‹ L'ancien Hotel de Ville de ParisChapitre 36 sur 68 · SALLE DU CONSEIL MUNICIPAL · texte numérisé non relu

SALLE DU CONSEIL MUNICIPAL

La décoration de cette salle avait été confiée à Yvon qui la termina en i865. On avait d'abord laissé le choix des sujets à l'artiste, qui eut l'excellente idée de représenter, dans une série de compositions historiques et allégoriques, la municipalité de Paris depuis sa création jusqu'à nos jours. Mais ses esquisses furent repoussées par la commission des beaux-arts, qui lui imposa les sujets qu'il exécuta définitivement et dont voici la description sommaire :

1° Clovis fait de Lutèce la capitale de son royaume. — Au premierplan sont des bateliers montés sur leurs embarcations. Sur les bords de la Seine défilent un cortège de guerriers et le peuple. Debout sur un bouclier porté par quatre de ses soldats, Clovis promène un regard fier et vainqueur sur le fleuve et sur la foule enthousiaste qui l'acclame. Un évêque, saint Rémy, revêtu de ses habits pontificaux et accompagné de prêtres portant des rameaux, précède le cortège. Le chef

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franc est revêtu de son costume de guerrier, sa framée à la ceinture, ses longs cheveux tressés ramenés sur la poitrine et encadrant pittoresquement son visage énergique. Au fond du tableau l'on aperçoit les fortifications de Lutèce.

2° Philippe-Auguste avant de partir pour la Terre-Sainte confie à son peuple la tutelle de son fils et la garde de son trésor. Le roi, en costume de croisé, est debout sur son trône; à ses côtés sont assis, à gauche, la reine tenant la main de justice, signe du pouvoir intérimaire, à droite, un évêque; aux pieds du trône sont groupés les bourgeois de la ville de Paris auxquels le roi montre son jeune fils debout près de lui et s'accrochant aux plis de son manteau dans un mouvement gracieux de crainte enftmtine. Un des bourgeois debout étend la main et jure fidéUté et aide à son prince. Dans le fond, à droite, l'on aperçoit les chevaliers formant l'escorte de Philippe-Auguste.

3° François I" pose la première pierre de l'Hôtel de Ville de Paris. Le roi, debout sur la dernière marche d'une estrade, tend la main pour saisir la truelle d'or que lui présente le prévôt des marchands, avec laquelle celui-ci vient de ramasser du mortier dans une auge. A droite sont groupés les gentilshommes de la cour et ù gauche les échevins. Au fond, le peuple que contiennent des archers. La silhouette de Notre-Dame se détache sur le fond de la toile.

Ce tableau présentait une particularité intéressante : le personnage de François I" avait été posé par Mélingue.

4" L'empereur Napoléon III remet à M. Haussmann, préfet de la Seine, le décret d'annexion de la banlieue de Paris.

Ce dernier panneau avait donné lieu à quelques incidents. La commission des beaux-arts avait, en désignant le sujet à l'artiste, spécifié que la scène devait se passer dans le cabinet de l'empereur et sans aucun apparat. Napoléon III, en tenue civile, remettait le document au préfet de la Seine accompagné de son secrétaire général. Achevée et présentée à la commission, la composition fut trouvée trop simple, et l'on demanda à Yvon d'en exécuter une deuxième où la cérémonie serait représentée avec plus d'éclat. La scène fut maintenue dans le cabinet de l'empereur; mais les personnages qui y figuraient étaient, outre l'empereur en uniforme de général de division et M. le

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baron Haussmann, MM. Dumas, de FAcadémie des sciences, Chaix d'Est-Ange, Delangle, le maréchal Magnan, le général Fleury et M. Achille Fould.

Ces peintures avaient été payées à Yvon 35,ooo francs.

La frise de la salle était décorée de bas-reliefs en stuc sculptés par Oudiné en 1860 et représentant la Peinture et la Sculpture; l'Agriculture et la Métallurgie; la Musique et l'Architecture; la Mécanique; la Philosophie et les Belles-Lettres; la Chimie et la Physique; la Science et l'Industrie; la Morale et la Politique; le Courage et la Légalité; la Poésie et l'Histoire. Sur la cheminée se trouvaient le buste de l'empereur et celui de l'impératrice, par Iselin.

Dans la première des salles de délibérations étaient les bustes de la reine Victoria, du prince de Galles, de Victor-Emmanuel, du roi de Prusse, du roi d'Italie, du sultan, du roi des Belges, du roi de Portugal, de tous les souverains, en un mot, qui avaient accepté l'hospitalité de la ville et qui, suivant la tradition, devaient offrir à la municipalité leur portrait comme souvenir de leur visite.

Le cabinet du secrétaire général était décoré de plusieurs portraits d'échevins, attribués à Largillière et donnés à la ville en i856, par M"" Chauvin, hlle et petite-fille de magistrats municipaux.

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