‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 53 sur 57 · CANONS D'AUTEL · texte numérisé non relu

CANONS D'AUTEL

Autrefois la liturgie n'admettait sur l'autel qu'un seul tableau qui était placé au pied de la croix, durant la messe; on l'appelait du nom de labella secretarum, par lequel on le désigne encore dans les Rubriques du Missel romain. La raison de cette appellation est bien simple, la tabella portant des formules que le célébrant récite à voix basse (sécréta voce), exeeplé cependant le Gloria et le Credo. — On jugea bon, dans la suite, d'avoir deux autres tableaux qui accompagnèrent le premier et qui reçurent, eux aussi, quelques parties du Commun de la messe. Les trois tableaux sont maintenant adoptés dans l'Eglise romaine. En France, on les appelle des Canons, parce que le tableau du milieu reproduit plusieurs formules qui sont empruntées à la partie la plus importante du saint Sacrifice qu'on nomme le Canon.

L'abbaye de Silos possède donc trois de ces tableaux. Ce sont des pièces inédites. Les feuilles de texte qui forment l'intérieur des tableaux sont imprimées d'hier et n'ont aucun mérite au point de vue de l'art. Notre but est donc seulement de faire connaître les cadres. Tous les trois sont en argent repoussé et ciselé; tous les trois aussi ont la même forme et la même décoration; celui du milieu (fîg. 18) diffère simplement des deux autres par ses plus grandes proportions en hauteur et surtout en largeur.

Les hommes de goût seront évidemment choqués, dès le premier coup d'oeil jeté sur le dessin que nous publions. Quelle composition pesante et tourmentée! Quelle réunion de courbes bizarres et même extravagantes! Quelle décoration arbitraire et cependant bien nettement voulue, dans le seul but de produire un effet! Examinons d'ailleurs de quels éléments sont formés ces cadres. Des tores passablement lourds, composés de

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