DURANT LES PREMIERS SIÈCLES TII
l’âge adulte nécessaire pour les ordres supérieurs. La plupart des carrières ecclésiastiques dont on connait le détail ont commencé par le lectorat. » Saint Silvestre (314-335) décida qu'avant d'exercer tout ministère dans l'Église on devrait être lecteur trente ans, acolythe cinq ans, sous-diacre cinq ans, gardien des martyrs dix ans, diacre sept ans et prêtre trois ans; dans ces conditions, il fallait entrer dans le lectorat bien jeune pour devenir prêtre avant la vieillesse. Le pape Sirice, dans sa Décrétale à Himerius, évêque de Tarragone (385), confirma cette obligation en l’adoucissant, et décreta que quiconque voudrait se vouer au service de l'Église, devrait non-seulement être baptisé ante annos pubertalis, mais encore avoir rempli avant cet âge les fonctions de lecteur 1. Le pape Zozime, dans sa neuvième lettre à Hesychius, évêque de Salone (418), reprit cette règle en termes non moins précis. « Voici les temps, dit-il, qu'ilfaut observer pour chaque ordre ; il faut avoir pris rang dans le ministère ecclésiastique dès l'enfance en demeurant parmi les lecteurs jusqu’à vingt ans sans interruption ? »
Et de fait, la plupart des lecteurs que nous connaissons étaient fort jeunes. Libère (352) fut lecteur tout petit enfant, et lorsqu'il commençait seulement à balbutier :
Parvulus, utque loqui cepisti dulcia verba, Mox Scripturarum lector *.….
Ils étaient jeunes aussi, le père du pape Damase (366) et le pape Sirice, et ce lector tituli sanctae Ceciliae, du vf siècle, dont l’épitaphe, retrouvée par M. de Rossi, porte qu'il était âgé de dix ans seulement, et beaucoup d’autres qualifiés du ütre de lecteurs dont parlent les inscriptions #.
3 Bulletin de M. de Rossi, 1883, p. 17.
4 Id. 1833. — Lib. Pontificalis, éd. Duchesne, I, 213, 217, A8.