Inventaire F 72 : Troyes
90. Cet article pourrait se rapporter au manuscrit de Troyes n"* 1728. Un réviseur, remarquant un ouvrage au nom d'Eusèbc, aura pensé prélérable de lui donner une autre plac€. Voici la notice de l'inventaire concernant ce manuscrit : a ung autre petit volume contenant les livres et traicties de s' ierome De locorum Jiominibus. Questiones hebraicas de libri regum et abacuch. La dis[)utacioii de ieiuniis. L'exposition pétri hostiensis de XLII rnansionibus filiorum israel in deserto. Libros scintillarum. Et les fleurs et exceptions des livres s' gregoirc secundum ordinem alphabeti. . . Ainsi signe — F 73. •>
Restent trois cotes de l'inventaire. La dernière, F 74, a trouvé son emploi plus haut'. F 64 correspond au manuscrit de Troyes n° 1923, du commencement du XllP siècle: « ung joly petit volume contenant lexposition s^ ierome sur levangile s' marc qui samble estre texte glose, mais ce nest quexposilion... ». — F 68 est aujourd'hui sans répondant: « ung volume contenant les croniques saint ierome selon la diversité des temps et royaulmes et le nombre des ans
(1) Ilfid., p 92. — Au sujet du manuscrit 872, il est tout à fait inexact lie dire qu'il est « sans numéro » (Catalogue général, p. 360). La cote F 70 eit bien marquée fol. 196 v". — Voir la note sur les manuscrits d'Henri de France.
(2) Voir n" 58,
î)k (J.AIRVAUX i'6l
et des roys. Comrnencaiil on second Icuilet du premier prologue, deiiiuentibus. Et finissant on \)Q\\\M\u\e. Et seruulo. Ainsi signe —F. 68 » (fol. 46 r°)'.
Le fragment de catalogue (Jlie nous venons de publier et d'annoter nous a permis de grouj)cr divers manuscrits de la bibliothèque de Troyes, aujourd'hui dissociéset comme perdus dans la masse. Ce résultat, qu'on veuille bien y prendre garde, n'est pas négligeable ; nous essaierons d'ailleurs de le compléter. Pour parler exactement, nous avons replacé une centaine de manuscrits de Clairvaux, grâce aux données conjointes du catalogue du XIP siècle et de l'inventaire du XV", dans leur cadre normal. On ne saurait trop déplorer, à cet égard, le désordre de nos modernes bibliothèques, inhérent à leur existence même, l^our la plupart formées en toute haie et presque au hasard, d'un organisme harmonieusement composé au cours des siècles elles ont fait un amas d'ossements que l'érudit a grand peine à distinguer et à classer. Le mal est sans doute irrémédiable, lorsqu'il s'agit de collections dispersées dès le XVr siècle. Les membres en sont épars maintenant aux quatre coins du ciel, et c'est à l'archéologue qu'il appartient de mesurer le désastre au moyen de nouveaux catalogues littéraires comprenant tous les restes connus des grandes bibliothèques monastiques et capilulaires du moyen âge.
(1) Le manuscrit 971 de la bibliothèque de Troyes (XIT siècle) n'est pas un manuscrit de Clairvaux [Catalogue général, p. 401), mais, je pense, de Mores. Il est d'ailleurs formé de deux parties, bien distinctes à l'origine. Les loi. 1-32 \k dater peut-être Xr-XIl" siècle) donnent le liber hebraicarum quacstionum\ les fol. 33-119 comprennent: le de nominibm hebraicis, et trois apocryphes hiéronyniiens, De decem iemptatiofiibus, Quaestioîies hebruicae in libros Regum, Commentarius in Cunticum Deborae (incomplet).
il)8 L ANCrENNE iilfiLIOTIl/cQ( Ë
Cet utile; Iravail a reçu un couiniincemonl (rexécution ; il tnérilo d'êlro poursuivi avec diligcMice et piété. Nous ne connaîtrons !)ien le moyen âge latin que lorsque ses plus importantes bibliothèques auront été reconj-tituées.
