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LA RUE DES JARDINS

Cette me avait le même parconrs qu'elle a maintenant, et son nom lui vient sans doute des jardins qui la bordaient : le jardin des PP.

Récollets, des Jésuites, etc. Elle avait une population de 50 âmes avec 11 feux.

Au pied de la rue et sur le site de l'hôtel Rnssell d'aujourd'hui, se trouvait une maison à l'usage des domestiques des PP. Jésuites, dont le terrain, dépendant de leur collège, aboutissait, tout près, à la rue Sainte- A une. Un peu plus haut, en face du monastère des Récollets, résidait un garde de navire : Etienne Laîné dit Saint- Pierre, et plus haut encore, là à peu près où demeure Thon Louis-P. Pelletier, se trouvait un charpentier de navire : Nicolas Roussel. A l'encoignure de cette rue et de la rue Saint-Louis, était un menuisier : Jacques Ohefdeville dit la

G-arenne.

Près de l'habitation des domestiques des Jésuites, résidait M. de Louvigny, lieutenant du roi, à Québec ; et, trois portes plus haut, probablement à l'encoignure de cette rue et de la rue Donnacona, demeurait Nicolas Baune, secrétaire de M. d' Aigremont.

Remarquons, en passant, que le Bureau du grand Morin (Augustin-Norbert) était établi à cette même encoignure, et qu'en 1887, les sbires anglais firent une descente dans ce bureau, qu'ils bouleversèrent de fond en comble, tandis, que M. Morin était caché dans une cabane à sucre, en arrière de la paroisse de Saint-François de la Rivière-du-Sud.

Louis de la Porte, Sieur de Louvigny, remplaça M. de la Durantaye à Michillimakinac et y demeura de 1690 à 1694 ; en 1T16, il devint lieutenant du roi, à Québec, et gouverneur des Trois-Rivières, en 1724 ; il mourait l'année suivante.

Michillimakinac était un fort situé sur une lie entre le lac Huron et le lac Michigan. C'est là que le P. Marquette, Jésuite, fondait la mission de Saint-Ignace, en 1671. Cet endroit devint, plus tard, un poste de traite important et prit le nom de Makinac. C'est ce même P. Marquette, qui découvrait, en 1673, avec Louis Jolliet, !e fleuve Mississipi.

" Deux ans après cette découverte, dont il a publié la relation, comme il allait de Chicagou à Michillimakinac, il entra, le 18 mai 1675, dans une rivière qui porte aujourd'hui son nom (dans l'Etat du Michigan), à l'entrée de laquelle il dressa son autel et y dit la messe. Il s'éloigne un peu pour faire son action de grâces, et prie les deux hommes

qui conduisaient son canot de le laisser seul pendant une demi-heure. Ce temps passé, ils allèrent le chercher, et furent très surpris de le trouver mort ; il se souvinrent néanmoins qu'en entrant dans la rivière, il lui était échappé de dire qu'il finirait là son voyage. Son corps fut inhumé sur le bord de la rivière, et, l'année suivante, transporté à Michillimakinac." (Charlevoix, livre III, p. 314).

Il n'était âgé que de 38 ans. Sa mort était bien digne d'un disciple de Loyala.

Nicolas Baune, ou Beaune, ou Bosne, venait du gouvernement de Montréal.

François Clairambaut, Sieur d'Aigremont, dont Beaune était le secrétaire, remplissait les^fonctions de délégué de l'Intendant de la Marine, et il était aussi député de la Cour pour visiter les postes avancés de la Nouvelle-France. En 1704, il était à Montréal ; en 1708, au Détroit, et, en 1716, à Québec, etc.

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