MARTHE, BERNARD, HENRIETTE
[Marthe fait un mouvement ; Bernard lui impose silence et se dirige doucement vers sa fille.)
Henriette, terminant sa lettre.
O ma mère! plaignez voire enfant et pardonnez-lui.
Bernard, qui s'est penché sur son épaule, lui enlevant la lettre . Vous pardonner? quoi donc?
nENRiETTB, se levant, avec un cri.
Ah! mon père!... Je suis perdue!.., ( Elle se jette dans les bras de sa mère.)
Que dis-tu?
BERNARD, qui O lu.
Déshonorée!... Misérable!... [Il saisit son fusil. Marthe s' élance sur lui; Henriette est tombée à genoux.) Laisse-moi, Marthe, laisse-moi !
marthb, folle d'épouvante.
Va-t’en, Henriette !... je le veux ! je le l’ordonne!
hbkriette, se relevant.
Ma mère !
Marthe.
Mais va-t’en donctje te chasse!...
Henriette, avec un cri de douleur,
Ah ! (Elle s'enfuit par le fond.)
Marthe, chancelant.
Mon Dieu ! il l'aurait tuée !...
Bernard, lâchant son fusil pour soutenir sa femme. Marthe!... Marthe !... ( Jl lo dépose sur un banc.)
HENRIETTE, du fond.
Ma mère!
bernard, sans quitter Marthe.
Fille indigne ! je te...
Marthe, lui mettant la main sur la bouche.
Oh! tais-toi ! tais-loi!... (Elle s'évanouit ; Henriette s'éloigne par le fond ; le chant des conscrits, qui avait cessé, reprend tout au loin.)