PRÉFACE
Amicm Plato $ed magis arnica verilas.
Le congrès de rAssocialion scieDlifique de France s*esl réuni à Besançon, en août i893, et la première Commission du comilé local a préparé, pour celte réunion, un volume de notices relatives à Tancienne province de Francbe-Gomté. Les forêts de celte province sont considérables; quelques pages seulement leur étaient réservées, et la notice qui les concerne a été scindée en descriptive et administrative.
Sous ce titre: Les forêts de la Franche-Comté,' Ibl première partie a été insérée au volume des notices.
La seconde partie a fait Tobjet d'une communication au congrès et elle a été insérée au volume des comptes rendus sous ce titre : L'ancienne sylviculture et la nouvelle. Unification de l'art forestier. C'est le résumé d'expériences sur Taccroissement faites d'une manière suivie depuis plus de quarante ans, surtout dans les forêts de Franche Comté.
Dans la sylviculture nouvelle la donnée de Taccroissement remplace celle de la révolution, qui est la cause de la dépréciation des forêts avec Tancienne sylviculture. La réforme de renseignement et du régime forestier est la conséquence de ce changemenl et présente un intérêt scientifique manifeste (i).
A la séance du 5 août 1893, après discussion, la notice a paru devoir être complétée.
Sous le titre actuel elle devait être présentée, en 1894, au congrès de Caen. L*auteur ne put s'y rendre, et des circonstances indépendantes de sa volonté en ont retardé la publication.
(1) Voir à Tappendice les Mémoires à rAcadémie des sciences des 19 janvier 1880 et 16 mai 1887.
i. — L'ancienne culture forestière admet trois modes de traitement: le taillis simple, le taillis composé ou sous futaie, et la futaie pleine. Elle établit Taménagemenl sur la donnée de la révolution, qui est courte avec le taillis simple, plus longue avec le taillis composé, et s'élève à cent, cent cinquante ans et plus avec la futaie pleine.
2. — Chacun connaît les inconvénients de cette ancienne culture, et s'efforce, dans la pratique, de remédier à Tincerlitude du choix à faire entre trois méthodes de traitement et aux complications de l'aménagement à longue échéance.
Depuis quarante ans, surtout, beaucoup d'essais ont été faits et les discussions qu'ils ont provoquées ont permis de dégager les principes de la sylviculture nouvelle.
3. — Partant de cette observation qu'en forêt les arbres convenablement espacés s'accroissent beaucoup et prennent de belles proportions, tandis qu'ils s'accroissent peu, se déforment et s'étiolent vite dans les peuplements à l'état serré, la sylviculture nouvelle procède par le dégagement des sujets les meilleurs. L'opération commence dès le jeune ige, se renouvelle à courte période, et se borne chaque fois à des arbres en petit nombre, mais bien choisis comme qualité et espacement.
4. — Dans l'ancienne sylviculture Téclaircie a pour but de prévenir les inconvénients de l'état serré. Elle consiste à enlever les brins les plus faibles et dominés^ sans interrompre le massif; afin de maintenir la lutte entre les sujets les meilleurs. Elle commence dans la futaie pleine, dès que le peuplement a assez de force pour résister aux intempéries, et se renouvelle périodiquement jusqu'au terme de la révolution. Alors elle prend le nom de coupe de régénération, et consiste à desserrer le massif, afin de provoquer» à ce moment, des semis naturels d'où surgira
une forêt nouvelle destinée à être traitée comme la précédente, et ainsi de suite.
L'éclaircie est abandonnée dans les taillis, où ses inconvénients ont été plus faciles à reconnaître.
Dans la futaie pleine on s'aperçoit de plus en plus qu'elle est tardive et ne fait que prolonger une lutte épuisante.
5. — Prévenir la lutte entre les arbres d'avenir, tel est le principe de la sylviculture nouvelle. Il est opposé à celui de l'ancienne sylviculture.
Entre le dégagement et l'éclaircie, la différence est complète. Pour la faire ressortir, il suffit de comparer les deux opérations sur le même groupe d'arbres. Sur ce groupe, l'éclaircie enlève l'arbre faible afin de maintenir la lutte entre les forts^ et le couvert complet du sol pour empêcher le réensemencement naturel avant le terme de la révolution. Le dégagement, au contraire, consiste à enlever l'arbre intermédiaire entre le fort et le faible, afin d'activer en même temps la croissance du fort qui sera exploité le premier, celle du faible qui le remplacera, et de desserrer ainsi le groupe pour obtenir incessamment le semis naturel et le sous-étage qui assure la fraîcheur du sol et d'où se dégage la futaie.
