ACTE I
Mais, en attendant, je veux te présenter mon futur époux. Approchez donc, Sylvio, qu’Henrieite me dise si j’ai bon goût. ( A Henriette.) Ah çà! mais qu’as-lu donc?
bernard, avec intention.
La joie de vous revoir... après être restée si longtemps éloignée de vous.
VARIE
Ah! c’est vrai que c’est bien mal !... ( Embrassant Henriette.) Ce qui n’empêche pas que chaque jour nous parlions de toi.
SYLVIO
C’est la vérité; il n’est pas d’heure où Marie ne vante votre beauté et votre esprit, mademoiselle Henriette.
HENRIETTE
Monsieur, Marie est trop bonne.
VARIE
Oh ! des façons... ma s puisque je te dis que dans un mois Sylvio sera mon mari.
MARTHE
Il se pourrait! je te fais mon compliment.
MARIE
N’est-ce pas?
Marthe.
Oh ! monsieur, rendez-la heureuse !... C’est moi qui l'ai nourrie, et je ne puis pas vous dire combien elle est bonne et douce. Toute petite, c’était la plus charmante enfant qu’on puisse voir; elle ne criait jamais, et elle m’aimait... ahl fallait voir comme elle m’aimait!
varie, l’embrassant.
Pas plus qu’aujourd’hui.
MARTHE
Chère petite ! [A Sylvio.) Vous l’aimerez bien aussi, n’est-ce pas, monsieur?
sylvio, souriant.
Je vous le promets, dame Marthe.
la duchesse, qui parlait bas à Bernard.*
Oui, mon bon Bernard, cet enfant dont j’ai été séparée depuis ■Vingt ans, il va venir... et le nom de son pe^e, ma fortune et ma tendresse lui donneront le bonhmr dont il a été si longiemps privé. [A Sylvio.) Je ne vous le cache pas, mon enfant, un mariage entre mon fils et Maiie avait été mon premier rêve; mais [souriant] mademoiselle Mario rêvait de son côié...
VARIE
Ma tante...
* Bernard, la Duchesse, Sylvio, Henriette, Marthe, Marie.
L’ANE MORT
SYLVIO
Madame la duchesse...
la. duchesse, qui a pris dans ses mains celles de Sylvio et de
Marie.
Sylvio, mes paroles ne doivent pas vous offenser; car elles vous font honneur. Et, en effet, il faut que l’estime que je vous porte soit bien grande, puisque le retour de mon ûls ne change rien à mes résolutions.
SYI.VIO.
Madame la duchesse, je saurai me montrer digne de vos bontés.
Bernard, s'avançant.
Madame la duchesse, si vous voulez être à Royan avant la nuit, il faut vous dépêcher.
LA DUCHESSE
C’est juste, partons I
MARIE
Oh I une bonne idée, ma tante. A votre place, j’engagerais Henriette à venir passer quelques jours avec nous ; elle resterait près de moi jusqu’à l’époque de mon mariage, et j'en ferais ma première demoiselle d’honneur.
SYLVIO
C’est une charmante idée.
LA DUCHESSE
Henriette n’ignore pas qu’elle est toujours la bienvenue au château de Royan.
HENRIETTE
Merci, madame.
MARIE
Allons, Sylvio, votre bras à ma tante, et partons.
SYLVIO
Me voici.
BERNARD
En prenant par le chemin de la fontaine, vous serez plu9 vite rendus. Tenez, je vais vous conduire.
LA DUCHESSE
Bien volontiers. Au revoir, mes amis.
MARIE
Adieu, Marthe; adieu, petite soeur... N’oublie pas mon invitation.
• silvio, à part en regardant Henriette.
Comme cette ûlle est jolie !
BERNARD
Par ici. ( Ils sortent à gauche.)