‹ L'Ane mort, drame en 5 actes, avec un prologue et un épilogueChapitre 57 sur 76 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LE BARON, CHAVIGNY, puis HENRIETTE.

LE BARON

Qu’y a-t-il?

Raymond, se remettant.

Rien, monsieur, rien. (Avec un sourire .) Une partie de cartes que je proposais à monsieur. ( Raymond s'assied sur le canapé de gauche, on apporte la table de jeu près de lui.)

ROBERT

Comment?

picheric, bas, entre Robert et Raymond.

Ah ! c’est-à-dire que le perdant se brûlera la cervelle, n’estce pas? (A part.) C’est charmant.

Raymond, à Robert.

Refusez-vous encore, monsieur?

picheric, frappé d'une idée.

Ah \ (Bas à Robert ) Accepte! accepte! (Fouillant dans ses poches.) Fatalité! j'ai oublié mes caries! Ah! dans mon manteau, peut-être... (Il sort en saluant tout le monde. Le jeu commence, un instant de silence, Robert et Raymond sont calmes et graves.)

le baron, riant.

Tudieu!... ces messieurs joueraient leur part de paradis, qu'ils ne seraient pas plus sétieux.

BLANGY

Au fait... et les enjeux?

RAYMOND

Nous jouons sur parole !

L’ANE MORT

CHAV1GNY.

Ah! alors 1... c’est encore plus serieux! (Henriette s'est levée et est venue se placée derrière la table de jeu et les examine.)

RAYMOND

Oui, n’est-ce pas?

CUAV1GNY.

Vous aller perdre, monsieur le duc. Ah ! la chance est pour monsieur Raymond.

robert, très-pâle.

Oui. ( Picheric a l’air joyeux, il s’approche vivement de la table.)

PICHERIC.

Oh ! la chance est souvent inconstante; il ne faut pas vous décourager, monsieur de Royan. (Il lui glisse le jeu de caries.)

robert, à part.

Ah ! ( Moment de silence, Robert et Raymond jouent toujours, les invités parlent entre eux.)

PICnERIC.

Le roi et la volte I oh ! c’est un coup merveilleux.

LE BARON

Raymond a perdu!

RAYMOND

Oui, j’ai pprdu, j’ai perdu. ( Tout à coup , Raymond se leve, droit, immobile, quitte la table, jette un regard à Henriette qui s’est approchée de la table de jeu, il rentre dans la chambre à gauche. )

BLANGY

Que diable a-t-il donc?

TOUS

C’est bizarre !

robert, à Picheric.

Picheric! laisserons-nous donc mourir cet homme?

picheric.

Tais-toi !

ROBERT

Non, non, c’est impossible !... courons!... ( Coup de feu.)

TOUS

Ah!... (Mouvement général.) Qu’y a-t-il?

HENRIETTE

Ah! (Elle court dans la chambre.)

picheric, s’avançant.

Messieurs, voici ce que c’est : le duc de Royan a été gravement

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