‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 44 sur 76 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

«st fermée.., (Il touche sa poitrine.) Ce qui me fait encore un peu souffrir... c’est cette maudite main. ( Jl montre sa main.) Cependant, je puis encore serrer celle d’un ami. (Il serre la main à Chavigvy.) Diable! j’étais un fat!... ( A Blangy.) Merci, d’avoir prié vos amis de devenir les miens... car c'est à voua, n’est-ce pas, que je dois une aussi charmante société?

CIIAVIGNY.

Non pas... mais bien h votre réputation, mon cher.

RAYMOND

Ma réputation... j'arrive à peine.

CIIAVIGNY.

Oui, mais vous êtes bien arrivé.

RAYMOND

Je n’ai encore quitté ma solitude que pour recevoir ce maudit cpup d’épée.

CIIAVIGNY,

Vive Dieu 1 ne l’injuriez pas... sans lui, mon cher, il vous aurait fallu deux ans de patience... de courbettes dans les antichambres pour vous faire connaître, et voilà que, grAce au dar.gcr que vous avez couru, on ne parle que de vous et de votre ange sauveur.

* blangy, à demi-voix.

Mes compliments, mon cher!... la reconnaissance doit vous être facile.

RAYMOND

Plaît-il?

blangy.

Je recevrais bien des coups d’épée au prix de ces beaux yeux-là?

RAYMOND

Monsieur de Blangy... ( Henriette va remonter , Raymond la relient.)

RAYMOND

Restez, mademoiselle, j’ai un devoir à accomplir. Messieurs, perraettez-raoi de vous présenter celle à qui je dois la vie, celle qui... lorsque j’étais hors d’état de me défendre, s’est élancée outre moi et mes assassins... La présence d’une femme ne devait pas les effiayer... Mais Dieu a permis un mirarle sans doute... car à la vue de cette jeune tille, mes deux malandrins ont pris la fuite.

henriettk, à part.

Oui, et il m'a semblé reconnaître l’un de ces deux hommes*

RAYMOND

Voilà ce que tout le monde sait, messieurs } mais ce que vous

L’ANE MORT

ignorez, c’est la tendre sollicitude que cette enfant m’a montrée pendant tout le temps qu’a duré ma (lèvre... moi qui suis sans famille, j’avais trouvé en elle Es soins, la tendiesse d’une sœur... elle était restée là, veillant et priant, et lorsque je fus hors de danger. . elle allait s’éloigner sans même emporter mes remei ciments, lorsque, cédant à mes prier' s, elle m’apprit qu’elle était sans parents, sans asile, que, comme moi enfin, elle était orpheline .. alors, j’ai fait, ce que vous ens-iez fait à ma place, messieurs, je lui ai ten lu la main en lui disant: voulez-vous être ma sœur... et je lui ai juré que tout le monde l’aimerait et la respecterait, comme je l'aime et comme je la respecte moi-môme. N’est-ce pas, messieurs, que j'ai bien fait?

TOUS

Sans doute... sans doute! {Le Baron éclate de rire.)

CUAVIGNT.

Baron... d’où diable vous vient donc cet accès subit de gaieté?

Page 1