‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 55 sur 57 · MIROIRS · texte numérisé non relu

MIROIRS

Nous ne croyons pas hors do propos d'ajouter aux pièces liturgiques que nous réunissons sous le nom de Trésor de Silos, quatre grands miroirs du XVIIIe siècle qui sont conservés à l'abbaye. Tous les quatre sont semblables.

Les cadres sont en bois sculpté et entièrement doré. Leur l'orme est

originale et tourmentée; il suffit de voir pour s'en convaincre (pl. XVI).

A l'intérieur, la moulure dessine avec aisance un grand arc ; elle se courbe quatre autres fois d'une manière variée et, filant droit pendant un bref espace, elle fait un angle aigu, bien accentué, qui se marie heureusement avec les courbes. — Différents éléments contribuent à la décoration extérieure. Vers le bas, on remarque une longue llùte champêtre, une lyre, une torche enflammée, une musette, un masque seénique, un glaive, une couronne et une marotte ; ce sont les attributs de la tragédie et de la comédie. Au-dessus et dans les côtés, nous avons des tiges recourbées, des branches et des feuillages, traités d'une manière fantaisiste, comme les motifs similaires que l'on voit sur beaucoup de pièces du mobilier civil, an XVIIIe siècle. Tout au sommet, des oiseaux nous paraissent former un chœur de chantres. Regardez plutôt celui qui domine les autres: sa tète est tournée vers le plus fort individu de la société, comme pour avertir ou reprendre ; ses ailes sont éployées d'une façon étrange, à défaut de bras et de mains, et un cahier à partition est ouvert devant lui ; tout enfin dénote un chef d'orchestre. Les autres volatiles sont évidemment les chanteurs.

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