6. — - Par les dégagements renouvelés à la période de six ans, par exemple, la sylviculture nouvelle accomplit la transformation en futaie au bout de quatre ou cinq périodes, soit vingt-quatre à trente ans. Dès que les arbres sont assez forts pour résister aux intempéries et se prêter aux prévisions d'avenir, ils forment la futaie ou matériel principal. Le reste du peuplement, ce qui est au-dessous d'un minimum de grosseur fixé, est le matériel accessoire ou sous- bois.
Par le couvert qu'il donne, le branchage des futaies ralentit l'accroissement du sous-bois, mais la perte qui en résulte n'est qu'apparente, elle est compensée par l'accroissement du branchage même.
Donc, si l'on ajoute au sous-bois le branchage de la futaie, on a dans l'accroissement du matériel accessoire ainsi augmenté une constante de la production forestière, et le matériel principal, réduit au bois de tige des arbres de futaie, seul variable, et, par conséquent, souniiisau contrôle technique de l'accroissement, s'obtient par surcroît.
7. — Ainsi se trouve résolue la question tant controversée de savoir à qui, de l'État, des communes ou des particuliers, doivent incomber Ja culture et la production des futaies. Tout propriétaire doit en produire,
et dans chaque forêt Tintensité cuiturale se mesure à sa production en futaie.
8. — Il n*y a plus désormais de distinction à établir quant au traitement et à Taménagement en raison de la qualité du propriétaire : la sylviculture nouvelle réalise Tunification des méthodes forestières.
9. — La pratique nouvelle se résume ainsi : partager la forêt en divisions invariablement fixées sur le terrain, et prendre la division comme unité technique, c'est-à-dire faire par division toutes les opérations forestières, particulièrement les prévisions d'exploitation, les coupes annuelles, les inventaires ou dénombrements de la futaie et la comparaison de ces inventaires qui est le contrôle.
Les prévisions d'exploitation se règlent d'après Taccroissement de la futaie seule. Si le sous-bois est exploitable, il se coupe en même temps que la futaie à la condition d'y faire la réserve suffisante. S'il ne Test pas et que la futaie ne soit pas encore suffisamment rétablie, on n'exploite dans celle-ci que des arbres défectueux et l'on ne fait dans le sous-bois que des dégagements.
Ces prévisions se renouvellent à chaque période, tous les six ans, par exemple. Chaque division est passée en revue et sa futaie inventoriée.
Le contrôle se fait en ajoutant au deuxième inventaire les bois coupés et en retranchant du total le premier inventaire. 11 permet de calculer le quantum et le taux de l'accroissement. Il montre, en outre, que le taux* de l'accroissement diminue à mesure que le quantum augmente, et réciproquement. Enfin, il fait ressortir par classes de grosseur et d'essences le taux d'accroissement des arbres de la division.
10. — Le taux de l'accroissenient difière du taux de placement en forêt. Celui-ci est le taux de l'intérêt net que l'on entend retirer du capital placé sur la forêt. En raison de la solidité de ce placement, le taux en est fixé, par l'usage, au-dessous de l'intérêt de l'argent.
il. — Le taux de l'accroissement constaté par le contrôle est supérieur, égal ou inférieur au taux admis pour le placement en forêt.
Dans le premier cas il y a déficit de matériel. Pour le combler, on coupe moins que l'accroissement.
L'inverse a lieu dans le dernier cas. On coupe plus que l'accroissement.
Et quand il y a égalité entre le taux de l'accroissement moyen cons-
talé par le contrôle elle taux admis polir le placement en forêt, cet état normal est entretenu par la coupe équivalente à Taccroissement ou coupe normale.
Le taux de Taccroissement des bois moyens et surtout des petits bois étant plus élevé que le taux du placement des capitaux en forêt, le peuplement, pour devenir normal, doit contenir une proportion de gros bois, à faible taux d'accroissement, dont Topportunilé et la mesure sont indiquées par le contrôle.
Parvenue à Télat normal, la forêt continue à s'améliorer par le retour périodique des coupes. Le contrôle s'applique au matériel en bloc et, s'il y a lieu, aux principales essences considérées séparément. Chaque fois il indique dans quelle mesure on doit enlever les arbres surabondants, moins bons ou moins bien placés, en ayant égard au choix des essences et aux besoins de la consommation.
Enfin le rapport inverse du taux et du quantum de Taccroissement peut donner ouverture à la coupe extraordinaire. Le contrôle fixera rimporlance, le mode de réalisation et le terme de remboursement de cet emprunt au capital de la forêt.
