‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 1 sur 128 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'histoire de l'ancienne Faculté de médecine de Paris est intéressante à plus d'un titre , non-seulement parce qu'elle nous reporte au berceau de nos ayxciennes Ecoles , mais parce quelle nous fait connaître les mœurs d'un autre âge, parce qu'elle nous montre les idées progressistes en lutte avec V immobilisme, et quelle nous fait entrevoir V émancipation de notre science dans la personne d'ardents lutteurs, tels que Théophraste Renaudot ou Vicq d'Azyr.

Il y a plusieurs manières d'écrire celle histoire. En se plaçant au point de vue le plus élevé, on peut l'envisager sous son coté philosophique: visant un peu moins haut, on peut se contenter de résumer l'histoire de chaque décanal , comme Vont fait Th.-Bern. Bertrand, dans les Annales medici, ou Bieuxivoye dans la Synopsis. Ces résumés succincts des Commentaires, écrits eux-mêmes en latin, ont une grande valeur. Ils font connaître le résultat des élections, les noms des candidats à chaque examen,

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les sujets des argumentations , V extrait des délibérations de la Faculté , etc. Mais ces résumés étant fort mal écrits et d'une lecture difficile, ce travail devrait être refait pour que les Archives de notre Faculté fussent accessibles à tous ; il devrait l'être , comme œuvre de fond , comme source précieuse et unique de renseignements .

De notre ancienne Faculté, j'ai étudié le côté le plus intéressant. J'ai cherché à vivre de la vie de nos devanciers ; j'ai fait de nombreux pèlerinages à la maison de la rue de la Bûcher ie , aujourd'hui lavoir public et maison de bas étage; je me suis isolé au milieu du bruit des battoirs ; il me semblait parfois que j'allais entendre quelque belle période cicèronienne, comme les faisaient si bien nos vieux docteurs régents; je me trouvais transporté par la pensée au milieu des étudiants, dans ces jours de luttes et de discussions animées et interminables ; je me mêlais à la foule des maîtres et des élèves, traversant processionnelle ment le Pont aux Doubles pour se rendre ci l' Archevêché ; avec eux je pénétrais dans Notre-Dame et il me semblait les voir agenouillés devant l'autel de Saint-Denis, pour y prononcer le fameux serment. Devant cet autel, ou tant de licenciés se sont prosternés, s'élève

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aujourd'hui le monument dédié à la mémoire de V archevêque Afl're , victime de nos discordes civiles.

T ai étudié le fonctionnement de la vieille Faculté dans ses élections, dans son enseignement, dans son administration; j'ai dressé la liste de ses doyens 'pendant près de quatre siècles; j'ai raconté ses luttes avec les chirurgiens, avec les apothicaires , avec les médecins étrangers , avec la Société royale de médecine; j'ai voulu donner un aperçu de ses moyens budgétaires et j'ai terminé ce travail par la traduction des statuts qui ont été en vigueur jusqu'à la Révolution Française. Non-seulement j'ni feuilleté tout ce qui a été écrit sur l'ancienne Faculté de médecine de Paris , sur ses usages, sur ses coutumes, mais c'est surtout dans les vingtquatre volumes des Commentaires que j'ai puisé les renseignements les plus précieux et dont l'authenticité est incontestable.

De ces vieilles écoles de la rue de la Buclierie, qui ont fourni des milliers de docteurs régents, il ne reste plus que V amphithéâtre, inauguré par Winsloio en 1745. Je ne me suis pas contenté de le visiter de fond en comble, de l'étudier au dedans comme au dehors ; .) ai voulu que le dessin pût le reproduire en tète de cet ouvrage ,

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et un de nos habiles graveurs, M. Adolphe Varin , a mis obligeamment son crayon à ma disposition.

Je remercie la France Médicale d'avoir offert la première hospitalité à ces souvenirs de V ancienne Faculté de Paris.

J'ai cru donner ainsi un gage d'affection à la Faculté sur les bancs de laquelle je me suis assis dans ma jeunesse et où je viens d'être rappelé, après un quart de siècle de pratique.

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