Dans le cas de Glairvaux, la lâche, sans oHrir moins d'attrait, est beaucoup plus facile. On doit d'autant plus s'étonner qu'elle n'ait jusqu'à présent tenté personne. 11 se trouve d'une part que la presque totalité des manuscrits de Glairvaux est encore entre nos mains — à Troyes, à Montpellier et à Paris, — et d'autre part que nous possédons un inventaire de la fin du moyen âge, admirable monument de patience et de prévoyance. Ce précieux inventaire, remarqué par d'Arbois de Jubainville il y a soixante ans, devrait être imprimé depuis la première jusqu'à la dernière ligne, c'est-à-dire dûment édité, commenté et muni de tables, de manière à former un véritable répertoire. Il a plus de valeur assurément que les grands catalogues de Syon et de Canlorbéry publiés naguère en Angleterre'; il est plus homogène et plus complet que l'inventaire de la «librairie» de Charles V auquel un grand érudit français, Léopold Delisle, ne dédaigna pas, malgré l'âge, de donner tous ses soins*. Si je puis dire ici toute ma pensée, la Société Académique de l'Aube s'acquerrait, une fois de plus, la reconnaissance des savants et s honorerait elle-même, en patronnant l'entreprise à laquelle je viens de faire allusion. Rapportés aux notices de l'inventaire, les manuscrits de Clairvaux qui subsistent sortiraient décidément de l'ombre et formeraient de nouveau un tout. On aurait ainsi devant soi non seulement l'image, mais la réalité de l'une des plus
(1) M. Bateson, Catalogue of thô Library of Sijon Monaslery Isleworth., Cambridge 1896. — M, R. James, The ancient Libraries of Canterùury und Dover, Cambridge, 1903.
(2) Recherches sur la Librairie de Charles V, 1907.
bE CLAIRVAUX 1^9
bellts collections littéraires de la seconde moitié du ir.oyen âge. On se rendrait conipte, sans erreur ni illusion possible, de la part prise par Clairvaux au mouvement des études et de la direction imprimée par les abbés à la plus célèbre communauté de l'Ordre de Citeaux. En même temps, la bibliotliècpie de Troyes verrait une parlii^ considérable dt; ses ricbesses inventoriée conformément à l'iiisloire.
En attendant l'accomplissement de cette œuvre si désirable, il suffira de rappeler (juelques cbitTres. L'inventaire de 1472 comprend dix-sept cent quatorze manuscrits*. Ceux qui sont signalés comme encore présents dépassent le cbiffre de treize cents. Mais on peut croire qu'un examen méthodique permettrait de combler en partie la différence*. Si Ton s'en rapporte aux indications fournies par Harmand, la seule bibliothèque de Troyes posséderait actuellement douze-cent soixante-sept manuscrits de l'ancien fonds de Clairvaux*. Me^ observations personnelles m'autorisent à tenir ce chiffre pour approximatif. Dans bien des cas particuliers, Harmand s'est prononcé trop vite, tant au sujet de la date qu'au sujet de la provenance. Quoi qu'il en soit, l'estimation générale peut être admise. Si l'on considère maintenant l'âge des manuscrits en question, on constate tout de suite que le nombre des volumes antérieurs au Xll° siècle est très limité. Je ne vois à citer que les sui-
(1) D'Arbois, Etude, p. 76.
(2) Ibid., p 96. — L. Delisle a signalé cinq manuscrils de Clairvaux dans les collections de la Bibliothèque Nationale (cf. Le Cabinet des Manuscrits. H, 1874, p. 355 sq.) ; ce sont les manuscrits du fonds latin it8:} A, 16879, 1H094, 18223 et l8r)22. Des recherches particulières me permettent de porter au compte de Clairvaux le manuscrit 2598 de la bibliothèque Sainle-(ieneviéve (D 25 de l'Inventaire) et les manuscrits suivants l'e la bibliothèque de l'Arsenal: 98 (P 3 de l'Inventaire), 204 (S 65), 1136 (T 65), 1147 (Q 43), 1207 (T 31) et 3616 (manuscrit de N. D. de Mortemer passé à Clairvaux vers la fin du XV* siècle). — Voir VAddendum p. 190.