12. — La prévision d'exploitation, s'établissant sur le matériel principal ou bois de tige des arbres de futaie, est indépendante du sous-bois. Celui-ci s'exploite suivant les convenances locales: à quinze ou dix-huit ans à proximité des forges au bois; à six, huit, dix ou douze ans à proximité des fours à chaux ou à plâtre, des briqueteries, des tuileries, etc. On pourrait l'exploitera un ou deux ans si, comme on l'a proposé dernièrement, il y avait avantage à l'utiliser pour l'alimentation du bétail.
On peut encore le supprimer, arriver à la futaie clair-plantée sur un pâturage fertile, en mélange avec des arbres fruitiers qu'elle abrite et entrecoupée de cultures diverses appropriées aux besoins et aux usages de populations croissantes. C'est la marche normale de la colonisation, dans les régions couvertes de forêts.
Ou bien, par la plantation de l'arbre et par la culture, des terrains improductifs et stériles deviendront des pâturages ombragés et fertiles, enrichissant par les troupeaux des populations croissantes, qui propageront la culture de l'arbre associée à l'agriculture dans la mesure du possible. C'est la marche normale de la colonisation dans les régions non ou incomplètement pourvues d'arbres, dont l'étendue peut être évaluée, en France, à dix millions, et, en Algérie, à plus de trente millions d'hectares.
Avec la sylviculture nouvelle, la forêt sauvage sera reléguée là ou Tagricullure et le pâlnrage, ne trouvant plus dans Tarbre une protection sufiSsante, cessent d*êlre possibles.
Les auteurs des xvi* et xvii® siècles parlent des coupes de taillis faites à trois, quatre ou cinq ans. Jugées au point de vue de la sylviculture ancienne, elles étaient en contradiction avec son principe, qui est d'allonger la révolution des coupes; mais elles pouvaient répondre à des convenances locales dont la tradition ne s*est pas conservée.
La .sylviculture npuvelle se prête à toutes les exigences locales, et la futaie se recrutant dans le sous-bois, on fait au moment de Texploitation la réserve suffisante ou la plantation qui doit en tenir lieu, ou seulement la compléter, le cas écbeant.
13. — Le régime forestier est l'ensemble des prescriptions relatives à Texploitation des forêts sur lesquelles TÉlat exerce un droit de propriété ou de tutelle. Il a été établi, dans Tintérêl général, sous l'empire de cette idée préconçue, vraie avec l'ancienne sylviculture et démontrée inexacte par la sylviculture nouvelle, que Téducalion des futaies est onéreuse. Elle est, au contraire, non seulement rémunératrice, mais encore la condition essentielle de toute culture forestière intensive. Les restrictions apportées à la jouissance des fo»êts sont donc inutiles et même excessives.
L'orientation est changée. Il ne s'agit plus de défendre à grands frais par le régime forestier une culture onéreuse, mais de dissiper des préventions entretenues par une erreur malheureusement- accréditée et de faire, des bois sur lesquels l'État exerce un droit de propriété ou de tutelle, des modèles d'une exploitation claire, lucrative et s'adaptant à toutes les forêts, sans distinction de propriétaires.
Tel est l'objectif de la sylviculture nouvelle fondée sur le contrôle du matériel principal d'exploitation. Nous allons en donner ci-après quelques exemples.
14. — ■ Comparaison des méthodes. — Cette comparaison est établie à Taide des résultats obtenus pendant vingt-deux ans, du !«' janvier 1863 au V^ janvier 1885, -dans deux sapinières situées sur le territoire de la commune de Syam (Jura).
Ces forêts, identiques quant aux conditions de sol, de déclivité, d'altitude et d'essences, sont:
Les Éperons, propriété particulière d'une contenance totale de 103 h.
74^ ef^h sapinière commuDale de Syam, de 97 h. 65, soumise aq régime forestier^
Mètres cubes.
