MANDEMENT A M. FALLIÈRES
unique, y donnant tout ce que la plupart disperse sur un parti et un pays.
J'orne le catholicisme, Monseigneur, d'une sorte courageuse et esthétique, y sacrifiant mon succès de lettres.
Je suis compétent en catholicisme, Monseigneur, écrivant le style périodique infiniment mieux qu'aucun des crossés, et prêt aies suivre et à leur tenir tête sur le terrain théologique.
Enthousiaste, ariste et clerc, puis-je supporter l'injure d'un évêqwe assermenté sans courage, sans science, sans style. Derrière moi se forme une cohorte redoutable d'intelligences très cultivées, que je mènerai, quand elle sera complète, au pourchas du clergé républicain.
Ma parole, je la familiarise pour vous toucher; vous êtes si peu de chose que, sans ma promesse de Tréguier, je n'eusse pas inauguré par vous l'irrespect envers les évêques qui trahissent.
L'irrespect, vous avez bien lu, Monseigneur. Qu'on choisisse entre le respect de vrais fidèles et le rôle de fonctionnaire français, incompatible avec la rigueur de la foi romaine.
Si le Saint-Siège apostolique vous élevait à une dignité nouvelle, ce serait une abomination. Je vous subis, Monseigneur Fallières, je ne vous accepte pas.
Un jour va venir où je ne subirai plus.
Alors nous verrons qui sera condamné par le pape, de vous l'assermenté ou de moi le justement indigné.
Je n'ai pas pris la peine de me procurer vos mandements, qui doivent s'inspirer de votre frère l'athée, de votre frère l'excommunié. Votre nom suffit à vous juger: Fallières jeune, évêque; Fallières aîné, ministre des cultes.
Maintenant, un conseil : votre dignité vous oblige, ce semble, à obtenir de la Curie romaine un blâme contre moi, si vous pouvez.
Je vous salue, Monseigneur, par devoir et avec le respect que je dois à votre dignité épiscopale, qui vaut toujours, malgré l'homme. — Malgré vous.
Joséphin Peladan.