‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 25 sur 76 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Mais, en attendant, je veux te présenter mon futur époux. Approchez donc, Sylvio, qu’Henrieite me dise si j’ai bon goût. ( A Henriette.) Ah çà! mais qu’as-lu donc?

bernard, avec intention.

La joie de vous revoir... après être restée si longtemps éloignée de vous.

VARIE

Ah! c’est vrai que c’est bien mal !... ( Embrassant Henriette.) Ce qui n’empêche pas que chaque jour nous parlions de toi.

SYLVIO

C’est la vérité; il n’est pas d’heure où Marie ne vante votre beauté et votre esprit, mademoiselle Henriette.

HENRIETTE

Monsieur, Marie est trop bonne.

VARIE

Oh ! des façons... ma s puisque je te dis que dans un mois Sylvio sera mon mari.

MARTHE

Il se pourrait! je te fais mon compliment.

MARIE

N’est-ce pas?

Marthe.

Oh ! monsieur, rendez-la heureuse !... C’est moi qui l'ai nourrie, et je ne puis pas vous dire combien elle est bonne et douce. Toute petite, c’était la plus charmante enfant qu’on puisse voir; elle ne criait jamais, et elle m’aimait... ahl fallait voir comme elle m’aimait!

varie, l’embrassant.

Pas plus qu’aujourd’hui.

MARTHE

Chère petite ! [A Sylvio.) Vous l’aimerez bien aussi, n’est-ce pas, monsieur?

sylvio, souriant.

Je vous le promets, dame Marthe.

la duchesse, qui parlait bas à Bernard.*

Oui, mon bon Bernard, cet enfant dont j’ai été séparée depuis ■Vingt ans, il va venir... et le nom de son pe^e, ma fortune et ma tendresse lui donneront le bonhmr dont il a été si longiemps privé. [A Sylvio.) Je ne vous le cache pas, mon enfant, un mariage entre mon fils et Maiie avait été mon premier rêve; mais [souriant] mademoiselle Mario rêvait de son côié...

VARIE

Ma tante...

* Bernard, la Duchesse, Sylvio, Henriette, Marthe, Marie.

L’ANE MORT

SYLVIO

Madame la duchesse...

la. duchesse, qui a pris dans ses mains celles de Sylvio et de

Marie.

Sylvio, mes paroles ne doivent pas vous offenser; car elles vous font honneur. Et, en effet, il faut que l’estime que je vous porte soit bien grande, puisque le retour de mon ûls ne change rien à mes résolutions.

SYI.VIO.

Madame la duchesse, je saurai me montrer digne de vos bontés.

Bernard, s'avançant.

Madame la duchesse, si vous voulez être à Royan avant la nuit, il faut vous dépêcher.

LA DUCHESSE

C’est juste, partons I

MARIE

Oh I une bonne idée, ma tante. A votre place, j’engagerais Henriette à venir passer quelques jours avec nous ; elle resterait près de moi jusqu’à l’époque de mon mariage, et j'en ferais ma première demoiselle d’honneur.

SYLVIO

C’est une charmante idée.

LA DUCHESSE

Henriette n’ignore pas qu’elle est toujours la bienvenue au château de Royan.

HENRIETTE

Merci, madame.

MARIE

Allons, Sylvio, votre bras à ma tante, et partons.

SYLVIO

Me voici.

BERNARD

En prenant par le chemin de la fontaine, vous serez plu9 vite rendus. Tenez, je vais vous conduire.

LA DUCHESSE

Bien volontiers. Au revoir, mes amis.

MARIE

Adieu, Marthe; adieu, petite soeur... N’oublie pas mon invitation.

• silvio, à part en regardant Henriette.

Comme cette ûlle est jolie !

BERNARD

Par ici. ( Ils sortent à gauche.)

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