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RUE COUILLARD

Cette rue s'étendait depuis le cimetière des Pauvres, à l'ouest, jusqu'à la maison d'un nommé Belleville, maçon, située près de la rue Saint- Joseph ou Sainte-Famille. Le cimetière des Pauvres de l'Hôtel-Dieu, se trouvait dans le voisinage de la rue Collins.

Augustin Saffray de Mésy, septième gouverneur de la Nouvelle-France, (1663-1665) fut inhumé, le 7 mai de 1665, dans ce cimetière, ainsi qu'il l'avait désiré par son testament. Ses obsèques furent célébrées solennellement par Mgr de Laval, alors évêque de Pétrée. C'est sous l'administration de

•ce gouverneur brouillon et chicanier, mais repentant et réconcilié avec l'Eglise quelque temps avant sa mort, que furent créés le Conseil Souverain et les cours de justice et que fut fondé le Séminaire de Québec.

La rue Couillard doit son nom à G-uillaume Couillard, établi à Québec dès les commencements •de la colonie. En 1621, il se mariait à Guillemette Hébert; ils eurent 10 enfants. Ils furent inhumés tous deux dans l'église de l' Hôtel-Dieu, le premier, en 1663, et sa femme, en 1684 ; elle était née en 1608, l'année même de la fondation de Québec. Une de leurs filles, Elisabeth, fut baptisée en 1631, pendant l'occupation de Québec par les Kertk. Voici .ce que dit au sujet de ce baptême la Relation des Jésuites, 1632 : " Elle (Elisabeth Couillard) fut baptisée non par un prêtre français, mais par un Anglais, qui était probablement le ministre ; car, pendant que les Kertk demeurèrent les jnaltres de Québec, il n'y eut point de prêtre à Québec, et lorsque le P. Lejeune dit la messe, en 1632, dans la maison de G-uillaume Couillard, les Français ne l'avait pas entendue depuis trois ans."

Un de leurs fils, Nicolas, fui tué, à l'âge de 20 ans (en 1661,) à l'ile d'Orléans, avec M. Jean de Lauzon.

G-uillaume Couillard, venu à Québec en 16*13, s'établit, quelques années après, à une petite dis-

tance de la résidence de son beau-père, Louis Hébert, et sur la rue qui porte son nom.

Et ce Louis Hébert, apothicaire de Paris, fut le chef de la première famille française établie dans la Nouvelle-France. En 1606, il avait rencontré Champlain dans l'Acadie, à Port-Royal, aujourd'hui Annapolis, dans la Nouvelle-Ecosse, et vint le rejoindre à Québec, en 1617. Il défricha une partie du terrain qu'occupe maintenant la Haute- Ville. 11 mourait le 25 janvier de 1627, d'une chute.

Sa femme, Marie Eollet, se remariait, deux ans; après, à Guillaume Hubou, " honorable homme,, demeurant à la côte Sainte-G-eneviève " bien en dehors de la ville, à cette époque.

" On enterra solennellement le corps de Louis Hébert dans le cimetière des Eécollets, au couvent St-Charles (Notre-Dame des Anges). Le terrain ayant été bouleversé, plus tard, on trouva ses ossements renfermés dans un cercueil de cèdre. En 1678, le Père Valentin Le Roux, supérieur des Eécollets, les fit transporter dans la oave de l'église de ces Religieux, à la Haute-Ville de Québec." (Leclercq, t. II, p. 128).

D'après M. Laverdière, dit Mgr Tanguay, la maison d'Hébert était dans Te jardin du Séminaire de Québec. On a trouvé^en 1866, le solage de cette maison, prè& la porte d!u jardin,, dans la. grande allée.

" La maison Hébert, dit M. Ferland, fut le premier bâtiment élevé à la Haute- Ville. Elle devait être entre la rue Sainte-Famille et la rue Couillard." On voit ici que M. Ferland se trompait.

Hébert a l'honneur de compter, parmi ses nombreux descendants, plusieurs noms de nos plus illustres familles: Joliet, de Léry, Ramezay, d'Eschambault, Fournier, le cardinal Taschereau, les deux évêques Blanchet et la famille Taché, cette branche à laquelle appartient Mgr l'archevêque de Saint-Boniface.

Louis Hébert n'eut que 3 enfants : un garçon et deux filles. La cadette, Anne, se mariait avec Etienne Jonquest, au commencement de 1618, d'après Sagard, et M. Ferland dit que ce mariage fut le premier fait en Canada : il fut célébré par le P. Le Caron.

On voit, par cette longue digression, le nombre de souvenirs historiqijes que peut suggérer à l'esprit le nom seul d'une rue.

En 1716, la rue Couillard renfermait 108 habitants et 18 feux. Il y avait : 1 ouvrier ; 2 charpentiers de navire ; 2 sergent des troupes ; 1 cordonnier ; 2 tonneliers, Michel Dupéré, père et fils, et 1 charretier.

A cette époque, aucun nom aristocratique sur cette rue

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