Au le' janvier 1863, la forêt des Éperons contenait
12,919 mètres cubes, soit par hectare . 124 »
et. la sapinière communale de Syam contenait 25,619
mètres cubes, soit par hectare 262 »
La forêt des Éperons, traitée par la méthode du contrôle, contenait au 1*' janvier 1885 18,830 »y
et du 1er janvier 1863 au l«r janvier 1885, elle a fourni
une coupe de .... 13,317 »
Total . . . 32,147 »
Matériel initial : 1" janvier 1863 12,919 »
Accroissement total en vingt-deux ans 19,228 »
— par année moyenne 874 »
— par hectare et par an. 8 40
Taux de l'accroissement annuel moyen 6, 77 0/0
La forêt communale de Syam, soumise au régime forestier et traitée par la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies, contenait, au 1er janvier 1885. . . 25,058 »
Du l^r janvier 1863 au 1" janviier 1885, il a été coupé, d'après le relevé des procès-verbaux de délivrance de Tadministration forestière 8,002 »
Total. . . 33,060 »
Matériel initial : 1er janvier 1863 25,619 »
Accroissement en vingt-deux ans 7,441 »
— par année moyenne 338 22
— par hectare et par an 3 40
Taux de Taccroissement annuel moyen 1, 32 0/0
Il résulte de celte comparaison qu'en vingt-deux ans la forêt communale de Syam, avec un matériel double, a rendu par hectare et par an S^^ÂO el qu'elle s'est accrue au taux de 1,32 Vo» tandis que la forêt des Éperons, avec moitié de matériel, a rendu, par hectare et par an, S'^UO, et qu'elle s'est accrue au taux de 6,77 Vo-
Par la méthode du contrôle, avec .moitié de matériel, on a obtenu un accroissement double de celui qu'a donné la méthode dite naturelle. A matériel égal l'accroissement aurait quadruplé. .
15. -r- Domaine de Schirgoutte. — Ce domaine, actuellement en pays annexé, conlîenl 563 hectares, savoir: pâturage, 132 hectares; vides', 31 hectares ; forêt, 400 hectares."
En 1868, la forêt était épuisée par de trop fortes exploitations, et il était question de vendre le domaine pour le prix de 250,000 francs. Mais, avant de conclure, on le fit visiter. La forêt renfermait encore 49,400 mètres cubes en arbres de 40 centimètres et plus de circonférence mesurée à l'"33 de hauteur. L'avis fut que la forêt pouvait être reconstituée en vingt ans sans sacrifices, et elle fut soumise à la méthode du contrôle du 1®' janvier 1869 au 1" janvier 1884, soit pendant quinze ans.
Mètres cubes.
Elle contenait, au l«r janvier 1884 103,600 »
Coupe faite du le*- janvier 1869 au l*»- janvier 1884. . 22,700 »
Total . . . 126,300 »
Matériel initial : 1er janvier 1869 49,400 »
Accroissement en quinze ans 76,900 »
— par année moyenne ....... 5,127 )v
— par hectare et par an 12 80
Taux de Taccroissement 10, 30 0/0
L'exploitation prévue pour quinze ans était de . . . 46^500 » et le matériel final devait être de 70,000 »
Total. . . 116,500 »
La coupe n'a été que moitié de la prévision, et la capitalisation en forêt a dépassé de 10,000 mètres cubes le chiffre prévu.
La forêt a été vendue ensuite dans des conditions défavorables. Le propriétaire a reçu 550,000 francs. Le bois sur pied s'est trouvé payé au prix de 1869 et valait deux francs de plus par mètre cube. Il y a eu, cependant, profit à ne pas vendre en 1869, puisque la forêt a rendu son revenu 3 Vo et a triplé de valeur en quinze ans.
16. — Forêt de Stift et Meissenwald. — Cette forêt, en deux massifs séparés par une bande étroite de terres en culture, est en pays annexé. Elle contient 148 h. 50. Acquise en 1868, elle était alors en très mauvais état. Elle fut soumise à la méthode du contrôle du i**" janvier 1869 au 1®' janvier 1892, soit pendant vingt-trois ans.
Mètres cubei.
Au le' janvier 1892, elle contenait en matériel principal 10,817 »
,Goupe faite du i «r janvier 1869 au l«r janvier 1892 . . 2,083 »
Total. . . 12,900 »
Matériel initial : l«r janvier 1869 2,541 »
AccroissemenTen vingt-trois ans 10,359 »
— par année moyenne 450 »
— par hectare et par an ...... . 3 04
Taux de Taccroissement moyen 17, 70 0/0
L'accroissement de la dernière période, de 1886 à 1892, s'établit de la manière suivante :
Mètres cubes.
Matériel au l«r janvier 1892 10,817 »
Coupe de la période écoulée 801 »
Total. . . 11,618 »
Matériel initial : 1" janvier 1886 8,530 »
Accroissement en six ans 3,088 »
— par année moyenne . 515 »
— par hectare et par au ....... . 3 48
Taux de l'accroissement 5, 92 0/0
Le matériel principal à l'hectare, qui était de 17 mètres cubes en 1869, est de 73 mètres cubes en 1892. La futaie a donc été reconstituée en vingttrois ans.
17. — Les calculs d'ensemble par divisions s'établissent de la même façon que les calculs en bloc par forêts qui précèdenl. Quelques exemples achèveront de faire ressortir la manière de procéder de la sylviculture nouvelle, sa supériorité à tous égards sur Tancienne sylviculture et son universalité.
