SCENE I
DE BLANGY, CHA VIGNY, quelques Invités, au fond, des Joueurs, LE BARON, quelques Dambs.
chavigny, jouant à gauche.
Allons, j’ai encore perdu! j’attendrai que nous soyons au complet pour me refaire au pharaon. (Il quitte la table.) Je ne vois pas notre amphitryon.
le baron.
Un instant, morbleu... un instant... et puis vous qui ne le
K) L'ANE MORT-
connaissez pas encore, Cha vigny, vous ne serez pas si enthousiasmé que ça... car Raymond est triste.
chayigny.
Aht
LE BARON
Oui, c’est un esprit impressionnable, de ces fous qui souffrent de la douleur d’autrui... capable de dévouement et d’amitiés chevalcresques.Tenez, un exemple... Ce pauvre Raymond, à peine arrivé à Paris, a été, vous le savez, victime d’un affreux guet-apens; sauvé par une femme qui est tombée tout à coup de la lune entre ses assassins et lui, notre cher Raymond en a été quitte pour un ou deux coups d’épée... Eb bien I l’exalté qu'il est, ne s’est-il pas imaginé que cette jeune fille devait être son bon génie, son ange gardien; ne la traiie-i! pas avec tous les honneurs dus h son rang, qu’on ignore., . Je crois, le diable m’emporte, qu'il en a fait son héritière.
BLAVGY.
N’est-ce pas sur la route de Royan que Raymond a été attaqué ?
LE BARON
Oui, il venait acheter un régiment.
BLANGY
Qu’il n’obtiendra pas, car il n’a pas de nom.
LE BARON
Bah! il a mieux que ça... il est intéressant... et je n’en veux pour preuve que la foule qui remplit déjà ses salons... Pour en revenir à la belle inconnue...
OIAVI3WY.
Silence... le voici... et avec sa bonne fée, sans doute.