LETTRES D'HENRI III
HENRY PAR LA GRACE DE DIEU ROY DE FRANCE ET DE POULONGNE A TOUS PRESENS ET A VENIR SALUT.
Comme estans a Chartres le jour de la Purification dernière pour l'accomplissement du vœu qu'y avions fait a Dieu, eussions accordé a la Royne nostre trèschère espouse et compaigne a l'humble supplicacion de nostre bien amé et féal conseiller Messire Nicolas de Thou, Evesque de Chartres, deux bourses à perpétuité en nostre Collège de Champaigne, dit autrement Navarre, fondé en nostre bonne ville de Paris, pour lentretenement de deux enfans de chœur de ladicte église a l'estude des bonnes lettres, après le temps accomply de leur service en ladicte église, SÇAVOIR FAISONS que, pour la singulière dévotion que portons à la Glorieuse Vierge Marié soubz l'invocacion et a l'honneur et nom de laquelle ladicte église est construicte, voire avant l'Incarnacion de Jésus-Christ, et pour participer aux prières et œuvres pitoyables quj s'y font journellement et feront à l'advenir, Avons de nostre certaine science, grâce spéciale, plaine puissance, auctorité et libéralité Royalle, donné, accordé, octroyé, aulmosné, et perpétuellement affecté, donnons, accordons, octroyons, aulmosnons, et affectons a jamais à ladicte église, au proufict, commodité et usage delaPSALETTE, deux bourses de celles qui sont ordonnées en nostre dict collège aux Grammairiens, pour advenant vacquacion, y estre cy après pourveu par nous et noz successeurs, ou ceulx qui en auront charge soubz nous, a la présentation touteffois de nostre dict bien amé Evesque, et ses successeurs, conjoinctement avec les vénérables, doyen et chappitre de ladicte église, a deux desdicts enfans, qui se trouveront par eulx propres a l'estude des bonnes lettres et arts libéraulx, sans que puissions autrement en disposer, voulans que