18. — Forêt des Éperons. — Division A: Contenance 13 h. 39(0. — Les coupes se renouvellent à la période de 6 ans, et les calculs sont établis pour la durée de quatre périodes, de 1863 à 1887 inclus.
(1) Le principe de la sylviculture nouvelle, fondé sur Taction de la lumière réflexe-dans la végétation des arbres de futaie, a été exposé sur cette division dans un Mémoire à l'Académie des sciences du 19 janvier 1880. (Voir appendice» page 25.)
Métras cubes.
lr« période. — Matériel au 1©' janvier 1869 1,701 »
Coupe faite du !•» janvier 1863 au l«r janvier 1869. . . 631 »
Total , . . 2,332 »
Matériel initial : l«r janvier 1863 1,424 »
Accroissement en six ans 908 »
— par année moyenne 151 »
— par hectare et par an 1136
Taux de Taccroissement moyen 10 60 0/0
2^ période. — Matériel au 1«' janvier 1875 1,107 »
Coupe faite du 1«' janvier 1869 au 1®' janvier 1875 . . 1,269 »
Total . . . 2,376 »
Matériel initial : 1»' janvier 1869 1,701 »
Accroissement en six ans 675 »
— par année moyenne 113 »
— par hectare et par an 8 45
Taux de Taccroissement moyen (6 60 0/0
3» période. — Matériel au l«r janvier 1881 i,640 »
Coupe faite du !«' janvier 1875 au l«r janvier 1881 . . 2 »
Total . . . 1,642 »
Matériel initial : 1»' janvier 1875 1,107 »
Accroissement en six ans 535 »
— par année moyenne 89 »
— par hectare et par an 6 82
Taux de Taccroissement moyen 8 04 0/0
4* période. — Matériel au l«r janvier 1887 2,219 »
Coupe faite du 1*' janvier 1881 au l«r janvier 1887. . . 454 »
Total . . . 2,673 »
Matériel initial : l«r janvier 1881 1,640 »
Accroissement en six ans 1,033 »
— par année moyenne 172 »
— par hectare et par an 12 91
Taux de Taccroissement moyen 10 49 0/0
19. — Par suite de traités passés en 1860, plusieurs forêts particulières situées dans les plaines, à différentes aUitudes et jusqu'aux points cul-
minants de la chaîne du Jura, onl été, depuis celte époque, soumises à des études d'accroissement, dans le but précis de recliercher une méthode ralionneUe de traitement et d'aménagement, sans pour cela interrompre le mode d'exploitation en usage, les coupes devant seulement être faites par divisions fixes, afin de rendre possibles les comparaisons d'inventaires.
La sapinière des Éperons était une de ces forêts et avait été préparée, dès 18G0; aux études d'accroissement par l'établissement de divisions fixes et par des coupes de régularisation.
Cinq ans après, le propriétaire, modifiant les dispositions prises au début, fit une coupe de réalisation très importante, qui fut répartie sur les dernières années de la première période et sur les premières années de la seconde. Les martelages, faits avec le plus grand soin, n'ont pu prévenir la dépréciation, constatée par le contrôle, et il a fallu trois périodes de six ans pour revenir au point de départ. Si Ton eût continué les exploitations comme elles avaient été commencées, le taux de Taccroissement, qui était de 10,6 ®/o, se serait probablement élevé à 157© et, au bout de trois périodes, le montant des coupes régulières aurait produit le double de la réalisation faite par la volonté du propriétaire, et le capital d'exploitation delà forêt aurait lui-même doublé. Au point de vue expérimental, cette décision a eu un résultat intéressant, en ce sens qu'Ole a montré l'inconvénient des coupes de réalisation tant pour le propriétaire, qui Y perd une partie considérable de son revenu, que dans l'intérêt de la consommation et de la main-d'œuvre locale, dont elle tarit les ressources.
20. — Forêt de TArgançon. — Division n** 14: Contenance 24 h. 11 a. — Au début des expériences, des évaluations approximatives montrèrent qu'on pouvait faire, dans les taillis composés, une réserve beaucoup plus considérable que par le passé, surtout en bois moyen et en petit bois, et multiplier les baliveaux de l'âge. Au bout d'une douzaine d'années, on reconnut que ces prévisions étaient de beaucoup dépassées et oii entreprit des évaluations approfondies sur la coupe n" 14, qui arrivait, à ce moment, en tour d'exploitation. Ces expériences sont résu- . mées et comparées au tableau suivant <0 :
. (i) Le contrôle dans l'aménagement. Besançon, 1896, imprimerie de P. Jacqtiin.