Chapitre huitième
COLLEGIVM.
MM. DD. CHIRURGORUM PARISI1S JURATORUM A SANCTO LUDOVICO ANNO 1226. 1NSTITUTUM, GRADATIM A PHILIPPIS, LUDOVICIS, CAROL1S , JOANNE, FRANC1SCIS ET ERR1CIS RF.GIBUS CHRISTIANISSIMIS CONSER- VATUM, MODO SUB AUSPICIIS CHRISTIANISSIMI JUSTI PIIQUE LODOICIXIII. OB EJUS NATALIS MEMORIAM INSTAURATÜM, ANNO SALUTIS 1615.
C’était le collège des maîtres chirurgiens jurés de Paris ou chirurgiens de robe longue, qualification qu’ils prenaient pour se distinguer des barbiers chirurgiens ou chirurgiens de robe courte.
La médecine étant primitivement exercée par des chanoines et par des clercs, et l’Eglise leur interdisant de verser le sang, ils durent abandonner la pratique des opérations à des gens étrangers à leur profession. Un article des vieux statuts trouvait également malséant à un maître régent de faire des opérations manuelles, Inh nestum magistrum in medicinâ manu operari.
Avant Jean Pitard, chirurgien de Saint-Louis, la chirurgie à Paris était dans les mains de quatre maîtres, vivant ensemble et dont la maison était une sorte d’infirmerie passagère où l’on trouvait tout les secours de la chirurgie (1). Ils eurent des disciples et formaient déjà une petite compagnie. Mais à la suite des querelles des Guelfes et des Gibelins, des Italiens exilés (2) vinrent en France et à Paris
(1) Quesnay. Recherches sur l'origine et les progrès de la Chirurgie en France, in-4, 1744, p. 39.
(2) Pierre Appone de Padoue en 1250 ; Lanfranchi, de Milan, en 1295, Œgidius ou Gilles Colonna, de Rome, en 1278.
Médecins , Chirurgiens , Barbiers, Apothicaires , etc.
et y exercèrent la chirurgie sans autre titre ni recommandation que leur qualité d’étrangers, qualité qui, aujourd’hui encore, a un certain prestige aux yeux du public. Ce fut la cause de graves désordres, chacun pouvant s’ériger en chirurgien. JeanPitard exposa ces dangers à Saint-Louis qui réunit les chirurgiens dans une corporation qu’il réglementa. Mais malgré tous leurs efforts, les chirurgiens de Paris n’ont jamais pu trouver cette pièce authentique qui remontait, disaient-il, à 1226 et à 1260. Leur confrérie, qui se réunissait d’abord dans l’église Saint-Jacques-la-Boucherie, se mit plus tard sous le patronage de Saint-Côme, petite église paroissiale, située au coin de la rue des Cordeliers et de la rue de la Harpe.
C’est là qu’ils donnèrent leurs consultations gratuites le premier lundi de chaque mois, de dix heures à midi. En 1554, ils firent construire près de l’église un petit appentis qui leur permit de donner leurs consultations en dehors de l’église, et, par un contrat du 8 février 1615, ils achetèrent trois toises et demie de terrain dans le cimetière ou charnier de Saint-Côme, et c’est là qu’ils élevèrent leur collège de chirurgie dont nous avous rapporté l’inscription.
Mais reprenons les choses d’un peu plus haut, car, dans toute cette longue histoire, on trouve toujours trois partis en présence: médecins, chirurgiens et barbiers, divisés d’intérêts, toujours ennemis cachés, mèmè quand ils paraissaient réunis.
La première pièce authentique de la corporation des chirurgiens