LA RUE SAINTE-FAMILLE
Cette rue n'avait pas alors le parcours qu’elle a maintenant. Elle partait de la boulangerie du Néminaire de Québec, presque à l’encoignure actuelle des rues Sainte-Famille et de la Fabrique, et allait, en descendant, jusqu'aux remparts et la rue Saint-Joseph ; c'est-à-dire qu'elle parcourait la rue Nainte-Famille et la rue Garneau d'aujourd'hui.
[n’y avait que 44 âmes et 7 feux. Les sept chefs de fuuille de cette rue se répartissaient comme suit : Étienne Dubreuil, notaire (piès de la boulangerie) avec sa femine et 10 enfants : Pierre Gratis. maçon, avec femme et un neveu : Jean Cluseau dit lOrange, tambour-major, avec femme et 11 enfants, Cuillaume Nicolas, menuisier, avec femme, 2 enfants et 1 sœur de sa femme : Pierre Dupuis dit Saint-Pierre, journalier, femme et 5 enfants: François Renaud, journalier, seul avec sa lemme, et Jean Boucher dit Belleville. mason, femme et 2 enfants. Ce Belleville a déjà été nommé en parlant de la rue Couillard.
Etienne Dubreuil eut trois femmes : Morgue:
rite Le Gardeur, (en 1691), Marie-Anne Chevalier
(en 1708) et Marie-Jeanne Routier (en 1713). Il mourait en 1734, à l’âge de 70 ans.
Le notaire Dubreuil, chargé d’une nombreuse famille, était pauvre, et, sans Je travail que lui procurait constamment le Séminaire de Québec, il aurait connu la misère, On voit, aujourd'hui, aux archives de cette ancienne et bienfaisante institution, une masse de vieux documents transerits par Etienne Dubreuil.
RUE SAINT-JTEAN
Cette rue, en 1716, ne partait que du coin du jardin des Pauvres de l'Hôtel-Dien et finissait aux fortifications ; et ce jardin des Pauvres oceupait le terrain qui sert de site à l'hôtel d'Albion et ses dépendances.
Cette rue doit son nom à Jean Bourdon, ingénieur en chef et procureur de la Nouvelle-France, où il arriva, en 1634, (le 8 août) avec M. LeNueur de Saint-Sauveur, prêtre. [lobtint, en 1637 et en 1639, les seignouries de Dombourg et Neuville, aujourd'hui la paroisse de Sainte-Jeanne de Neuville. [1 prit possession de la baie d'Hudson, au nom du roi, en 1656; il fut membre du Conseil Souverain dès l’année de sa formation, en 1663; mais s'étant montré hostile aux injustes prètentions du gouverneur de Mésy, il fut destitué, en
1665, sans aucune forme de procès, et ‘renvoyé en France” dit un document que j'ai sous les yeux Il dut revenir au pays, cependant, puisot Mgr Tanguay dit: “ Homme d'une haute réputation, probité et intelligence, il fut inhumé dans la chapelle du Scapulaire, en l'église de
N.-D. de Québec.”
[l'avait droit au titre de Siewr de Saint-François. Il s'était marié à Québec, en 1685, à Jacqueline Potel, morte en 1654, à la suite d’une chute. L'année suivante, ilse remariait à Anne (fasnier, veuve de Jean-Clément du Vault, seigneur de Monceaux et chevalier de Saint-Louis. 11 n'eut point d'enfant de cette femme: mais ilen eue 8 de la première, dont 4 filles,
Ces quatre filles se firent toutes religieuses. L'atnée, (Geneviève, née en 1638, devint religieuse ursuline sous le nom de Sœur Saint-Joseph ; la dernière des filles, par ordre de naissance, Anne, née en 1644, se fit aussi ursuline sous le nom de Mère Naiute-Agnès, et fut la sixème supérieure de cet ancien cloître fondé, ici, en 1639, par Mme de la Peltrie,
La deuxième fille, Marie, née en 1640, se fit hospitalière sous le nom de Sœur Marie-Thérèse de Jésus ; la troisième, Marguerite, née en 1642, devint aussi Sœur hospitalière et fut l’une des quatre fondatrices de l'Hôpital (ténéral, eu 1693.
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Enfin, Jean Bourdon traça, en 1641, la premiere carte du Canada français. Mgr Tanguay a annexe une cople fac-similée de cette carte à la fin du premier volume de son Dictionnaire C'énéalogique.
Quant à M. Jean LeNueur de Saint-Sauveur, prêtre qui vint au pays en même temps que Jean Bourdon, il prit ce nom de Saint-Sauveur parce qu'il avait été curé de Saint-Sauveur de Thury, en Normandie, Il fut le premier prêtre séculie du pays. I] fut d'abord chapelain de l'Hotel- Dieu de Québec et desservit la chapelle Naint- Jean, sur le coteau Nainte-Geneviève, où demenrait Jean Bourdon. [1 mourut à l'Hôtel-Dieu, en 1668, à l'âge de 70 ans.
Mer Langevin (Motes sur les archives de Notre- Dame de Beauport, p. 117) dit : “ Un des faubourgs de Québec porte aujourd'hui le nom de Saint- Nauveur en souvenir de ce vénérable prêtre.”
Le faubourg de Saint-Sauveur fait partie de la ville de Québec depuis un an.
n'y avait qu'un marchand sur la rue Saint- Jean, en 1716: Charles de Blé, établi dans les environs de l’encoignure de cette rue et de la Côte du Palais. On y trouvait aussi un cabaretier et une cabaretière : Louis d'Autrèpe dit La Noix et Marguerite Boutin, veuve de Jacques
Quesnel. Un cordonnier et un forgeron habitaient
aussi cette rne. Deux Anglais: Jean Willy ou plutôt Willis, natif d'Oxford, Angleterre, cordonnier, et Thomas Le (Golden, journalier, étaient établis sur cette rue.
Sur la rue Saint-Jean demeurait encore Paul Denis de Naint-Simon, conseiller. Sa résidence était à une petite distance des fortifications.
Paul Denis, Nieur de Saint-Simon, grand prévot de la Maréchaussée et conseiller, était marié à Louise-Madeleine Des Peiras (Mgr Tanguay dit: Marie Madeleine Depeiras) ; lent 13 enfants. Une des filles de cette nombreuse famille, Marie- Angélique, se fit hospitalière sous le nom de Sœur Saint-Hyacinthe ; elle mourut en 1750, âgée de 66 ans. Alexandre, son frere, se fit prétre, le 14 juillet 1720, et mourait un peu plus d'un an apres, ayant desservi seulement la paroisse de Naint-Jean, fle d'Orléans. Il n'avait que 25 ans et + inois.
RUE QUI EST LE LONG DU JARDIN DU FORT (aujourd'hui: /a rue des Carrières)
[ n'y avait que 3 feux où habitations, renfermant 24 âmes. C'étaient, en partant du côté nord : Pierre Chauvet dit La Gerne, sa femme et 5 enfants; Jean Marchessault dit Laramée, char-
retier, avec sa femme, 1 enfant #t 1 cousine, et
Pierre Le Vasseur, menuisier, avec sa femme et 1! enfants.