Chapitre dixième
teurs régents offrir généreusement leur bourse, tels que Jérôme de Varade, Carpentier, ou bien abandonner leur part d’honoraires comme examinateurs. Un jour, le 12 mars 1643, on apporta à la Faculté un acte de donation de Michel Le Masle des Roches, protonotaire apostolique, chantre et chanoine de Notre-Dame, etc., qui offrait de son vivant à la Faculté, pour rebâtir ses écoles, une somme de 30,000 livres. Il y eut de petites conditions qui blessèrent l’amourpropre delà Faculté, inexpugnable dans ses règlements; on lui demandait quelque indulgence, quelques faveurs pour Claude de Frades, cousin de Michel Le Masle, étudiant qui n’était pas l’honneur de la Faculté. Elle déclara qu'elle « aimait mieux voir la donation anéantie que sa dignité amoindrie, » et Claude de Frades ne fut pas plus privilégié que ses condisciples. Une telle froideur froissa le donateur et provoqua de sa part un testament qui reporta ses vues généreuses sur l’Hôtel-Dieu; mais un arrangement à l’amiable réduisit les 30 000 livres à 20 000 que la Faculté encaissa pour ses réparations. On connaît la plaque de marbre noir et l’inscription commémorative qui y fut gravée, inscription que nous lisons encore aujourd’hui dans la vieille bâtisse de la rue de la Bucherie, vis-à-vis la porte d’entrée. Le doyen René Moreau fut chargé d’adresser à Michel Le Masle les remerciements de la Faculté.
Malgré sa pauvreté, notre ancienne Faculté ne manquait ni de générosité ni de patriotisme, et en 1636, quand les Espagnols soutenus par 18 000 Impériaux, envahirent la Picardie et s’emparèrent de Corbie, la Cour et Paris s’épouvantèrent d’abord, mais le peuple
Le Budget.
et les ouvriers s’enrôlèrent, et la bourgeoisie fournit de l’argent et des chevaux. La Faculté envoya 3 000 livres au roi Louis XIII qui se mit à la tête de 40 000 hommes, reprit Corbie et rejeta les Espagnols hors des frontières. En 1813, la nouvelle Faculté de médecine imita cet exemple, fournit une somme égale de 3 000 francs prélevée sur les honoraires des professeurs, pour l’achat de trois chevaux équipés qu’elle offrit à l’empereur.
Malgré tout son esprit d’ordre et d’économie, la Faculté dépensait plus qu’elle ne recevait et son budget se soldait annuellement par un déficit. Elle avait des dépenses qui se renouvelaient chaque année, d’autres qui ne revenaient que tous les deux ans. Son passif peut s’établir de la manière suivante :