LES HABITS ORDINAIRES DES ENFANTS DE CHŒUR
Jolliet, un cabinet construit sur la demande de Cabassol, une infirmerie et une chambre pour le maître de musique. Sur la fin du xvm° siècle, ce maître avait cédé sa chambre à son confrère et s'était installé dans l'infirmerie ; mais en 1785 ! on le pria d’en sortir. Il y avait encore une ou deux autres chambres, pour la servante et pour les musiciens de passage ou pour les enfants de chœur qui restaient en pension après leur service. Mais il n’y en avait point pour les étrangers, même parents des maîtres, et surtout pour les femmes.
Ces différentes pièces étaient ornées de meubles, entre autres de chaises de paille (1669), de coffres pour les habits, d’armoires pour la musique.
C'était le clerc de l’œuvre qui, surtout dans les derniers siècles, avait la charge de veiller à l'entretien du bâtiment et de tout ce qu’il contenait, de concert avec le maître de musique et sous la direction des Commis et du Chapitre. Il possédait un inventaire de la maison et il Le vérifiait à chaque changement de maître. L'ancien catalogue des manuscrits capitulaires signale plusieurs de ces inven-
taires ? qui ont malheureusement disparu.
Il. — LES HABITS ORDINAIRES DES ENFANTS DE CHŒUR
Logés par le Chapitre, les enfants recevaient encore de
lui leur costume profane. Hors de l’église, ils laissaient
1 R. C., 13 août, CS 1E 04125
lamict, l'aube ou le surplis, la ceinture, la calotte, mais ils gardaient la soutane rouge et le bonnet carré. Ces deux pièces, nous l'avons déjà vu, leur étaient fournies par les chanoines. En était-il de même des habits de dessous ?
En principe, les chemises etculottes devaient être données par les parents; on le rappela en 1538. En fait, le Chapitre en faisait très souvent les frais. En 1613, il donna 6 livres au clerc de l'Œuvre pour acheter des chemises à Marin Poussard, sur la requête de son père. De même, il consentit en 1615, à habiller un nouveau venu parce que sa mère était une pauvre veuve. Ces exceptions devinrent peu à peu si nombreuses qu’en 1782! on régla que tous les enfants entrants seraient vêtus par le Chapitre, « attendu que souvent leurs parents ne peuvent supporter cette dépense. »
Aussi, dès le début, celui-ci se préoccupa de la lingerie de la Maîtrise. En 1581, il utilisa le grand voile du Jeudi saint, qui se tendait devant le sanctuaire, pour couvrir l'orgue et faire du linge aux enfants. En 1732, 1740, 1760, 1765, 1l constata que les enfants manquaïent de mouchoirs, de coiffes de nuit, que les plus petits n'avaient plus de chemises. Pour monter leur trousseau, il vota 500 livres en 1740, et 457 livres en 1760?. Pour l’entretenir, il prit à ses gages une raccommodeuse moyennant 10 livres par an. Elle s'appelait en 1686 Anne Jouasnon. C'était la
même qui s’occupait du costume liturgique, mais elle
1R. C., 14 décembre.
2R. G., an. 1740, f. 92 v., an. 1760, 30 août.