(3) Catalogue général^ p. 1018 sq., et cf. d'Arbois, Etude, p. 95.
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vants : 1742 (Alcnin, De virtiitibus et vttiis, et colleclioii (roraisons |)rivées), du IX^ sièclci' ; 2272 (Pontifical), du X' siècle* ; 522 (Missel), de la (in du X* ou du comuiencemcnt du XI"*; 473 (Confessions de saint Augustin)' et 1294 (Homélies d'Origène)/ du Xh siècle, — auxcjuels il faut joindre, paraît-il, le manuscrit n° 314 de la faculté de Monlpellier (Missel)" ; enfin, l'exemplaire des Lettres de saint Jérôme donné par Henri de France, Troyes n** 190, Xl^-XIP siècle". Soit, au total, sept manuscrits antérieurs à la fondation de Clairvaux. L'un ou l'autre a pu être apporté en 1115 par les moines fondateurs'. Il n'en restera pas
[l] On peut même dire du début du IX^ siècle. Les derniers feuillets (85 à 94) représentent un cahier adventice et sont d'une main XI-XII* siècle qui n'a pas le style de Clairvaux. Fol. 9.j v% on lit cette notice du XIV° siècle : In hoc voiumine contineiur libelLm salutans alcliuini ad widonem comitem cum orationibus plurnnis ettextu canticorum sfl/owt»wi5, puis d'une autre main la cote de Clairvaux : P 40. A quoi correspond la description de l'Inventaire (fol. 116 v") : a Ung autre petit vielz volume escript de vielle lettre contenant le traictie alcuini ai wîdonem cotnitem. ae piuribus virtutibus et viciis avec plusieurs oroisons. Et a la fin un cayer de caniicis canticorum... Ainsi signe P 40 ». Le vieux petit volume dont l'archaïsme avait frappé les compilateurs de l'Inventaire peut avoir été donné à Clairvaux au XIII* siècle.
(2) C'est la date donnée par Harmand ; je la crois exacte. 11 y a imitation évidente d'un modèle an( ien. Le texte, qui est celui d'un pontifical romain adapté à l'usage bénédictin, présente d'ailleurs des additions des Xr et XIP siècles. Au fol. 58 v" l'ancienne marque de Clairvaux, apposée au XIV* siècle: « (J num pontificale N. 20. N. 20. N. 20.», bitrée à deux reprises dans la suite.
(3) Et non pas du IX* siècle, comme lindique Harmand. C'est un missel plénier avec neumes, dont le sanctoral est conforme à l'ordo des livres grégoriens révisés du X* siècle; la mention Pautî episcupi au 13 octobre tn fait un livre senonais. H est incomplet et était déjà tel, lorsqu'il reçut l'estampille de Clairvaux au XIII' ou au XIV' siècle (fol. 162j.
(4) Voir ci-dessus n» 26.
(5) Voir ci-dessus a la suite de n" 58.
(6) Je m'en rapporte au Catalogua général des manuscrits des Bibliothèques publiques des Départements., série in^", i. 1,1849, p. 415.
(7) Voir ci-dessus n° 86.
(8j Par exemple, le Pontifical qui présente des retouches du XII* siècle faites sans doute à Clairvaux.
r)E cr.AiRVAiJX ifil
tifoins vrai qu'à la différence de Cluny, dont la bihiiollièque s'est développée progressivement autour d'une collection plus ancienne déjà réunie par saint Odon, l'abbaye de Glairvaux a été fondée pir saint Bernard sans livres.
