BAS-RELIEFS DE LA PORTE DU ZODIAQUE
GALERIE DES 'BETES
Peinture de H. Lebmann.
GALERIE DES FETES
De la salle Saint-Jean, on accédait aux grands escaliers de la galerie des Fêtes, dont la perspective présentait un caractère véritablement monumental et grandiose. Les parois des escaliers, les piliers et les colonnes des galeries supérieures étaient en marbre blanc. La voûte surbaissée de la galerie centrale dominant les escaliers se subdivisait en trois caissons carrés, ornés de compositions allégoriques en grisaille. Des figures en bas-reliefs, personnifiant les Vertus, les Arts et les Sciences, exécutées par Marneuf, Combettes, Caudron, Desprez, Venot, etc., décoraient les douze pendentifs de la voûte; des médaillons de personnages illustres soutenus par des génies se
déroulant en volutes, remplissaient les pénétrations. Duret en avait sculpté quatre, ceux de Charlemagne, César, Alexandre et Napoléon. Les arcs doubleaux étaient décorés de cinq caissons octogones contenant des figures allégoriques en bas-reliefs, sculptées par Duret, à l'exception toutefois de Tare du milieu où se trouvait un médaillon, portrait d'un prévôt des mar-
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chands, également oeuvre de Duret. Dans les registres de comptes de l'année i85i, cet artiste ligure pour une somme de 1 5,000 francs, prix de ces travaux. Quatre grandes statues allégoriques, l' Europe, l'Asie, l'Afrique et F Amérique sculptées par Brian, Dantan aîné, Gambard et Debay, placées dans des niches, décoraient les entre-colonnements. Les voûtes des deux galeries contiguës étaient ornées dans le même style et avec le même luxe de sculptures et de bas-reliefs. Au-
dessus des œils-de-bœuf se trouvaient des figures de Cavelier. Les ouvertures donnant le jour à l'escalier étaient décorées de vitraux ronds à compositions allégoriques : une femme jouant de la lyre; une femme tenant un panier de fleurs; une femme déroulant des guirlandes de fleurs ; une femme tenant dans une main des épis et de l'autre une corne d'abondance ; une femme
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couronnée de pampres et de raisins, formant pendant à une bacchante. Le vitrail du milieu, de forme carrée et de plus grande dimension, représentait Tallégorie de la Paix.
La galerie des Fêtes mesurait quarante-huit mètres de longueur sur treize de largeur et douze d'élévation; on la considérait comme une des plus belles et des plus vastes salles qui soient au monde. Elle était éclairée, sur la place Lobau, par treize grandes baies en arcades, accostées de trente-deux colonnes
d'ordre corinthien, détachées et servant d'appuis aux retombées de la voûte. Des tribunes de forme circulaire s'ouvraient dans les pénétrations.
La décoration de cette galerie présentait une richesse et une variété extraordinaires. Les piédestaux de Tattique, les bases des colonnes étaient revêtus de marbre blanc. Toute l'ornementation du plafond, des voussures des tribunes, exécutée en stuc et carton pâte, était dorée sur fond blanc. L'encadrement du plafond, formé de soixante-douze caissons octogones, avec une énorme rosace pour fond, se composait d'une colossale guirlande de fruits divers, d'un effet fort original, que le décorateur avait répété avec beaucoup de goût comme bordure des pénétrations. Des figures de Muses dans des portiques grecs, des figures allégoriques, la Chevalerie, les Arts, les Sciences, l'Industrie, inscrites dans des volutes gracieuses et dans des arabesques d'une fantaisie charmante, formées d'animaux fantastiques, de sphinx, de guirlandes de fleurs et de fruits, ornaient les arcs doubleaux. Les hémicycles du fond étaient décorés également, dans le style de la Renaissance française, de rinceaux, de rosaces fleuronnées avec hippocampes, nymphes, amours, et de médaillons allégoriques. Dans les douze culs de four on avait inséré des compositions allégoriques d'un goût très pur : une bacchante, une jeune femme à son rouet, des enfants jouant, les jeux maternels, la sollicitude maternelle, des amours lutinant une jeune fille, l'éducation de l'enfant, une jeune femme à sa toilette, les forgerons au travail.
Henri Lehmann avait peint dans les voussures et dans les pendentifs une vaste composition, qui ne comprenait pas moins de cinquante-six sujets principaux et couvrait en ensemble une superficie d'environ cent cinquante mètres carrés. La plupart des figures mesuraient six pieds. Cette œuvre colossale avait été exécutée en dix mois. Chargé de la décoration, le 28 janvier i852, et prévenu que la date de l'inauguration de la
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galerie était fixée au 4 décembre de la même année, Henri Lehmann ne put consacrer un plus long temps à ce travail, qui en exigeait matériellement le double. Le matin même du jour où avait lieu la cérémonie, il achevait de peindre la dernière figure.
Voici, d'après un livret écrit par l'artiste, l'indication sommaire des sujets de cette composition :