SUR L EPITRE FARCIE DES SAINTS INNOCENTS
Le missel noté d'où est extrait le chant farci de l'épitre des saints Innocents est un manuscrit du XIIIe siècle appartenant à la Bibliothèque publique de la ville de Chartres (520).
Ce missel est l'Antiphonier de la chapelle Saint-Nicolas. La septième et la huitième page contiennent deux chartes de donation d'huile pour l'entretien des lampes de cette chapelle. Au folio 60 v° oraison de Y alléluia ; au folio 128 v°, les Rameaux ; la rubrique dit que la procession se rend à Saint-Cheron. Au retour: Succentor transgreditur crucem usque ad consuetum locutn cum diaconibus et juvenibus et pueris albis indutis prius statutis diligenter per ordinem. Incipiunt pueri : Gloria laus et honor..,, Post. pueri aliud vers.: Israël es tu... Succentor cum c/ioro iterum: Gloria... Pueri : Cetus in excelsis... etc. — Au folio 223 v°, au bas : Census sancti Nicolai in festo sancti Remigii. . . De même f° 224. — Au folio 237 v°, mention d'un don fait en 1263 à la chapelle Saint-Nicolas, à la charge d'une messe. — Folio 238 v°, au commencement du canon, après una cum famulo tuo papa nostro et antiste nostro et rege nostro, on a inséré pro magistro Nicholao de Domo Maugis (mort en 1308) qui huic sanctse ecclesise calicem contulit ubi divina officia celebrantur.
Le genre de notation de ce missel est celui que Gui d'Arezzo a mis en vogue au xie siècle. Ce sont les neumes anciens, mais d'une écriture un peu moins cursive qu'avant cette époque, avec un point carré au sommet de la virga, de façon à ce que ces neumes pussent être échelonnés sur une portée qui est ordinairement de quatre lignes. Dans la notation guidonienne primitive, la ligne sur laquelle est placée la note C, plus tard appelée ut, est jaune; celle qui reçoit la note F, nommée dans la suite fa, est rouge. C, origine de la clef d'ut, est écrit au commencement de la ligne jaune ; F, clef de fa, au commencement de la rouge.
Dans notre manuscrit chartrain, la couleur jaune a été remplacée par
la couleur verte : particularité qui commence au xne siècle, et se voit
aussi, mais plus rarement, au xin8. Ce qui est plus rare encore, c'est ce
qui s'est fait ici , à savoir de placer le rouge là où devrait être le jaune
ou le vert, et réciproquement.
L'épitre des saints Innocents se trouve au folio 315 v° ; au folio 311, celle de saint Etienne; au folio 314, celle de saint Jean l'Evangéliste; au folio 317, celle de saint Thomas ; au folio 318 v°, celle de saint Nicolas.
Toutes ces épitres farcies sont sur le même chant, chant offrant le caractère du 5e et du 8e mode, sauf celle des saints Innocents qui a une mélodie particulière semblant appartenir au 6e mode, mais ayant la finale du premier.
Le copiste s'est appliqué, dans le commencement, à mettre exactement chaque neume ou chaque partie de neume, c'est-à-dire chaque note, sur la ligne ou l'interligne qui lui convient. Mais comme il arrive souvent, lorsque la mélodie se reproduit ainsi la même sur de nombreux versets, les premiers "de ceux-ci sont seuls bien notés ; pour les autres le copiste se néglige et se contente de l'a peu près.
C'est ainsi, dans l'espèce, que la curieuse formule mélodique qui vient si naïvement s'ajouter à chaque verset comme un petit refrain de six notes sur la voyelle admirative O, opérant sa cadence sur fa, est, au bout de quelques lignes, écrite avec le podatus re mi, substitué, on se demande pourquoi, et nous croyons que c'est par simple négligence, au podatus normal ré fa.
Semblable variante, et, selon nous, même négligence de copiste, pour un autre podatus, pour celui qui précède une virga précédant elle-même un climacus resupinus dans la formule de médiante. Au mot apocalypsis , où elle parait d'abord, le podatus se compose clairement des deux notes sol la, et ainsi au milieu des phrases suivantes. Mais aux mots à leigneil, icel chant dire, le copiste a écrit fa sol, sans autrement y prendre garde.
La virga qui suit ce podatus est un si en précédant un autre, tous deux nécessairement bémolisés ; mais le signe du bémol ne paraît que de temps en temps. Posée d'abord comme il convient entre les deux lignes supérieures de la portée , bientôt la virga en question change de place et occupe celle du la et non du si. Ce qui arrive aux mots : soef cri, animalia, novcl, canticum, mulieribus, omnibus, péchiez, félunie : variante non intentionnelle, mais dont cependant il n'y aurait pas grand inconvénient à tenir compte. Il s'agit en effet ici d'une de ces notes qui dans les récitatifs ont un rôle effacé, sont plus ou moins flottantes, et peuvent être laissées dans le vague, aussi bien pour l'intonation que pour le rythme.
Dom Joskph POTHIER.
Lettre de M. le chanoine Clerval à M$v l'Évèque de Chartres.
Réponse de Sa Grandeur à l'auteur.
Introduction : Les enfants et l'office divin, durant les premiers siècles, dans les églises de Rome, d'Orient, d'Afrique, d'Espagne et des Gaules I
Bibliographie : Sources manuscrites, sources imprimées . . . XVII