Et voici précisément le Fait remarquable ou, pour mieux dire, surprenant, tant il contrarie l'opinion toute faite concernant rOrdre de Cîteaux: à la (indu XIT siècle, la bibliotbèque de Glairvaux se composait, pour le moins, de Irois cent quarante manuscrits. Nous avons encore en effet troi? cent quarante manuscrits environ du Xll" siècle portant le nom et la marque de Glairvaux, c'est-à-dire trois cent quarante manuscrits copies à peu près tous à Glairvaux, dans le style simple et net qui convenait à l'Ordre. Je réj)ète que ce fait, celte constatation toute matérielle suffit à détruire une légende généralement acceptée depuis le XVIi" siècle. Sous prétexte que Gîteaux s'opposait à Cluny, que saint Bernard a soutenu sa cause avec véhémence contre Pierre le Vénérable, qu'il a dénoncé parfois, et non sans raison, les dangers de l'étude et de la science, sous prétexte — surtout — que l'Abbé de la Trappe se fit plus tard, pour taire pièce aux Mauristes, le champion d'une théorie étroite des devoirs monastiques, on n'est pas loin d'admettre que saint Bernard pensait déjà comme Rancé et que Glairvaux ressemblait à la Trappe. N'est-ce pas l'auteur, fort érudit, d'une récente vie de saint Bernard, justement ap[)réciée, qui parle par habitude de «la maigre bibliothèque de Glairvaux » et s'étonne que saint Bernard ait lu Cassiodore* ? Assurément il avait lu YExpositio in psabnos ; il a même pu lire les Institiitiones du savant moine de Vivarium ; il avait apparemment ses principaux ouvrages à portée de la main dans la bibliothèque du cloître ' ; il les
(1) E. Vacan lard, Vie de saint Uernard, I, p. Kii
(2) Voir ci-desso'is (U'inii'i^^ partie}, ii" 34 à 37.
T. LXXXl 11
162 l'ancienne BiBLIOTIIÈQtJE
avait lait transcrire ou, tout au moins, les avait désignés comme devant être transcrits. Je crois pouvoir conclure en effet de l'état même de la bibliothèque de Clairvaux à la fin du XV^ siècle que saint Bernard est responsable de son existence aussi bien que de son accroissement, quel que soit le nombre précis des volumes rédigés sur son ordre et de son temps.
Ici encore, je me contenterai de mettre en évidence quelques faits sommaires. La bibliothèque de Clairvaux, nous l'avons vu, a été fondée sans une mise de fonds préalable ; elle est, au point de départ, l'œuvre même des compagnons et des disciples de saint Bernard, le produit des scriptoria du monastère ^ Or, le gouvernement de saint Bernard, fondateur et premier abbé, couvre à peu près la première moitié du XII* siècle ; il s'étend de l'année iH5 à l'année 1153. Au contraire, les successeurs de saint Bernard eurent jusqu'à l'abbé Guy (1193-1214) une carrière assez courte. Clairvaux ne connut plus, après la mort du grand homme, les longs règnes glorieux qui assurèrent le triomphe de l'institut clunisien durant deux siècles et demi. Robert, Fastrède, Geoffroy, Ponce, Gérard, Henri, Pierre, Garnier nous conduisent jusqu'en l'année 1193 ; les trois premiers avaient joui delà confiance du fondateur; Ponce (1165-1170), d'abord abbé de Grandselve (en 1 1 58), avait probablement aussi reçu ses leçons. Cependant, nous savons qu'au cours du siècle, plus de trois cent quarante volumes avaient été réunis ; ceux qui subsistent atteignent ce chiffre. Bien mieux, la portion la plus considérable de ces manuscrits se compose d'ouvrages
(1) D'Arbois, Etude, p. 59 ss., a relevé les dispositions de la réforme cistercienne relatives à la lecture et à la copie des mmuscrits. C'est un fait que dès l'origine les maisons de Cîteaux possédaient des amiaria et des scriptoria.
