Guillaume de Gantiers et les cardinaux de Cambrai et de Saint-Harc, la proposition de ceux qui voulaient réserver dans le concile le droit de suffrage aux seuls prélats majeurs, c'est-à-dire aux évéques et aux abbés, et il fit maintenir ce droit aux curés, docteurs et prêtres de l'assemblée, comme cela s'était pratiqué dans les conciles précédents 3. Sur le second point, il ne fut pas aussi heureux; et cependant, dit Pasquier, « il parla avec beaucoup

1. Citait le fils du chancelier de France, Henri de Marie, qui fut assassine avec lui, A Paris, par les Bourguignons, en 1418.

2. On appelait Annotes l'impôt de la première année des revenus d'un bénéfice vacant que devait payer au pape le nouveau titulaire.

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