des Pères. Nous avons noté un à un, en suivant l'ancien catalogue, les livres (rOrigène, de saint Hilaire, de saint Ambroise, de saint Jérôme et de saint Augustin ; nous fixerons tout à l'heure la liste des autres écrivains ecclésiastiques qui figuraient dans le (onds de Clairvaux au XII" siècle. Clairvaux, connue d'Arbois Ta fait voir, n'a pas ignoré rancienne littérature profane* ; mais la chrétienne y domine naturellement, et elle y est représentée sans lacunt; notable jusqu'à saint Anselme. Tertullien lui-même, déjà bien oublié, y paraît avec quelques-uns de ses traités', et j'ai fait remarquer qu'on n'avait eu garde de laisser de côlé Origène. On peut dire qu'à la fin du XIP siècle le travail avait été poussé si activement que la bibliothèque, sous ce rapport, n'avait plus guère à s'enrichir. On ne cessera pas d'ailleurs d'écrire. Nous avons encore plus de quatre cents manuscrits de Clairvaux qui remontent au XlIP siècle. Mais ce sont principalement des bibles ou parties de bibles glosées, des livres liturgiques et des recueils de sermons, puis, àpartirderétablissemenlducollègeSaint-Bernard (en 1244), des traités de théologie et des ouvrages de philosophie et de droit. D'Arbois a montré l'importance de la fondation du collège parisien \ due à la ténacité d'un Anglais, l'abbé Etienne de Lexington (1242-1257) 11 est certain (ju'ellea stimulé le zèle des Cisterciens pour les études alors en vogue dans les milieux universitaires. — non sans contrarier les traditions de l'Ordre, — et que, par contre-coup, elle a fait entrer dans la bibliothèque de Clairvaux une foule de livres conformes à l'esprit nouveau. Au point de vue de la littérature chrétienne proprement dite, le changement d'orienta-
(1) KtudC, [). 109-111.
(■2) Voir ci-ilessous (deriiiore parti.'), n" 1-2.
(3) Etude, [). 0l-7i. et cf. |». ISl.
164 L'ANCIE^^E bihi iotiieqlé
lion est peu appréciable ; il se manilesle seulement par des collections iVeœcerpta et par (jiehpjes commentaires. L'ancien fonds patrologique a donc gardé sa cohésion et Son unité, et celles-ci apparaissent d'autant plus remarquables au milieu des manuscrits de rédaction récente. C'est là justement la question dont nous avons posé les termes, et la réponse ne souffre pas difficulté. Comment expliquer la formation d'une bibliothèque ecclésiastique aussi complète et aussi |)arfaitemenl composée, si ce n'est par l'impulsion de celui qui fonda l'abbaye^ la régit durant une quarantaine d'années, et la laissa enfin aux mains de ses disciples préférés ? La bibholhèque de Clairvaux telle que nous la voyons au terme du XII* siècle ne peut qu'être la création du premier abbé de Clairvaux ; il a dû lui-même fixer le programme selon lequel elle s'est peu à peu organisée et achevée.
Il est à peine besoin d'insister. Conformément à l'esprit de Cîteaux et pour réagir contre les observances de Cluny, saint Bernard a pu s'attacher à un idéal particulier de pauvreté, de labeur et d'austérité de vie ; il n'en est pas moins resté fidèle à la tradition monastique, relativement à la lectio et, par suite, à la copie des manuscrits. Il a admis comme ses devanciers l'adage courant du moyen âge qu'un monastère sans livres ne se pouvait concevoir. Plus précisément, il a voulu que ses religieux vinssent puiser abondamment aux sources de la science chrétienne. De celte intention nous avons une preuve incontestable : le trésor des plus anciens manuscrits de Clairvaux conservés à Troyes.
Il reste, pour compléter l'enseignement de l'ancien catalogue, à faire le compte des ouvrages ecclésiastiques
DE CLAIRVALX 165
dont la mention devait suivre celle des livres de saint Jérôme. J'indiquerai donc, en prenant pour guide l'inventaire de 1472, les autres manuscrits de Clairvaux qui renferment les œuvres des Pères et des auteurs chrétiens jusqu'au IX" siècle. Mallieureusement, la distribution de l'inventaire, quelque peu factice, ne fournit pas une série chronologique continue ; un nouveau groupement sera par conséquent nécessaire.
Je rappelle d'abord le dessin général du document' :
Section bibli(|ue, cotes A 1-F 7 : texte (A 1-C 92) et commentaires (D 1-F 7) ;
Libri doctorum, cotes F 10-1 16 ; à savoir : sancti Dyomsii (F 10-16)^ Origenis (F 18-25), sancti Basilii Cesaree Capadocie episcopi (F 27-28), sarwli lohannis Crisostomi (F 29-33), sancti Hylarii episcopi {? 35-37), sancti Ambrosii (F 40-49), sancti leronimi (F 53-73), [sancti Augmtini] (F 78-G 41), [sancti Gregori] (G 42- 57), sancti Prosperi (G 61-62), sancti Fulgentii (tJ 64- 65), [Cassiodori] (G 67-71), Boecii senatoris (G 74-84), sancti Isidori episcopi (G 85-87), Bede veneraôilis (G 90-H 10), Baôani Mauri (H 13-18), sancti Ansehm episcopi (H 21-28), sancti Bernardi abbatis (H 30-59), flugonisde Sancto Victore (H 62-75), Bichardide Sancto Victore (H 77-82), Odonis abbatis [Morimundi] (H 85- 89), Alani cisterciensis [l 1-7), Pétri de Ce/fons (111-16);
Epistolae doctorum, cotes I 19-27 ;
Libri speculatiue théologie^ cotes I 30- L 49 ;
Exceptiones et flores doctorum^ cotes L 50-M 35 ;
Libri sermonum, cotes M 36-0 o\ ;
Libri commune, cotes 0 57-Q 7 ;
Libri hystoriarum, cotes Q 8-93.
(1) Voir daulre part d'Arbois, Elude, p. 77 ss.
106 l/A>r,IE>>K niUMOTHÈyUK
Puis viennent les ouvrages de droit, de médecine, d'aart», de philosophie, de hturgie.
Pour épuiser la calégori(; des manuscrits qui nous concernent, nous pouvons fai e quatre groupes : 1" la série des livres cotés F 27-33, à laquelle nous joindrons quelques autres traductions du g:'ec ; — 2" la série G 42 -II 1 8 ; — 3° les autres écrivains chrétiens des V et VP siècles ; — 4° les auteurs des VHP et IX® si^'^cles. Les manuscrits des derniers groupes sont repris individuellement des sections réservées aux commentaires de la Hihle, aux lettres, aux sermons, etc.. En d'autres termes, pour les deux premiers groupes seulement on peut préteiidr i à donner une analyse exacte de l'inventaire avec l'indicjtion des manuscrits postérieurs au XIP siècle et des maijuscrits perdus. Afin de faciliter la lecture de celte liste, j'attribuerai à chaque manuscrit un numéro d'ordre.
Saint Basile:
1 . Inventaire F 27 : Troyes \ 422 {De instiiutione monachorum ; en outre Julien de Tolède, Prognostica).
2. Inventaire F 28 : Troyes 483 (Homélies ; en outre le De imagine de Grégoire de Nysse et le De Trinitate d'Alcuin).
Saint Jean Chrysostome :
3. Inventaire F 29: Troyes 38 [in Malthaeum ; en outre saint Amhroise sur le psaume cxviii ) \
4. Inventaire F 30 : Troyes 234 (m Hebraeos : en outre Hexaméron de saint Basile).
(5) Voir plus haut article n» 65.
DE CLAIRVALX 167
5. Inventaire F 31 ; Troyes 423 {Quod nemo laeditur. De reparatione la psi, etc.).
6. Inventaire F 32 (ser.nons et lettre à Olympias, avec (les sermons de Pierre Chrysologne et des homélies portant le nom d'Ensèbe d'Emcse) ; ce manuscrit semble perdu.
7. Inventaire F 33 : Troyes 1023 [De laudibiis Pauli apostoli, précédé du Diadema de Sinaragde).
Josèphe :